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jeudi, 01 avril 2010

Carla One à 400 exemplaires 160 commandes

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mardi, 23 mars 2010

Surfaces

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vendredi, 19 mars 2010

Voltaire, Paris

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lundi, 15 février 2010

Interlude Siu Lan Ko

Je ne vois pas en quoi ce travail de Siu Lan Ko produit un outrage pour "justifier" cette censure. Quel est l'outrage aux bonnes mœurs, et même quel est l'outrage politique? C'est un travail sociologique qui énonce juste une vérité cachée, assez convenue dans le milieu de l'art et des institutions artistiques : celle de la soumission des agents de l'art à la pensée dominante. Cette installation révèle juste la peur des petits fonctionnaires qui s'aplatissent devant leur autorité, parce qu'ils craignent de perdre leur place. "Gagner Plus Travailler Moins" est devenu un tabou dans notre espace social, et ce travail censuré prend le statut d'objet infamant. Il devient, à partir de ce jour, la part maudite du sarkozysme, cette part honteuse qui reviendra toujours sur le devant de la scène, quoiqu'on fasse pour la retenir. On ne pourra plus l'expurger d'ici 2012.

De ces quatre mots, du reste, trois étaient au programme énoncé par l'UMP pendant la campagne présidentielle de 2007 ("Travailler plus pour gagner plus" = travailler plus gagner, travailler gagner plus, gagner plus travailler, gagner travailler plus, plus gagner travailler, plus travailler gagner...), et l'artiste a fait courant alternatif en faisant jouer le "moins" au "plus". D'ailleurs, presque tout le monde a trouvé normal d'adopter cette tautologie comme programme politique (surtout les classes laborieuses des employés et des ouvriers). Maintenant que la formule à trois mots ne marche pas, il est bon d'en essayer les diverses combinaisons avec quatre. L'artiste nous annonce un vrai message d'espérance, elle démultiplie à quatre mots les combinaisons.

"Travailler plus pour gagner plus" ou "travailler plus pour travailler plus" peut s'inspirer des stratégies artistiques, notamment du programme minimaliste où aboutit la peinture/scultpure moderne (l'objet spécifique de Donald Judd) : "La peinture n'est rien que de la peinture", "l'art c'est l'art" ou de l'usage par l'art conceptuel de la tautologie avec l'objet, le référent et son nom, sa photographie. Cet usage s'est fait relation publique par les publicitaires qui, inspirés de psychanalyse et de slogan tapageur, ont offert cette autonomie de l'art au monde politique ("Travailler plus pour travailler plus"), ont su mettre en place un système de lecture simplifié de la vie sociale, comme véhicule de jouissance par le travail et d'émancipation par la droite. L'UMP s'énonce dans ses initiales comme un parti "populaire", qui a repris à son compte les signes et les formes inspirés par la gauche historique. La tautologie "La droite c'est la droite" ne pouvait plus marcher, mais personne n'a trouvé à redire lorsqu'elle s'est transmutée et qu'elle a annoncé que "La droite c'est la gauche". Cette artiste ne fait rien moins que changer l'ordre des mots, à l'heure où la précarité dans le monde du travail s'accroît, comme l'a fait avant elle l'UMP : "Travailler moins pour gagner plus". C'est cette vérité qui dérange, car elle dévoile la logique politique à l'œuvre, au-delà de l'art et de ses enjeux formels.

Dans le domaine de l'art, c'est la cause qui prime plus que tout, sinon, c'est du saupoudrage. Depuis l'émergence de l'Esthétique relationnelle pendant les années quatre vingt dix, reprenant à son compte l'influence des néo-avant-gardes des années soixante dix, les commissaires d'expositions interviennent en tant qu'artistes. Il revient moins qu'à "l'artiste commissaire" de revendiquer en tant qu'artiste cet évènement en allant fissa ! raccrocher les deux bâches.

mercredi, 10 février 2010

"Devenez vous-même"

armee_recrutement.jpgPour recruter, la "stratégie 360°" mise en place par des services de l'armée ne s'est pas cantonnée de plastronner aux sorties des centres commerciaux, à l'assaut d'une jeunesse désœuvrée et pauvre, mais s'est autorisée à entrer dans la vie ludique de la jeunesse pour la séduire : le jeu vidéo. Et l'enjeu n'est pas tant celui de définir ce qu'est par nature une image subliminale mais comment elle est mise en place, comment elle vient à nous par ce message ordinaire placé au bord des terrains de foot, des routes, alors que nous jouons virtuellement au ballon, que nous conduisons le bolide que nous avons préférencé nous-mêmes...

Mais, encore plus inquiétant, l'image s'est autorisée de pénétrer jusqu'au point de l'acte pulsionnel qui consiste non pas à tuer un individu (ce serait tellement grossier), mais au point d'action du joueur. Cette action, et c'est tout le problème, est le moment d'un acte lié à une intensité réflexe, où la réflexion n'a plus (trop) lieu d'être. L'image de ce point de vue est donc une image de propagande car elle apparaît à ce moment là de la vie pulsionnelle du joueur, et elle touche son inconscient, quoiqu'on en dise...

D'autre part, l'insertion d'un "message civique" dans l'intime même de l'individu, dans son être ludique ou pulsionnel, annule la distinction fictive ou réelle du fait de "tuer" quelqu'un, puisqu'il n'y a ni raison ni conscience sur le moment, seulement le potentiel chaotique de la personne. "Devenez-vous même" est un contre-message qui pourrait signifier en substance la voix d'une sirène (l'affiche est d'ailleurs déclinée en une version "femme") qui lui dirait : de toute façon, cette société va te réduire, va te précariser, et l'amour plus personne n'y croit, ton amour, véritable, n'est pas le jeu ou la société de consommation, mais le courage que tu mets à jouer, comme tu joueras en vrai pour défendre ta patrie, viens me rejoindre...." On imagine la voix chaude des sites demi-pornographiques, qui sonnent aujourd'hui d'un autre âge, dans notre environnement puritain, policé à grand renfort d'images, de caméra, de regards, de gardes à vue... "Devenez personne" est en définitif le programme général qui est sous tendu : "alors qu'il n'y a plus rien à faire (la fatalité), venez accepter votre véritable identité, soumise à l'ordre militiaire, le sans-identité" : devenez rien! comme utopie réalisée. Les mercenaires, certaines légions enlèvent l'identité, le nom, la personne civile. La traçabilité est le tabou social fondamental : d'où viens-tu? n'a plus lieu d'être, l'armée mobilise non pas les hommes mais les corps.
On n'entre pas dans l'armée seulement pour faire la paix, il faut à un moment s'y coller, et tuer est un acte qui justement déconstruit l'identité (combien d'anciens combattants doivent cohabiter avec cette réalité?). A l'instar du débat sur une supposée "identité nationale", qui a déconstruit en la posant, la possibilité même d'une expression libre de cette singularité de la question (au vu des nombreuses censures sur le site officiel qui n'étaient pas que "racistes"), le message de l'affiche "Devenez vous-même" ne peut être qu'un contre-sens qui de toute façon annulera toute expression singulière sur le terrain. Un homme sur un théâtre d'opération est un outil, il sera bientôt, comme c'est formidable, remplacé par des robots. Une question identitaire qui disparaît dès lors qu'elle est posée. La reprise idéologique du "débat identitaire" dans le "moi identitaire" du message du jeux vidéo relayé par affiche dans le métro rencontre ironiquement le fiasco du débat sur l'identité nationale qui vient juste de se ramasser.
Séduction qui semble davantage être celle d'une amoralité des services marketing que celle des services des armées. Celle d'une "stratégie 360° qui porte bien son nom et qui confirme encore une fois la thèse fondamentale de Bernard Stiegler selon laquelle toute la société de consommation et le merchandising s'adressent principalement au niveau pulsionnel de la psyché, sont orientés vers cette cible : entrer au cœur de l'individu pour le convertir, et l'abrutir en somme, en dehors de toute conscience réfléchie. En toute logique, le débat sur l'IN était bien un acte marketing, une pure action com'. Il s'agit bien d'une mobilisation propagandaire, publicitaire et militaire. Bush n'a-t-il pas mis en place en 2003 les scénarios de guerre avec l'aide de l'industrie cinématographique Hollywoodienne?... Notre pays poursuit le filon.

En revanche, les services des armées apportent un démenti catégorique à l'argument anti-jeu vidéo selon lequel un excès de jeu vidéo entraîne une violence effective dans la vie réelle. Désormais, la violence ne provient plus du jeu mais de ce qui s'y produit autour.

 
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