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jeudi, 05 février 2009

Crise : la feuille de route de Sarkozy n'est pas celle d'Obama

Image 7.pngOù était la pédagogie ? En quoi les choses sont-elles clarifiées ? Quelle est la feuille de route ? Peut-on en rester au « travailler plus » alors que le travail va se tarir ? Si on continue sur ce terrain, on va au crash. Une taxe professionnelle qui sera supprimée, est-ce à la mesure de ceux qui vont encore continuer à se gaver avec l’argent des contribuables ? Peu de répression contre les nantis (les footballers sont dénoncés par la commission de contrôle du budget de l'Etat comme profitants d'un barême exonéré de l'impôt), ils font toujours des « bêtises » les traders, et les chômeurs se gavent sur le dos de ceux qui travaillent, c’est bien connu. Rien n’a été dit explicitement pour empêcher de manière drastique les irrégularités des banques? Et la pensée de Sarkozy avec la pensée du Medef, vis-à-vis d’Obama, a-t-elle été énoncée clairement ? La patronne des patrons l’a clamé hier, elle ne pardonne pas à Obama d’avoir imposé des limites claires et chiffrées, concernant les rémunérations des dirigeants. Rien ! Sarkozy téléguidé semble devoir faire ce qu’il n’a pas dit clairement : il ne contrôlera pas comme Obama ceux qui se gavent sur la crise et la misère qui se répand jusque vers la classe moyenne. Si Obama a fixé une limite, Sarkozy n’a rien dit, juste des mots, et pas des règles. Rien ne changera en France avec ce corporatisme de classe.

Image 10.pngSarkozy cherche à gagner du temps pour embrumer le terrain des luttes. Il fait comprendre qu’il entend la contestation de la rue, mais aussitôt après, que les autres qui ne se sont pas exprimés existent aussi. Ce procédé, manœuvre de rhétorique classique en politique, oublie que pour mesurer la pertinence d’une mobilisation qui part de la rue, au sein de l’espace public, il ne faut pas la comparer à une masse qui ne se définit pas comme telle, mais à une contre-manifestation par exemple. Sinon, c’est faire voter les morts, et ce procédé est toujours d’actualité semble-t-il…

De la même manière, on entend tellement de commentaires de la part des sbires de l’UMP qui spéculent sur les erreurs que commettrait Ségolène Royal si elle était au pouvoir, tandis que Sarkozy est forcément l’homme providentiel, malgré la houle. On décale le rapport entre un fait réel et l’imagination. Comment peut-on savoir ce qu’aurait fait Ségolène Royal si elle gouvernait, alors qu’elle n’est pas comparable avec la réalité des faits de ceux qui gouvernent?

Le mélange des actes conditionnels et les faits réels est une faiblesse de la droite que la gauche ne pense pas, car prise aussi dans un storytelling de rigueur, où la fiction fait office de stratégie. Comme la droite n’a plus trop d‘argument pour contrer la gauche, elle lui reproche le plan de relance négatif de 1983, mais trouve davantage dans l’imaginaire et la fiction les moyens de trouver une incompétence qui n’existe pas, car la gauche n’est pas au pouvoir. Toujours est-il qu’il pourra toujours reprocher à la gauche, à la fin de son quinquennat, présente au sein de son gouvernement, d’avoir contribué aux résultats négatifs qu’il dénoncera à coup sûr, et qu’il annoncera parfaits lorsqu’il ne reproduira pas l’ouverture, vraiment seul au pouvoir pour un éventuel deuxième quinquennat, relativisé ce soir de façon stratégique.

Image 15.pngSarkozy a répété que l’Etat ne devait pas dépenser en « fonctionnement » mais en « investissement ». Cette distinction me semble fondamentale pour comprendre la transformation du rôle de l’Etat, et même sa nouvelle nature. Si tel est le cas, alors l’Etat est une entreprise comme n’importe quelle autre valeur qui doit investir pour un intérêt privé, et qui pourrait, le cas échéant, être côté en bourse, pourquoi pas ? Le plan de relance associé à l’interprétation du sarkozysme consiste à percevoir un Etat devant sortir de la faillite, et de ses poids. Désormais en redressement judiciaire, il est telle une entreprise mise en situation de liquidation. Ce n’est pas la banqueroute qui menace les banques, mais la faillite de l’idée de l’Etat.

Or, cet Etat n’est pas un espace d’investissements, mais un cadre dans lequel les logiques économiques communes sont comprises parmi d’autres logiques. Sinon, ce vocabulaire économique de l’Etat cherchera en bonne logique à « externiser » le modèle social de l’Etat providence, fondé faut-il le rappeler, après la deuxième guerre mondiale et qui, si on se souvient bien, est devenu ainsi parce que la droite a cherché à faire oublier ses années de collaboration en lâchant du leste jusqu’à Giscard. A partir de cette époque, le modèle social devenait un boulet pour des hommes qui avaient adhéré à la vision néo-libérale, qui aujourd’hui, se conduit, comme elle le prétend avec arrogance, de façon décomplexée.  

 

 

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