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lundi, 13 juillet 2009

Martin Paar au Jeu de Paume : bonnes touches

En réaction à l'attaque de André Rouillé, "Du Parr à gogo", 09 juil. 2009, Numéro 285.

Martin Paar lance, par le biais de l'exposition du Jeu de Paume, des piques contre les curateurs d'exposition, car il cherche à mettre en place depuis quelques années une histoire de la photographie faite par les photographes, et même une biennale organisée par un photographe, lui-même. Il organisera à Brigthon en 2010 une biennale de photographie sans curator.

Il reçoit en riposte avec le texte ci-dessus, l'anathème de l'anti-humanisme, ce qui reste, me semble-il assez malhonnête dans sa formulation.

Martin Paar n'est pas forcément « anti-humaniste ». Il photographie, glane, collecte ce qu'il voit à la place où il est, à tel instant... après comme il le dit sur la vidéo de présentation, il sait précisément où il se positionne politiquement et de quelle classe sociale il provient. Ce qui n'est pas le cas de pas mal des artistes actuels qui, formés au management et au marketing de certaines écoles d'art, naviguent entre deux eaux, ne savent plus vraiment d'où ils proviennent, vampirisés par le discours ambiant de la réussite et des champions.

Martin Paar montre une certaine classe moyenne (en l’occurrence les touristes ou les britanniques) qui a ses propres codes, ses valeurs, son propre « mauvais goût ». Il montre surtout qu'un certain kitsch réunit toutes les classes sociales, contrairement au mauvais goût, beaucoup plus personnalisé et sectorisé. Martin Paar montre davantage l'homogénéité des valeurs adoptés par des hommes et des femmes qui, avec le temps, deviennent leurs propres caricatures. En quoi est-ce un anti-humanisme que de projeter un regard critique sur le fonctionnement de notre société de consommation, de prestiges?

Aussi, le temps de la caricature touche de plein fouet les curateurs et spécialistes de l'Exposition qui, touchés par une crise conjoncturelle cherchent, depuis quelques années déjà, à créer de faux débats, des diversions polémiques anti/pro, ce qui ne manque pas de nous rappeler la naissance des relations publiques, pour bien encadrer les masses américaines trop chaotiques dans leurs opinions...

Si la photographie documentaire s'est complu comme trop souvent à exalter la misère sans la dénoncer réellement (l'œuvre dont la force somme les pouvoirs politiques de prendre leurs responsabilités pour arriver concrètement à des lois est beaucoup plus rare), le choix de Martin Paar a été de photographier la richesse extrême, les accoutrements codés somme toute assez kitsh, aussi bien de la classe moyenne que des classes populaires, en dépit de l’extinction des experts en exposition.


Pourquoi l'image photographique devrait-elle devenir humaniste? L'innocence voulue par les adultes est contredite si on laisse faire l'humanisme spontané des enfants, plutôt doté de cruautés arbitraires?

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