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vendredi, 01 janvier 2010

Tuer du sdf, en solde chez Carrefour

Ce qui est marquant dans ce fait divers n'est pas tant le fait de tabasser pour une bière mais d’être maltraité pour sa différence, parce que ce jeune homme était sdf. Il faut croire que si l'acharnement a été tel c'est parce que l'individu était un être "hors statut" social, si je puis dire. Et qu'un homme qui ne représente rien pour l'imaginaire des blaireaux n'est pas pris en compte par le système de la justice et la République. Hors, les sdf restent des citoyens, ont toujours une existence identitaire, et sont toujours français quand ils l'étaient, ou d'une autre nation quand ils l'étaient. 
Certes, l'image que les élites et le contexte de la mondialisation entretiennent des exclus est pitoyable, elle fait se monter les uns contre les autres, pour une miche de pain.

Car les exclus sont la part maudite de notre société de consommation qui, quoiqu'en dise Y.A. Bertrand, n'est pas un recyclage parfait. Sa vision du monde consiste à faire culpabiliser les ménages en exemptant le monde entrepreunarial. Les sdf sont ce déchet détestable sur lequel la lâcheté des blaireaux s'exprime. Il reste que dès qu'on refile à des connards un peu de pouvoir, ils l’utilisent comme lors d’une fête dès qu’ils tombent sur un sdf, le dernier homme infâme. Et le motif est insignifiant par rapport à la riposte qui a été choisie.

Ce fait divers est important symboliquement, il montre que l'idéologie dominante a toujours méprisé les faibles, et que les gros cons se croient protégés par leur hiérarchie. Seulement nous sommes encore en République, avec une justice, digne d'elle-même? Il faut que le procès soit exemplaire.

 

Commentaires

Juste une indications suite a cet excellent article:

Avez vous remarquez quand dans nos villes, les bancs publics en tendance à disparaître ou à être réhabiliter comme ils disent.

Les nouveaux qui fleurissent sont généralement sans dossiers et en matière métallique.

Et en dehors du fait que les amoureux doivent trouver d'autres lieux ou se bécoter, les sdf n'ont plus de "matelas" ou allonger leur détresse nocturne...

En effet, les exclus sont la part maudite de notre société de consommation. C'est si bien dit.

Écrit par : Taous | lundi, 11 janvier 2010

Comme vous le dite, les espaces sont pensés pour faire la vie difficile à ceux qui subissent la violence quotidienne du conformisme. Les architectes et urbanistes ont abandonnés leurs idéaux et leurs utopies pour faire les "jaunes" devant leurs commanditaires, les instances au pouvoir, les lieux téléguidés, s'il faut résumer un peu, par le monde de l'entreprise. Et cette logique de disparition ne peut faire disparaître les corps, que ce soit nos nationaux ou nos immigrés, ils viendront de plus en plus en masse cogner aux portes de nos principes libéraux. Ce système de radicalisation du confort urbain avait commencé pendant les années quatre-vingt, quand on a installé sur les bancs public des accoudoirs pour empêcher les personnes de s'allonger pour dormir. Dans certaines stations tête de gondole, il n'y a pratiquement plus aucun banc pour s'assoir.

Écrit par : indfrisable | lundi, 11 janvier 2010

En tout cas, il faudrait peut-être distinguer les bancs situés en extérieur et ceux placés en intérieur pour comprendre la logique intime de cette géographie urbaine, faite comme un répulsif pour indésirables, derniers hommes, derniers témoins?

Écrit par : indfrisable | lundi, 11 janvier 2010

Les commentaires sont fermés.

 
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