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mercredi, 28 janvier 2009

Le bal des actrices, influences, recyclages...

Comme les images que les médias (cinéma compris) produisent ne peuvent faire par ignorance abstraction de la réalité violente, elles ne peuvent que devenir obscènes, pour renvoyer à cette réalité difficile et en même temps engendrer un processus de ré-enchantement. 

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Certains y voient une référence à la Shoah, d’autres une partouze lesbienne. Il y a quarante ans sur ses disques, à l'inverse du Déjeuner sur l'herbe de Manet, Jimmy Hendrix « trônait » en image parmi un harem féminin.

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    The Jimi Hendrix Experience, Electric Ladyland, 1968

Si les femmes de 1968 sont encore dignes, revendiquent leur nudité, à l'instar du tableau de Manet, celles de notre temps sont avachies, désœuvrées, inquiètes. Elles n'ont plus de rapport à l'image. L'assurance de la vie collective est sapée. On peut dire que l'affiche du Bal des actrices fait "paillasson" : prise d'en haut, du point de vue du regard masculin, elle s'aplatit comme pour rassurer que ce n'est qu'une image en deux dimensions, une mise en scène. Comme l'affirmait D. Haraway, féministe américaine dont les travaux font une critique lumineuse du cinéma d'homme, le cinéma hollywoodien n'a fait de la femme que l'objet sexuel désiré, pour le seul plaisir du regard masculin. La plongée du regard caméra masculin aplatit une paillasse de corps cumulés, plaqués, pour ne faire qu'un seul magma informe : un banc de sardines.

D'autre part, on remarque la forte pudibonderie de l'affiche à rendre les corps chastes. Rien n'est montré, pas même un sein. Ce alors que nous vivons dans une société rythmée entièrement par les sexes qui figurent sur les devantures des librairies, ou les écrans. Cet écart paraît pour le moins la marque d'un puritanisme très français, contre toute apparence.

Aujourd'hui, l'émancipation "Mode et travaux" fait croire aux femmes qu'elles sont libres de consommer, même en temps de crise. On a sur cette affiche du Bal des actrices, peut-être, l'utopie d'une émancipation féminine qui peut se passer de l'homme. Mais la femme devrait encore d'avantage revenir en politique, qui est un métier, et c'est à déplorer, d'homme.manet_ledejeunersurlherbe.jpg La femme n'est-elle pas faite pour soigner l'intérieur et décorer la maison? C'est pourtant ce que nous dit tous les soirs M6. De plus en plus, les télévisions, pour vendre leurs programmes, utilisent la tragédie pour communiquer une tonalité tendance liée à la satisfaction de l'horreur. Mais pour le regard de qui?

 

Manet, Le déjeuner sur l'herbe, 1862, 1863

Commentaires

l'affiche du bal des actrices me fait plutôt penser à une partouze entre filles

Écrit par : glurps | mercredi, 28 janvier 2009

On peut y voir ce qu'on veut dans cette image, c'est justement pour cela qu'elle fonctionne, dans ce sens où elle attire le regard, interpelle : partouze, séance de zen, naturisme lesbien, sélection, classement. Les hommes et les femmes sont séparés, mais on ne sait quelle référence précise elle se rattache. Elle ne dit rien de plus, c'est une image complètement consensuelle. On pourrait la décliner en papier peint pour M6, un all over fashion. Ce que l'image à de plus chaste, c'est qu'elle cache son idéologie même.

Écrit par : indfrisable | mercredi, 28 janvier 2009

Le postures sont informes, comme les "montres molles" de S. Dali. Comparées à la tenue des femmes de la pochette de disque de Jimmy Hendrix, qui sont elles affirmatives, politisées, celles qui lui répondent avec "Le bal des actrices", sont résignées. Nous avons un panorama de notre époque, un flash de notre civilisation, qui malgré la médiocrité de l'image, est une com' réussie, qui fera parler d'elle. Le cinéma doit interpeller la vie quotidienne, et faire le lien entre les faits historiques (ici, l'émancipation de la femme et son relatif échec) et l'utopie.

On se souvient aussi de la deuxième affiche du film sur Jacques Mesrine, où le personnage est gisant, la tête courbée en avant, où un mince filet de sang tombe et annonce la figure sacrificielle christique très courue en peinture, puis au cinéma aujourd'hui, pour interpeller la conscience mythique du spectateur.

L'affiche signifie non pas pour sa teneur en énergie érotique, car la mode n'est pas à l'érotisation du corps mais à sa possession, à sa répression résignée. L'affiche renvoie au corps fatigués, à la résignation devant le pouvoir, qui n'est pas le simple fait des femmes. D'une certaine façon, l'affiche de ce film nous ment.

Écrit par : indfrisable | mercredi, 28 janvier 2009

je n'aime pas cette affiche, même si c'est réussi en termes de communication, en tant que femme qui un cancer , je trouve ça moche, inesthétique ; cela fait "viande" ; c'est du marketing , c'est faussement intellectuel , on s'intéressera au visuel, pas à ce que diront ces femmes , on regardera mais on s'interrogera pas .
L'essentiel c'est de faire parler , de vendre .
En tant que femme je n'aime pas l'affiche et je n'ai pas envie d'aller voir ce film.

Écrit par : anna | mercredi, 28 janvier 2009

Cette affiche ne fait pas vendre, elle est effectivement consensuelle, la nudité n'est pas montrée, elle est tellement discrète qu'elle ne peut pas déranger.

Un artiste photographe réalise une oeuvre plus déroutante, des femmes qui ont vécu un cancer et qui s'expose et montre une expression qui force l'intérêt car elles semblent, par cette démarche volontaire, montrer leur force, acquise ou révélée, peu importe elles sont magnifiques.

Visitez ce site, lisez leurs textes, elles vous redonneront, anna, de l'espoir:
www.gregor-podgorski.com

Écrit par : glurps | samedi, 31 janvier 2009

Les commentaires sont fermés.

 
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