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vendredi, 27 novembre 2009

Bling-bling art : " A Noël, offrez..."

Les Nains de jardins, les cartes de vœux ou les anniversaires ont toujours conservé un "kitsh" populaire que ne démentirait pas Théodor Adorno  dans sa critique sur la camelote culturelle. Si le kitsh s'est toujours distingué du mauvais goût, c'est bien parce qu'il était partagé par tous, c'est-à-dire par tous les agents des catégories sociales.
Aujourd'hui, certains blogs, dont Délire de l'art, contribuent à alimenter ce "kitsh contemporain" sous le prétexte des fêtes de Noël pour relayer du côté de la finance et du consumériste global la progressive dépravation de l'art par le marché de l'art et des marchés financiers,  via une consommation artistique publique des musées et une ostentation "bling -bling".

Ce que Marcel Duchamp constatait déjà du reste en son temps, pour qui une  part de l'art constituait, en plus d'une addiction des peintres à la térébenthine, une forme de "prostitution" bien partagée...

Certes, Jean Baudrillard alimentera à son tour le débat en 1996 avec un bref texte, Le complot de l'art qui, au-delà de la nullité présumée, pas vraiment exemplifiée par son auteur, ce n'était pas le propos, visait surtout la duplicité dans le système des agents de l'art, de la politique et des effets d'une forme d'obscénité non dissimulée de tous sauf du grand public. C'était une façon ironico-humaniste de rendre hommage au soupçon que les masses adoptent en général vis-à-vis de l'art. Baudrillard aimait se faire le paysan du Danuble pour "purifier" à son endroit des mauvaises habitudes culturelles, qu'il aurait pu à son tour intégrer comme il se doit.

Paradoxalement, le kitsh "bling-bling" de l'art aujourd'hui, véhiculé par la politique de la quantité et des normes (renvoyant peut-être aux "canons" des Académies historiques), n'est pas seulement une attitude de consommation populaire élargie à la consommation ordinaire, car elle puise ses thématiques depuis les hautes sphères de la richesse, de la finance et de l'exotisme. Le récent travail de Martin Parr, au-delà encore de son ironie de classe qu'on lui reproche souvent à tort, à mon avis, puise aussi vers ces "extractions hautes" de la société, ce qui ouvre une brêche dans la production par trop misérabiliste d'un certain héroïsme de la misère trop en vogue et plutôt convenu.

Au moins, la séduction de la diversité offre au tout un chacun un cocktail puissant qui permet de vivre en mode "simulation" dans l'ambiance du sérail et de la préciosité souriante. Et Délire de l'art alimente ascidument cette ambiance.


Bling-bing art!


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Incitation à la débauche artistique, Délire de l'art, 22/11/2009


Je profite de la campagne d'action pour la santé publique et artistique pour renvoyer nos amis à cet article d'André Rouillé, écrit à propos des nouvelles règles pour la commande publique adoptées pour le marché de l'art global et national : soit la «Loi organique relative aux lois de finances» (LOLF) ...sur son site Paris-art. Modeste contribution pour alerter gogos parisiens ou futurs étudiants en Master finance islamique (nouveaux "adeptes" d'un marché de l'art global !) que Délire de l'art alimente notamment cette logique de normalisation quantitative de l'art...

André Rouillé, L'art d'évaluer l'art20 nov. 2009Numéro 293

jeudi, 26 novembre 2009

Mathilde Seigner pour Le Parisien sur l'affaire Polanski

... et pourtant Roman Polanski, qui est un grand artiste, a commis un crime il y a trente ans.

Mon propos est moral, et pourtant. Pour ne pas tout mélanger, on doit justement mêler la personnalité de cet homme, son parcours professionnel, à ce crime. Et justement, Roman Polanski n'est pas un criminel comme tout le monde.

A cette époque, il fait avec "Cul de sac" une analyse ambiguë de la cruauté. Le titre du film était annonciateur de notre actualité. Polanski était-il conscient qu'il s'enferrait dans un cul de sac, en fuyant dans son "île européenne" la juridiction américaine? Polanski est revenu sur ce drame, en a saisi le contenu, pour sublimer l'horreur en explications, et même en justifications. Ce sont ces justifications qu'il a faite plus tard sur des positions  réaffirmées sur la libre relation avec les mineurs que je ne lui pardonne pas.

Polanski incarne la figure de l'homme de culture, déconstruisant l'idée des Lumières selon laquelle la culture civilise et empêche les pulsions humaines de prendre le dessus sur la raison et la morale. L'honnête homme masque la "mauvaise vie". Et si la culture idéalement pouvait exempter les bougres de leurs méfaits, on doit admettre qu'elle n'empêche pas la retenue ni le passage à l'acte, mais qu'elle peut le canaliser sur d'autres activités symboliques qu'il faut pour nous, en tant que spectateur, savoir regarder. Ce n'est pas ce lynchage qui me rend confiant en la bonne nature humaine. Car cette bonne nature implique une éthique du regard que le spectateur fait tout seul, dans sa solitude existentielle.

Et si le projet humaniste a échoué, il faut enregistrer cela : que cette "affaire" canalise en retour nos propres pulsions pour un lynchage médiatique concerté, qui fonctionne un peu comme au spectacle antique, en une purification des passions dans l'espace symbolique du film ou au sein de n'importe quel média actuel, soit une catharsis des regardeurs. Nous l'effectuons, en tant que public, détournant en même temps l'autre violence plus ordinaire, mais lâche aussi, des propos de ceux qui lâchent leur haine contre cet artiste. Cherchez dans votre vie vos petites compromissions, vous trouverez bien quelques exemples pour vous retenir de lyncher celui que vous transformerez un jour ou l’autre en victime…

Malheureusement, le paradoxe qu'incarne Roman Polanski marque le respect, j'insiste, le paradoxe! Il exprime la grandeur et l'ambivalence de la "nature" humaine. J'affirme cela parce que je suis scandalisé par la violence de ceux (journalistes et internautes) qui participent au lynchage de cet artiste, avec si peu de consistance, en deux temps trois mouvements. Cette attitude nourrit la médiocrité morale dans laquelle les journalistes, les justiciers lambda, le peuple névralgique cherchent à l'enfermer.

jeudi, 12 novembre 2009

Chemins de ville

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Bagnolet, France




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Bagnolet, France





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Bagnolet, France





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Bagnolet, France





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Bagnolet, France





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Bagnolet, France

 
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