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samedi, 05 septembre 2009

Comment Patrick Morandini entretient son "buzz".

Ai revu en rediffusion l'émission d'hier soir (vendredi 4 septembre), avec Morandini aux manettes. Il dévoile à lui tout seul la production de toute la duplicité du narcissisme télévisuel.

Une télévision qui louche sur elle-même.

A chaque personnage sa fonction. L'émission, dans son cheminement, est la parabole parfaite de notre société, dans son fonctionnement le plus corrompu, mais néanmoins cool. D’une corruption doucereuse, souriante et conviviale, sauf que comme toujours, les femmes sont plutôt choisies pour leur sex-appeal, plutôt que pour leurs compétences journalistiques. Comme personne n’a vraiment rien à dire de sérieux, on vit la télé réalité du journalisme de communication comme si nous étions dans un tunnel sidéral. Le stéréotype de nos valeurs actuelles s’exprime en toute liberté, on connaît la chanson… mais la chose s’amplifie, gagne du territoire, exhibe ses brochettes culturelles sans honte... on atteint le comble de l'hypocrisie quand Morandini questionne Picouly sur l'impact d’un conflit ouvert qui a eu lieu sur un plateau littéraire entre Fadela Amara et un spécialiste des prisons, pour qui la Secrétaire d'Etat chargée de la Politique de la ville serait d'une incompétence notoire en la matière... Les extraits de l'échange sont rediffusés, Morandini soupçonne insidieusement Picouly de faire du spectaculaire pour faire monter le buzz, et donc la promo de son émission sur tout le PAF... L’innocence de Morandini est atteinte, alors qu’il participe sciemment de ce même phénomène, en attirant vers lui l'évènement pour susciter ce qu'il serait sans eux : rien... Morandini relègue, il n’apporte aucune information qui soit extérieure au monde de la télévision. Ce n’est plus un journaliste qui va juger, qui va développer son opinion, mais un banal conduit d’information, un véhicule degré 0 du média. Un chien dans sa niche est moins indigne, mais ce n'est qu'animal me direz-vous… Alors logiquement, avec le pouvoir symbolique (et pas seulement on s'en doute) que cumule cet animateur, on peut se demander comment il peut encore se contenter de cette médiocrité. Au sommet on pourrait s'attendre à plus d'exigence sur la ligne éditoriale. A moins qu'il soit complètement dominé par le système Bolloré, qui détient Direct8...


Un buzz quotidien qui masque les "vrais" évènements.

Le propre du buzz est-il d'être grossièrement entretenu ou spontané? Buzz !!On misera sur le un... Au cinéma, quand un film « prend », c’est spontanément. On dit que ça provient du bouche à oreille. Ce sont les spectateurs qui décident. C’est la version classique du buzz. Or, aujourd’hui, la télévision, qui a toujours entretenu la passivité du spectateur, en dépis des façons de le faire participer, a une emprise trop grande sur sa conscience. Le buzz entretenu ne peut être que simulation, il ne « prend » que si ses animateurs l’autorisent. Le spectateur est ainsi éjecté de la participation, malgré les gadgets de l’interactivité qui lui « répondent ». Tout ce dispositif ne cachent qu’un fait : que la parole du spectateur, on s’en fout. Le but des chaînes de télévision qui se prétendent pourtant « généralistes » est de buzzer chaque soirée pour la même soirée, de reprendre en boucles les évènements du moment, afin que se répandent en longueur les scoops les plus croustillants. Le lendemain, on passe à autre chose. L’expérience en tant que telle de la télévision en général est nulle : qui se souvient de ce qu’il a vu la veille ? Le buzz télévisuel comprend que l’oubli est sa fonction, et qu’il doit combiner avec cette tare sur la fin de soirée… Le spectateur fatigué du lendemain peut recommencer à zéro, il est, nous sommes pris dans cette dépendantce, qui n'a rien à voir avec les drogues classiques à mon sens. On peut faire soi la maxime de Pascal qui consiste à regarder ou observer pour comprendre.

Si la confrontation est, sur une émission à la Morandini (Morandini!, direct8), sans cesse mise en scène, la critique peu amène peut-elle à son tour accéder au forum, ou à l'écoute de l'émission? Bien entendu, non!... cet autre problème de l'internet touche les radios, télés, et presse (Direct8 a aussi son "gratuit") dites "généralistes"... Il faut revoir les termes, c'est une redite, mais la culture d'entreprise et les désastres du management nettoient les conditions minimales pour qu'en démocratie, coexistent les vrais conflits, les vrais enjeux...

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