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vendredi, 01 janvier 2010

Tuer du sdf, en solde chez Carrefour

Ce qui est marquant dans ce fait divers n'est pas tant le fait de tabasser pour une bière mais d’être maltraité pour sa différence, parce que ce jeune homme était sdf. Il faut croire que si l'acharnement a été tel c'est parce que l'individu était un être "hors statut" social, si je puis dire. Et qu'un homme qui ne représente rien pour l'imaginaire des blaireaux n'est pas pris en compte par le système de la justice et la République. Hors, les sdf restent des citoyens, ont toujours une existence identitaire, et sont toujours français quand ils l'étaient, ou d'une autre nation quand ils l'étaient. 
Certes, l'image que les élites et le contexte de la mondialisation entretiennent des exclus est pitoyable, elle fait se monter les uns contre les autres, pour une miche de pain.

Car les exclus sont la part maudite de notre société de consommation qui, quoiqu'en dise Y.A. Bertrand, n'est pas un recyclage parfait. Sa vision du monde consiste à faire culpabiliser les ménages en exemptant le monde entrepreunarial. Les sdf sont ce déchet détestable sur lequel la lâcheté des blaireaux s'exprime. Il reste que dès qu'on refile à des connards un peu de pouvoir, ils l’utilisent comme lors d’une fête dès qu’ils tombent sur un sdf, le dernier homme infâme. Et le motif est insignifiant par rapport à la riposte qui a été choisie.

Ce fait divers est important symboliquement, il montre que l'idéologie dominante a toujours méprisé les faibles, et que les gros cons se croient protégés par leur hiérarchie. Seulement nous sommes encore en République, avec une justice, digne d'elle-même? Il faut que le procès soit exemplaire.

 

jeudi, 31 décembre 2009

"Home", déodorant pour classe très moyenne

A réécouter :

Daniel Mermet, Là-bas si j'y suis : "Home" de Y.A.Bertrand...

http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=1823#forum12873

Y.A Bertrand apporte lui-même la contradiction au film, par un tour de passe-passe trop facile à déceler : il nie la pollution produite par la société de consommation en affirmant sans blaguer que "la société de consommation a la capacité de se recycler en nature".


Si le recyclage était parfait, il n'y aurait plus de pollution provenant des entreprises, car elles "produiraient" totalement cette société de consommation, sans déchet. Par conséquent, suivre ce point de vue propagandiste c'est en déduire que seuls les ménages polluent. 

Cette démonstration était parfaitement cohérente avec la Taxe Carbone, qui faisait passer la faute aux ménages et exonérait les entreprises à 95% de cette taxe fiscale. Cette taxe qui vient d'être retoquée par le Conseil Constitutionnel l'a été parce qu'elle était a forciori injuste. Il ne reste plus qu'à passer le film au pilon pour protéger la planète de son principal instrument idéologique incitant les entreprises à polluer. 

Il deviendra peut-être un déodorant pour classe très moyenne.

samedi, 26 décembre 2009

Le périmètre de la Place Beauvau

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Bon vœux de Nicolas Sarkozy : "poste actuel : Palais de l'Elysée"

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Les hommes politiques de premier plan sont capables d'annoncer n'importe quoi pour faire illusion sur les "classes laborieuses". Ce mot d'ailleurs de « laborieuse » n'est plus du tout employé, alors que la précarité passe fondamentalement par le travail, et touche même une partie de la classe moyenne dans notre société. D’une société qui se fait déposséder de ses valeurs républicaines par le monde idéologique appauvri de Sarkozy et de ses petits copains entrepreneurs. Il pourrait même annoncer pour bientôt, pourquoi pas, qu'il s'attelera à lutter contre la précarité, alors même que sa politique aura installée beaucoup de personnes dans cette situation, à l’instar de Margarette Tatcher il y aura bientôt trois décennies. A la différence des autre promesses, on peut parier que celle-ci, doublement cynique et ironique, sera faite sur du passé, sur du fait, et non pas sur un futur. Et personne ne trouvera cela scandaleux! Toute l'UMP et une partie du centre y verront leur lueur d'espoir, et même une partie de la gauche crétine. Sarko est capable de ce tour de passe-passe, il s'engagera à fond contre la précarité qu'a faite la crise américaine des surprimes. Les blog et réseaux sociaux ne font pas l'impasse de cette coupure entre le peuple et ses élites...

Image 26.png(en référence à un papier sur le blog de

Marie-Anne Kraft Blog politique)

Comme vous le dite, j’ai été vérifier hier sur le facebook de Sarkozy les réponses aux « vœux », et aucune critique n’y figurait. Par contre, aujourd'hui, l'erreur est rectifiée, les modérateurs, interpellés par cette contradiction, ont laissé s'exprimer les "râleurs". Même l’insulte qui, par tradition, est de rigueur pour ce type d’information, était hier, absente. Aussi absent que la fonction indiquée par les profils sous le nom du non-dit Président sur Facebook. C'est assez choquant sur le moment de constater un tel phénomène, et même inquiétant. Ca rappelle les immenses décors construits en URSS pour "faire taire" le paysage non loin des voies de chemins de fer. Certes, chez nous, nous avons eu droit à la visite à Disneyland. Si la plupart des réponses des « fans » étaient positives, de bon aloi, aucune n’etait, je le répète, hier, négative. On peut interpréter cette anomalie en se demandant à quel type de censure nous avons affaire ? Est-ce une censure interne au site, celle du modérateur, dont le rôle n’est pas que de bloquer les « 7% de messages racistes et d’appel à la haine », comme l’affirme Besson, mais consiste à bloquer les critiques de type idéologique ou insultes, ou bien une auto-censure : la honte à laquelle renvoie la nécessité pour chacun de s’inscrire en tant que « fan » si on veut avoir accès au forum. Dois-je me tromper en découvrant ce matin la critique distribuée on s'en doute, sporadiquement au fil du forum? Cela aurait signifié, comme vous le confirmez, que la simple idée de devenir « fan », même anonymement, ferait honte, ou serait prise comme une trahison. La Bessonite est un terrain dangereux et contaminant. Sarkozy doit intégrer le fait qu'il est arrivé à un niveau élevé de détestation.


Petite anecdote

Quand Sarkozy était Ministre de l'Intérieur place Beauvau, j'avais demandé aux gérants du café, situé juste en face de l'entrée du ministère, si son ministre allait parfois boire un café. La réponse était bien entendu négative, ils ne l’avaient pas-même entre aperçu dans leur établissement. Cet fait infime mais très significatif à mon sens, montre que Sarkozy est manifestement, et ce depuis des années, complètement coupé du monde qu'il dirige. C'est la principale contradiction de sa politique de communication et de Sarkozy aussi, qui n'est que cela, une mise au banc du monde réel. Chirac avait par contre le contact facile avec le pays. Celui de Sarkozy n’est même pas faux, mais absent, absolument mis en scène, sans que rien n’échappe à l’image dont il veut s’assurer le contrôle total.

Il est par conséquent cohérent de retrouver cette absence de contact sur son facebook, car le système qui a été mis en place est fondamentalement mural. A l’instar des suncities américaines où, en-deça d’un certain âge, le quartier d’une « suncity » est interdite aux jeunes, le personnel politique, assisté de sa clique comminicationnelle, ont su établir un mur de séparation symbolique et réel, comme ce périmètre impossible de la Place Beauvau.

Je saute du coq à l'âne, mais en matière de protection patrimoniale, si sa politique issue du grand emprunt national, prévoit 750 millions d'euro pour accompagner le projet de numérisation "Européan", l'Allemagne a engagée pour ce « chantier » 5 millions d'euros. Cette disproportion dans les chiffres montre aussi que la folie des grandeurs dont il fait preuve implique que ses annonces ne sont en défintive et pour changer que des effets, des mots. Alors que penser des boons sentiments de fins d’années ? Ne l’oublions pas, l’UMP s’intitule le partie populaire.

vendredi, 04 décembre 2009

Le comique et en même temps la haine

Le mélange des genres en matière politique souffre de plus en plus de sa confusion. Que signifie, en terme anthropologique, la remise d'une décoration symbolique par chef suprême à des comiques du music hall, supprimer l'histoire-géographie en terminale S, et dans un même temps, interroger les français sur  un contenu à donner de "l'identité nationale"? Dominique Farrugia, Dany Boom, Bigard sont aujourd'hui les dépositaires de la culture française, et notre chef d'Etat provient du milieu des finances et de l'entreprise. Si l'esprit médiatique et la culture pop' prennent le pas  au sein de l'espace public sur la haute culture, n'est-ce pas parce que nous sommes criblés, à tous les niveaux décisionnels, de drh et de politiques des relations publiques.

Mais le mélange des genres n'est pas nouveau en art. Il est même le moteur de son dynamisme. Sade alternait philisophie et pornographie, les surréalistes les incongruités mentales à leurs peintures et textes automatiques. Pourquoi l'art politique produit-il, en mélageant à tout bout de champ les valeurs de la médiocrité à son dessein, un mélange des signes qui font perdre le sens de ce qui doit rester à sa place pour maintenir un minimum de cohérence?

Si le quinquennat de l'incohérence commence avec la photo people du chef suprême prise par un célèbre paparrazzi en vogue, c'est parce que ce chef d'Etat est un people, et qu'il ne pouvait pas se présenter autrement. Cette image incongrue donne le la d'une incohérence cousue de fil blanc. Les comiques, la visite du pape du complotiste Bigard, la comédia dell' arte, les folies bergères ne divertissent que le personnel d'étage et les GO.

Mais le comique s'associe à la haine de l'autre pour contrebalancer les humeurs infantiles. For-da... Car ce binôme est au centre de la vie politique et intellectuelle française. Louis de Funès, tout comme les relations pubiques ont dû nous apprendre qu'on communique mieux un contenu par le rire, la forme la plus débraillée de l’être. Car comme chacun sait, l'art de la mémoire doit chercher à associer à un lieu imaginaire un scène signigficative, la plus grotesque possible. L'oubli est l'ami de l'ordinaire et du  commun. Le contenu du fou rire ou du rire devient ainsi un impératif mémoriel, là est l’ironie franche de notre postmodernité : le citoyen ne se rappelle que de ce dont il a franchement ri. Mais au fond, et Martine Aubry l’admet, c'est bien parce que ce gouvernement a monté les français les uns contre les autres à partir d'un discours de division que les problèmes actuels resurgissent de plus belle ! hah !!!…*

 

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* Le comique et la haine trouvent leur résolution dans un très beau texte de Baudrillard (Carnaval et cannibale, 2008). Rafraîchissant ! Baudrillard a une vision très politique des choses, ce qui fait du bien dans notre névralgie théorique. Il prend toujours le temps de développer une théorie générale critiquable certes, mais donnée, ce qui est la moindre des choses lorsqu'on cherche à divulger sa part au débat critique... Ce n'est pas si évident, mais Jean Baudrillard fait partir un système hégémonique qui se présente, depuis les Etats-Unis, comme La grande parodie de l'occident et de ses valeurs (parodiées). Le carnaval de l'Occident se fait sur un mode parodique de l'Histoire, mais surtout se produit à partir des USA,  presque littéralement de Disneyland. Les figures politique qui en découlent déterminent les notres, l'Etat bling-bling, le voyage de Sarkozy chez Mickey est fondamental pour comprendre le sarkozysme, etc...
Assez étonné de redécouvrir chez Baudrillard ce ton très vindicatif à l'égard de ce pays pour lequel il affectionnait son primitivisme. La fascination part de cette contradiction du ludique et du tragique (à lire aussi : Le ludique et le policier, du même auteur, écrit dès les années soixante-dix). Les USA contiennent un même mouvement contradictoire : une violence insupportable et un sens ludique de l'existence. Ce que notre pensée européenne n'a pas trop conservée, les Lumières nous ont beaucoup habitués à nous considérer sérieusement, à prendre au sérieux nos valeurs. Les valeurs américaines sont des valeurs ludiques. L'Hégémonie se présente à nous sous cette forme, par le biais du gadget et de la technologie, de l'informatique, etc...
Découverts et et lus consciemment que tout le Système qui nous plombe part de là, et dont la France n'est qu'une reproduction du modèle, une duplication presque, nourrie au biberon des valeurs outre-Atlantique (Corporate Administration Publique : Wendy Brown et ses "Habits neufs du capitalisme", etc), à partir de modèles qui sont affectionnés par la technologie informatique, comme il dit, Swarsy=Bush=Sarko même source, même nature (il ne le savait pas encore pour Sarko, car il s'est éteint en 2007). Seulement, ce qu'il ne dit pas est (hypothèse): que nous aurions passé chez nous le cap de l'influenceur à l'influencé (pas clair mais bon). Il ne pouvait pas le voir mais le mode a changé depuis 2007 : nous serions actuellement en train de changer de rôle, de pôle et de nature, en France. Nous serions passés de colonisateur à province colonisée par un "autre occident" (us),  pour ne pas dire que serions devenu ce continent noir,  l'Afrique, celui des colonisés, des cannibales "sous développés", qui aurions cannibalisé notre influence en la dévorant, en mangeant littéralement nos propres amis : communisme, adandon des notions tradi du combat politique pour un choix politique désabusé (faut-il d'ailleurs lire les suicidés d'Orange dans cette perspective de cannibalisation retournée contre soi?). Il faudrait aborder ce qu'il entend par "cannibaliser" sa domination : on mange littéralement ce qui nous influence, comme retour impossible, comme résolution impossible. Baudrillard donne l'exemple d'indiens qui auraient dévorés leur pères spirituels occidentaux par amour littéral... si Baudrillard réduit le cannibalisme politique aux colonisés, il ne nous a pas complétement enfermés dans ce rôle : aujourd'hui, nous y serions complètement entrés. Et le débat sur l'identité nationale cherche à nous détourner de cette idée fondamentale, ce en quoi nous aurions, en Europe, changés en quelques années de nature géopolitique...mais c'est une lecture qui vaut ce qu'elle vaut, comme dirait Loréal.... Petit texte à lire en tout cas...

vendredi, 27 novembre 2009

Bling-bling art : " A Noël, offrez..."

Les Nains de jardins, les cartes de vœux ou les anniversaires ont toujours conservé un "kitsh" populaire que ne démentirait pas Théodor Adorno  dans sa critique sur la camelote culturelle. Si le kitsh s'est toujours distingué du mauvais goût, c'est bien parce qu'il était partagé par tous, c'est-à-dire par tous les agents des catégories sociales.
Aujourd'hui, certains blogs, dont Délire de l'art, contribuent à alimenter ce "kitsh contemporain" sous le prétexte des fêtes de Noël pour relayer du côté de la finance et du consumériste global la progressive dépravation de l'art par le marché de l'art et des marchés financiers,  via une consommation artistique publique des musées et une ostentation "bling -bling".

Ce que Marcel Duchamp constatait déjà du reste en son temps, pour qui une  part de l'art constituait, en plus d'une addiction des peintres à la térébenthine, une forme de "prostitution" bien partagée...

Certes, Jean Baudrillard alimentera à son tour le débat en 1996 avec un bref texte, Le complot de l'art qui, au-delà de la nullité présumée, pas vraiment exemplifiée par son auteur, ce n'était pas le propos, visait surtout la duplicité dans le système des agents de l'art, de la politique et des effets d'une forme d'obscénité non dissimulée de tous sauf du grand public. C'était une façon ironico-humaniste de rendre hommage au soupçon que les masses adoptent en général vis-à-vis de l'art. Baudrillard aimait se faire le paysan du Danuble pour "purifier" à son endroit des mauvaises habitudes culturelles, qu'il aurait pu à son tour intégrer comme il se doit.

Paradoxalement, le kitsh "bling-bling" de l'art aujourd'hui, véhiculé par la politique de la quantité et des normes (renvoyant peut-être aux "canons" des Académies historiques), n'est pas seulement une attitude de consommation populaire élargie à la consommation ordinaire, car elle puise ses thématiques depuis les hautes sphères de la richesse, de la finance et de l'exotisme. Le récent travail de Martin Parr, au-delà encore de son ironie de classe qu'on lui reproche souvent à tort, à mon avis, puise aussi vers ces "extractions hautes" de la société, ce qui ouvre une brêche dans la production par trop misérabiliste d'un certain héroïsme de la misère trop en vogue et plutôt convenu.

Au moins, la séduction de la diversité offre au tout un chacun un cocktail puissant qui permet de vivre en mode "simulation" dans l'ambiance du sérail et de la préciosité souriante. Et Délire de l'art alimente ascidument cette ambiance.


Bling-bing art!


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Incitation à la débauche artistique, Délire de l'art, 22/11/2009


Je profite de la campagne d'action pour la santé publique et artistique pour renvoyer nos amis à cet article d'André Rouillé, écrit à propos des nouvelles règles pour la commande publique adoptées pour le marché de l'art global et national : soit la «Loi organique relative aux lois de finances» (LOLF) ...sur son site Paris-art. Modeste contribution pour alerter gogos parisiens ou futurs étudiants en Master finance islamique (nouveaux "adeptes" d'un marché de l'art global !) que Délire de l'art alimente notamment cette logique de normalisation quantitative de l'art...

André Rouillé, L'art d'évaluer l'art20 nov. 2009Numéro 293

 
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