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lundi, 23 mars 2009

"Ce con d'Eric Zemmour", mal-aimé des rappeurs

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Derrière la polémique se développe un bras-de-fer idéologique de plus en plus pesant. Certes, Eric Zemmour défend maladroitement le projet sarkozyste, tout le monde le sait. Peut-on, à cette heure, le défendre du reste, adroitement ? Zemmour semble aussi avoir beaucoup de mal à se départir d'une idéologie néolibérale en déliquescence alors qu'il se veut humaniste, républicain. La contradiction est chez lui de plus en plus évidente, tout comme chez le romancier et essayiste Max Gallo. Cependant, le fait que Zemmour donne  franchement son opinion, est bien. Cela tranche avec le consensus permanent que maintient la télévision. Ruquier, ou Nolo, ses contradicteurs peuvent aussi recadrer Zemmour adroitement. Souvent le personnage suscite la haine ou la rancœur, car on le soupçonne de caricaturer la banlieue, même de véhiculer un discours raciste. Cet extrait est un exemple de la gène occasionnée.

Un groupe de rap quelconque doit pour se faire entendre, au-delà des mjc, communiquer. C’est aujourd’hui bien connu, le graph’ a enlevé au tag’ son pouvoir de subversion et de souillure. Les grafs s’exposent dans les musées chébran de la capitale. Si le tag’ se commettait en périphérie, le graf’ se commet depuis le centre névralgique des médias. Tout groupe de rap sait qu’il doit faire scandale pour exister en tant que groupe de rap. D’une certaine façon le graph’ sonore que produit chaque groupe de rap propose une forme d’expression qui contient un zest d’esprit subversif contre la politique, la police ou ces sales intellectuels, mais pas trop ! Juste la petite phrase. Ce qui est souvent visé reste l’élite. Il n’est que rarement question de mœuf, qu'un autre artiste rap par ailleurs avait convoitée à JoeyStarr.

Un travail systémique de la haine ordinaire.

Si un groupe de rap quelconque souhaite faire disparaître Zemmour comme la chanson en fait l'allusion, il faut aussi rendre un hommage appuyé à tout ce travail de division et de diabolisation des catégories « sensibles », que la politique actuelle rend possible. Pointer du doigt les « coupables » radicalise les propos, les œuvres et les chroniqueurs. Mais rend aussi la monnaie de sa pièce, elle créée un scandale artificiellement, afin que le buzz prenne dans les médias. Rien de plus facile que de viser un nom en particulier, pour faire parler de son travail. Le rap a compris cette manœuvre depuis longtemps. La surenchère au moyen de la représentation de la violence est un moyen accessible à l’écoute, pour se faire voir de l'opinion (Justice® par exemple). La provocation est une forme bien installée dans notre univers, même Sarkozy sait en jouer à merveille, et il reste un modèle du genre.

L'émission de Ruquier est malgré tout une plateforme qui a le mérite d'engager des débats, des échanges. Cela change des émissions du type « Delarue » où aucun débat n'est en jeu, et où chacun se cantonne à son histoire personnelle. Le clown de service trouve néanmoins toujours sa place, car On est pas couché "est un magazine", défendra Eric Nolo. Or, rien n'est plus vain et consensuel qu'un contenu "magazine" en général, qui a le plus souvent aucune ligne éditoriale. C'est la revue qui a un véritable dessein critique, dessein qui semble rester celui de Nolo, investit du devoir de faire une télévision plus critique, de relancer un espace public à sa vocation première. La critique comme le rap souillent à la limite des circonstances acceptables les frontières de ce qu'on peut voir et ne pas voir. Sinon, lorsque ces frontières sont à peine transgressées, c'est un jeu de dupe, une commedia dell' arte.

Il reste que pour le rap, la forme « chanson » se cantonne, en dehors du contenu, à une opinion pathétique d'un autre âge, car elle ne rencontre le même type de censure que celle que rencontraient les Brassens et consort. Zemmour pourrait à la limite répondre avec un poème en prose, en pensant très fort à Lautréamont. Malheureusement, la chanson rap du litige se dévoile généralement en slogan, ce qui fait que même si elle cherchait selon ses auteurs à ne pas favoriser un passage à l'acte, le fossé qui existe entre un chroniqueur intello et un nerveux du micro sera toujours le fait d'un différent de forme.

Commentaires

je suis désolé je suis rappeur et je ne supporte que le rap comme musique et que des rappeur 'noir' pour contredire ceux qui dise que zemmour est raciste, et pourtant j'adore énormément zemmour, c'est une de mes personalité préféré, eric zemmour remonte la profondeur des idées, cherche la base du problème, zemmour va faire le plus grand bien au rap, c'est vraiment d'un niveau très bas de dire le mal aimer des rappeurs parce que un ou deux rappeur ne l'aime pas sachant que beaucoup de rappeurs ne s'aiment pas entre eux, cela ne veut pas dire grand chose, tout le monde est le mal aimé des rappeurs ! bref pour contredire cela je dis que je suis rappeur, je n'aime que le rap, mais éric zemmour doit continuer a exprimer ses opinions comme il le fait car c'est qelqun de très intelligent qui fait du bien a tout le monde en réalité

Écrit par : romain | vendredi, 22 mai 2009

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