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mardi, 27 octobre 2009

Les valeurs morales de la mondialisation, en France!

Un débat sur l’identité nationale.
Presque tout échappe au national. La thématique de "l'identité nationale" arrive sur le tapis aujourd'hui, à cet instant là, comme cache-sexe et cache misère, comme du reste la "politique de civilisation" d'alors, brandie d'un seul homme contre le malaise dans la civilisation. Les banques ne voudront pas redistribuer leur part de responsabilité, le système est bancale. Par contre si la thématique de "l'identité nationale" séduit dans les élites, c'est parce qu'elles ne peuvent pas penser la mondialisation. Par réflexe pavlovien, si je puis dire, on réduit au territoire et à l'invasion des filières occultes, d'un matérialisme déjà bien connu, tous les malheurs de notre temps, qui pourraient aiguiller le ton des régionales. Ce concept en toc de l’identité nationale renvoie surtout à l'angoisse de dépossession dû aux effets de la mondialisation. Cette angoisse ne se réduit plus qu'à interrogation panique, et pour cela, elle totalement stratégique, plus qu’à la question : que reste-t-il de "français" en France?

La question des valeurs.
Si nous ne savons plus qui nous sommes, nous devons ainsi faire le recensement de nos valeurs. Et le tamis des "valeurs" chic et toc sera passé à l'analyse, à la pédagogie conciliante. Seulement une seule chose tient dans cette question de Besson mal posée, mais posée comme un chef d’Etat, ce qui montre d’une part que l’hyperprésident se calme un peu, et d’autre part qu’il redoute de poser la question de lui-même. D’un point de vue personnel, la question des valeurs fait sens par rapport à la mondialisation, mais pas du tout par rapport à la communauté « intérieure ». Cette question, liée à celle de l’identité avant tout personnelle, est celle du rôle et de la fonction du management au sein du monde du travail et de la consommation, comme phénomène qui détruit l’identité de la personne.
Au lieu de parler de construction de l’identité, ne faudrait-il pas mieux alors parler de "destruction de l'identité nationale par le management?" Posée de la sorte, on voit peut-être mieux, par la forme burlesque que cette nouvelle question suggère, le sujet de la thématique liée à l'identité nationale sauter au visage, et en même temps le hiatus produit entre la raison et la réalité.
Pour ne pas en parler, on évite le véritable débat et on propose la recette des "valeurs nationales", qu’on substitue aux valeurs managériales qu’il faudrait "réformer" certes, mais surtout selon tous les spécialistes, laisser en place. Or, il ne faut pas changer ou modifier le management, pour qui les fins resteront de toute façon les mêmes, mais le remplacer par un autre système relationnel, une autre finalité. La question écologique est une façon de l'en détourner mais aussi de constituer cette autre fin. Par contre, le discours et les analyses de spécialistes qui viserait à remplacer le management par le management est tout aussi déplacé.

On peut voir pendant ce temps l’exhibition cynique du management dans le métro parisien, qui n'en fini de communiquer ses propres valeurs de destruction, en toute impunité, elles. Une petite affichette présente une main tenant un fouet avec l'accroche "besoin d'une formation en management?". A l’instar de l’analyse critique de la BNP avancée par Baudrillard dans la revue Utopie en 1974 (« La campagne BNP » le slogan disait : Donnant donnant…vous me confiez votre argent, je vous fais profiter de ma banque » ), le système du management aujourd’hui s’enrichit de sa critique, l’avale et la retourne contre ceux qui la lui ont faite.

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Montage papier journal, tableaux et affichette :"Besoin de formation en management?", métro parisien, octobre 2009.

Le véritable débat consisterait à discuter loyalement des nouvelles valeurs mises en place par le système des réseaux "nobles" de la mondialisation. Ce rideau de fumé déployé par Besson est un beau tour de passe-passe.

 

Et si on parlait des valeurs morales de la mondialisation, en France?

 

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Baudrilard, Jean. La campagne BNP, in Le ludique et le policier, Editions Sens &Tonka, Paris, 2001

vendredi, 16 octobre 2009

25 !

Qui a peur du storytelling?

Reproduction business (à propos de l'affaire EPAD).

Deux niveaux distincts dans cette polémique sont mélangés. Comme du reste, l'amalgame homosexuel/pédophilie reproché par Martine Le Pen à Frédéric Mitterrand. Dans cette histoire, on crée une polémique à partir du mélange de deux valeurs contradictoires qui sont la compétence et la valeur républicaine du mérite :

A chaque valeur correspond une question.
La compétence :
doit-on mettre en place un enfant à la tête de l'EPAD?
Le mérite, notion défendu ardemment par Nicolas Sarkozy durant la campagne 2007 même :
doit-on laisser « reproduire » aussi rapidement au sein de « l'ascenseur politique » un des membres de la famille du président ?

On pourra rechigner en affirmant que pourtant, G.W. Bush était aussi au poste suprême, Président des Etats Unis d'Amérique, alors qu'il avait environ soixante ans. C'était, comme Jean Sarkozy, un fils de la famille et de l'ancien Président Bush. On a vu le résultat! on a souvent mis en boîte son infantilisme et les dégâts commis du fait d'une non compréhension générale des dossiers sensibles. En fait on a mis en cause ses compétences.

Même si l'âge n'est pas un gage de maturité, une compétence simulée, associée à l'hypothèse d'une candidature, ont crée une polémique virtuelle vers laquelle tout le monde s'est précipité. L'âge du fils du Président, sans compétences réelles, dans cette situation ubuesque, n'est pas un signe de maturité : il n'a que 23 ans, mais a baigné dans les méandres de la politique et du pouvoir. Cette situation politique a un sens social. C'est pourquoi si on doit parler de népotisme et de transmission par les gènes du pouvoir, c'est bien à cause de la rapidité à laquelle la "reproduction" des élites se réalise. On pourrait d'ailleurs constituer une chorale à la paroisse de l'Ump tant les défenseurs au gouvernement au fils se sont mobilisés. Ce qui est en jeu est le caractère précoce de la montée sociale d'une carrière à venir.

C'est par la fiction qu'il faut peut-être approcher ces phénomènes. Une fiction "storytelling" bien connue désormais, produit la "série". Ce pourquoi les scandales actuels se succèdent à vitesse grand V. Pour entrer sur le terrain des valeurs et nier les enjeux propre à chaque affaire, il faut pour entretenir le storytelling substituer aux faits le discours moral des valeurs, ou la victimisation et le complot. En somme tous les ingrédients de la fiction. Nicolas Sarkozy a du reste, dans une interview nécessaire, précisé qu'on le visait indirectement à travers l'affaire de son fils.

A l'instar du capitalisme immoral, l'Etat doit raconter une histoire fleur bleue pour faire entrer dans le débat public le débat moral. La prise des citoyens par les sentiments les faits chavirer dans l'histoire fleur bleue. Pour faire jouer l'émotion, il faut raconter et mettre en scène la relation père/fils contre le pujila de la foule, et en même temps diffuser tous les soirs à la télévision des émissions fictions et réelles sur des criminels, des enquêtes policières interminables contre l'image du citoyen mal né. La victime "Sarkozy" s'établit, à l'instar d'un père victime de Clearstream, victime d'une presse, d'internautes et de citoyens potentiellement criminels, mais critiques à l'égard de son népotisme. La trame des épisodes détermine une thématique globale : le métier difficile du chef de l'Etat (il en fera d'ailleurs l'aveu pour clore une interview télévisée).

Pour sortir de la fiction, il faudrait commencer à débattre avec tous. Or, la répétition intensive des scandales permettent-ils aujourd'hui, de débattre jusqu'au bout de chaque affaire, alors que la justice n'aurait pour fonction que de ralentir et de la retarder, dans sa réception au sein de l'espace public?

L'intensité de chaque affaire renforce la banalité des scandales. L'affaire Jean Sarkozy efface l'affaire Mitterrand, qui efface l'affaire Clearstream et Polanski.... A travers cette succession infinie d'affaires, on peut identifier le rythme soutenu du storytelling, cette méthode de communication qui mise sur la vitesse des évènements pour empêcher le débat démocratique d'avoir lieu.
Le principe de la succession d'histoires et la lenteur de la justice crée un décrochage entre les faits et la fiction, car nous n'avons pas tout de suite accès à la vérité de chaque histoire. Si bien que ce dont nous avons les "faits" ne sont qu'hypothèses, éventualités ou prévisions. Nous avons tendance à rester, au niveau du débat d'opinion, toujours avant l'évènement. C'est devant l'hypothèse que Jean Sarkozy soit à la tête de l'EPAD que nous devons discuter et nous prononcer. Si la proposition choque la plupart des citoyens qui eux, ne doivent miser en général que sur leurs compétences pour se placer, sur la réalité du monde du travail aussi, la promotion business est évaluée sur une éventualité, et par conséquent testée sur l'opinion. Comme l'affaire tourne pour ainsi dire mal, il se pourrait que Jean Sarkozy n'ait pas le poste. Le processus provient des organismes de sondages et de la science de la communication. Pour lancer une politique, il faut la tester expérimentalement d'abord virtuellement dans l'opinion, ce qui pourrait renforcer l'hypothèse de Baudrillard, pour qui la réalité est devenue inaccessible par le fait d'une viralité au monde d'une hyper-réalité implacable.

L'inaccessible? Cette polémique remplace une autre polémique morale, celle de la supposée pédophilie de François Mitterrand, lancée stratégiquement par Martine Le Pen, et elle sera très probablement la semaine prochaine remplacée par une autre. En fait, une succession (sans jeu de mot) de scandales amenuise la possibilité d'un débat public avec tous. Ils débattent entre eux des réalités et des décisions politiques adoptées, mais laissent pour l'opinion les éclats et les affaires de personnes.

Reste l'espace des forums, imparfait, mais pourtant bizarrement plus "réel". Les internautes et l'esprit démocratique réagissent, au sein de l'espace de liberté que représente le net. Réactions certes empiriques, mais relevant de la critique principale de la mise en scène permanente de la vie politique, car la plupart des médias professionnels ont perdus leur fonction informative pour celle qui est de communiquer pour son propre medium. Ce que vous lisez n'est pas une information mais une information de Libé. Cette désertion professionnelle permet aux amateurs toute leur importance et leur fonction. Ils sont même la source souvent des polémiques, que les médias généralistes reprennent stratégiquement. Ce ne sont pas les internautes qui gonflent artificiellement cette affaire pour en faire un scandale. Un méta-scandale permanent découle des méthodes de communication qui se sont aujourd'hui substituées au débat public.

Il y a quelques mois, le storytelling était bien rodé. Depuis l'Elysée, il se concevait en petit comité mais aujourd'hui, la mise en scène évolue, elle passe du côté du net, elle envahie l'espace de la simulation que ce discours d'épicerie produit. Aujourd'hui, les citoyens internautes prennent conscience de cette manipulation fiction (Jean Sarkozy n'est pas encore élu... on est toujours dans la fiction, une simulation expérimentale) et prennent l'occasion de gonfler l'affaire, avec l'attention des média reconnus, pour discuter des valeurs qui fondent notre vie républicaine. Associée à la logique évidente que les médias professionnels ont toujours besoin d'alimenter en affaireS l'information du jour, les sujets se succèdent au niveau de la mondialisation et de son inertie problématique.
En réponse à ces manœuvres, les citoyens internautes de bonne foi résistent en entretenant le storytelling cyniquement. On leur refile un scénario et ils l'expérimentent... La réflexion gonfle sur la toile et influence les titres de la presse. Ce qui revient à donner l'hypothèse que la source principale de l'information officielle du net s'est substituée aux agences de presse.

Comme la plupart des affaires politiques, les dossiers qui sortent sont l'évènement du jour, comme des micro-duplications, de petits "11 septembres". Ces micros évènements restent des scandales dans la mesure où il bouleversent l'ordonnancement des valeurs. Ils ont lieu tous les jours, en même temps qu'ils perdent par le fait de leur rythme soutenu, leur gravité inhérente. Le "14 octobre 2009" de l'affaire Jean Sarkozy permet tout pourvu qu'on fasse taire la conscience vertueuse des personnes de bonne foi, avec la nouvelle affaire du lendemain, et le décalage engendré par le scandale suivant fait taire une discussion finalisable au sein du débat public. Sur ce point, l'argument de l'élu adopté de concert par l'ump et consorts ne suffit pas, on est pas encore dans la fiction Matrix, quoique... En tout cas, le "logiciel" en garde de la respectabilité Matrix devra très vite déloger les coupables.

Quel élu de 23 ans ne le serait pas sans recommandation, voire sans népotisme? Vaste et difficile débat en perspective pour nos élus qui devraient alors arbitrer « l’affaire » en sachant que leurs propres enfants pourraient se voir menacés par une loi plus républicaine et méritante en la matière. Si le sarkozysme a mis en avant l’idéologie du mérite lors de la campagne présidentielle, l’affaire « Jean Sarkozy » bouleverse la crédibilité du pakage ump. Nous assisterions ainsi certes, à la déconfiture de la gauche au plan institutionnel, mais aussi à l’épuisement du sarkozysme en terme idéologique. La barrière symbolique de sa crédibilité dans son propre camp est peut-être atteinte.

Luc Chatel, à l’instar de Rachida Dati, à la fin de leur interviews récentes sur l’affaire du catapultage de Jean Sarkozy à la tête de l'Etablissement public d'aménagement de la Défense, terminent leur démonstration sur la race et le racisme supposé de ces prises de positions de la gauche et, n'en déplaise, d'une partie des élus de l'UMP. En plus d'un essai douteux largement diffusé sur les ondes, sur l'amalgame raciste du NPA substitué au lepenisme, Jean Sarkozy comme chacun sait devra "se battre", car il "incarne" maintenant la victime indirecte de l'ultra-gauche...

vendredi, 09 octobre 2009

www.nimportequi.com

Le travail de Rémi Gaillard est une série de performances, qui pourrait s'apparenter à l'art corporel (Chris Burden) ou à Gianni Motti, vaguement à l'esthétique relationnelle (bien plus intéressant du reste que son institutionnalisation d'aujourd'hui). Un bémol sur sa formule à l'emporte pièce qu'il assène à chaque évènement: « C’est en faisant n’importe quoi qu’on devient n’importe qui ». Non seulement je la trouve un peu démago mais aussi pas très logique dans sa syntaxe. Rémi Gaillard recherche une reconnaissance dans son art (action?), donc il cherche à devenir quelqu'un. Sinon, il ne chercherait pas l'objectif de la caméra médiatique comme un automate. Que "n'importe qui" le souhaite, une personne quelconque ne faisant pas n'importe quoi surtout, est peut-être une plus juste revendication. Il est doué, mais fait dépendre son intention en fonction de sa reconnaissance médiatique et télévisuelle. Dommage que ce travail flatte un aspect trop ludique de la proximité, pas assez politique, ça reste de la blague. Un peu comme, à l'instar des Incohérents, qui avaient tout inventés avant l'heure : le ready-made, le monochrome, le monocrime (?), l'art minimal ("Le nègre dans un tunnel", je ne sais pas vraiment le terme...), mais qui n'avaient pas été pris au sérieux par la critique. Mais les idées de R.Gaillard sont lumineuses, un débarquement militaire sur une plage, une victoire de coupe de France. Tous ces comportements imaginés interrogent la cité et son conformisme formel. On pourrait me reprocher après de l'apparenter à l'art contemporain, mais certaines pièces sont tellement ennuyeuses à l'heure actuelle, qu'il faut bien chercher ailleurs d'autres filons où la création agît, dans son sens le plus fort.

Burlesque
http://www.youtube.com/watch?v=MytfhzcSF-Y

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samedi, 03 octobre 2009

« Commissaire d’exposition ? Certes, mais à Disneyland ! »

Alexia, agent promotionnel de l'art/gardère, nous confit sur son blog son doute à propos de la future exposition 2010 de Takashi Murakami, à Versailles.

 

chateau-versailles-espanade-parc.jpg

Si le choix d'un artiste dépend selon Alexia de sa réussite commerciale et de la vente des places, mais alors on se tape comme de l'An quarante de sa valeur artistique!


Une œuvre d'art reste une œuvre n'importe où, aussi bien à Versailles qu'à Drancy. Versailles représente le lieu chic où se rencontrent aujourd'hui les courtisans de notre temps, c'est pourquoi cet espace très symbolique attire vers lui l'obscénité financière de l'art contemporain des corporations et des grandes marques. On ne va pas quand même organiser l'orgie culturelle à Disneyland? Quoi que? Cela ne revient il pas  fondamentalement au même?  Même but financier. Et de toute façon, ce n'est pas Versailles qui fera perdre ou gagner à l'œuvre d'art sa valeur. C'est là principalement où loge l'amalgame que la politique culturelle et touristique cherche à produire entre le faste culturel et l’art.

Si Versailles renvoie fatalement aussi à Dubaï et à la mondialisation, c’est que Paris a perdu depuis belle lurette son rôle de phare culturel. Il cherche désespérément à recréer son terrain fertile à l’aide du faste patrimonial et du marché de l’art défunt de nos années surréalistes, à mixer (très pop') luxe et publicité par l’objet, pour faire de l’art. Alors que l’art n’est pas du tout le serviteur du luxe ou du superflu, c'est le monde politique qui s'attache à conserver sa pôle position dans ce domaine. L'art touche au cœur notre quotidien dinon, il se pourrit de l’intérieur.

Calculer combien va rapporter un évènement artistique et modifier l'objet d'art en fonction de sa réception n'est pas nouveau, ce qu’on appelle plus élégamment "l’esthétique de la réception". La nouveauté, c'est que les entreprises se sont emparées du marché de l'art mondialisé, se sont appropriées le domaine artistique pour se faire bonne conscience et se racheter une conduite.

Aussi bien la « Nuit blanche » que "Versailles" offrent une même espèce de promiscuité : un monstre fait de formes vaguement artistiques, de l'art quoi !, et un dispositif promotionnel et financier élargis. Promotions destinées à nourrir le bon peuple de ses valeurs dominantes, parce que sans lui, pas de devoir et mission républicaine. Difficile algèbre entre ces deux paradoxes et en même temps, rien de moins scandaleux pour des formes si souriantes. Le dispositif combiné n’en fait pas moins l’arnaque et le kidnapping les plus éloquents, pour ne pas dire dramatiques, que les ventes privées et publiques exercent sur le marché de l’art et son mouvement interne. Il n'est même plus question de classe sociale à ce stade de l'orgie, car les artistes qui adoptent ce nom avec un souci moral, contrairement à certains syndicats qui pactisent avec le pouvoir, ont encore la délicatesse de renvoyer à la réalité de nos classes sociales préexistantes.

Le scandale n'est plus depuis bien longtemps d'ordre artistique. Il est financier, et c'est de cela dont vous êtes dupe Alexia. Rien que votre formation de médiatrice culturelle transpire la contradiction par rapport au dispositif en place. Il semble normal à un moment donné, à partir du papier et de cet aveu, en l’occurrence tellement touchant d'Alexia dans Délires de l'art:

« je ne parviens pas à associer l'image de la reine de France à la jeune héroïne du film d'animation "Superflat First Love". Une certaine forme de romantisme, des créations psychédéliques, soit ! Mais aucune adéquation à mon sens entre les œuvres et le lieu... sinon une forme d'outrance qui commence à brouiller ce qui était à l'origine une bonne idée, celle de marier artistes d'hier et d'aujourd'hui, de confronter leur approche en enjambant allègrement les siècles ».

C’est ici que le dispositif la plombe : son doute est symptomatique de ses limites (et des miennes d'ailleurs), vis-à-vis de l'art. On revient toujours à la même question, est-ce vendable? Comme l'infini chez Hegel, il y aurait en art le bon scandale du mauvais scandale. Le juste scandale consiste à ne pas ralentir le flot de béotiens qui ne vont ne rien y comprendre, mais qui vont banquer leur ticket plein pot/

L'art meurt de ceux qui le font prospérer. Et la question en somme complètement ridicule "Murakami dépareillerait-il à Versailles?" se mort la queue. Nous avons déjà dépassé ce paradoxe, le supermarché en bas de chez  Alexia aurait déjà dû  l'alerter. N'importe quoi d'autre peut se marier avec de la pierre, avec les valeurs liquidées quotidiennement par le buisiness : Mickey, une motte de beurre, un savon géant, une marque de bagnole, ou de celle d'un artiste qui a une bonne côte? Peu importe... A Versailles, c'est cette pseudo-incongruité qui donne le ton à l'escroquerie intellectuelle dont  vous faites, mademoiselle, la promotion hebdomadaire. Votre refus pour cet artiste à Versailles touche une limite qui n'a pas sa place dans le système, car l'art mondial fait feu de tout bois pourvu que le pouvoir institutionnel, soumit au dictat des intérêts privés, lui en donne l'autorisation.

 

 
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