Avertir le modérateur

mercredi, 10 décembre 2008

Quand Rama Yade se justifie dans l'affaire "De Philippis".

Je cite Rama Yade, devant s’impliquer au sujet de l’affaire « De philippis » sur RTL. On peut commenter mot après mot le fonctionnement de la langue de bois de Yama Yade et montrer qu’elle nie son propre job, en étant pas assez ferme pour condamner même des pratiques au sein de son équipe, ce qui serait la moindre des choses si elle en avait :

-- « il s’agit des libertés individuelles ». Le concept flou entre « droits individuels » et « libertés individuelles » est confus selon moi, on peut considérer les libertés individuelles du prévenu, mais aussi de libertés individuelles du point de vue des flics qui sont assermentés, de l’intervention musclée à 7 heures du matin, des fouilles successives pour intimider, etc…/ Tout est réduit à l’individuel, alors que c’est un problème général et surtout de droit, à mon sens, plus que de libertés individuelles.

Ensuite, Rama Yade confirme son ambiguïté en faisant appel à l’histoire romaine (pourquoi aller si loin, notre démocratie n’est absolument pas romaine). Rappelant le droit romain, Rama Yade met en garde contre l’excès de droit qui est dangereux, que « l’excès de droit est aussi un excès d’injustice », et qu’il faut en cela distinguer l’esprit de la loi, issu du texte de la loi, de l’interprétation de la loi, de l’exécutif pouvons-nous en déduire, voire du policier qui intervient en tant que fonctionnaire de l’état. C’est pourquoi le discernement personnel concerne autant celui du simple fonctionnaire que du magistrat, selon moi. Le discernement concerne tous les discernements, même la faculté de discernement supposée du policier pour exercer sa mission de maintient de l’ordre public. Cette faculté propre et individuelle serait le fruit d’une situation valable pour la communauté des discernements de la police dont elle est investit. Or, si tous les discernements vont dans le même sens, alors, il y a un problème, soit il y a ordre, ou impératif de mettre entre parenthèse le discernement individuel. Il n’y a donc pour ainsi dire de « discernement » que de la collectivité, au sein de la police. Et comme chacun sait, en matière de discernement, dans un commissariat, celui qui dénonce un comportement problématique de ses collègues est aussitôt mis à l’écart par le bon discernement de ses collègues et la corporation. Rama Yade a donc beau jeu de faire appel à cette faculté individuelle du magistrat qui a donné l’ordre d’intervenir, elle ne se prononce pas tant que l’enquête n’a pas mise en lumière les choses. Elle ne se prononce pas du tout, en reste à la théorie du droit pour éviter de contrer son équipe.
En restant au plan individuel, Rama Yade justifie le fait de ne pas condamner une attitude générale de la police, que bien des événements montrent actuellement, dans la mesure où la presse est de plus en plus victime d’intimidation de la part du pouvoir. Rama Yade n’ose pas condamner explicitement ces méfais dans cette affaire, en noyant le poisson… Sa fonction véritable au gouvernement est de protéger les déviances et les infractions aux Droits de l’homme, plutôt que de les dénoncer. D’ailleurs Bernard Kouchner vient publiquement de mettre en question le poste de Rama Yade.

.. seulement selon elle, et c’est ici où elle se contredit le plus, Rama Yade considère que c’est ce qui est émotionnel qui doit alerter d’un écart à l’esprit de la loi, le mauvais discernement en somme, dans son application, car c’est parce que c’est perçu comme problématique qu’il y a un problème. Il semble que pour Rama Yade, c’est la perception du problème qui fait problème, et non le fait. Nous sommes complètement inscrits dans une démocratie émotionnelle, et c’est seulement le fait perçu par l’image, avec son potentiel médiatique qui sont pris en compte par le pouvoir. Ce qui fait que Nicolas Sarkozy a selon elle bien fait de monter une mission d’enquête au sujet de ce problème qui n’est donc pas général mais particulier, semble-t-il. Argument contradictoire avec l’idée précédente avancée par Rama Yade dans cet extrait, qui est qu’il ne fallait pas oublier ceux qui dans l’invisibilité ne « sont pas perçus » comme tels, faisant aussi l’objet de mal traitement par la police. Mais si ce qui est perçu pose problème, pourquoi ce qui arrive trop souvent mais qui n’est pas médiatisé poserait davantage de problème ?

Rama Yade conclut en affirmant que la liberté est le véritable emblème de la république.

http://www.rtl.fr/fiche/2702614/rama-yade-etait-l-invitee-du-grand-jury-rtl.html
(Première partie de l’émission)

Commentaires

Il me semblerait plus adéquate pour Mame Rahmatoullah Yade (la dite: Rama Yade) d'aller s'occuper des droits de l'homme dans son Pays d'origine (le Sénégal), ou sa position sera mieux comprise par les siens et ou le climat ambiant lui conviendrait égallement mieux!

Écrit par : liberte_fidelite_justice | jeudi, 11 décembre 2008

Votre allusion est douteuse, et mon papier ne vise pas Rama Yade en particulier, mais l'instrumentalisation d'un discours qu'elle diffuse. L'origine de la personne n'est pas en cause, c'est plutôt la diffusion "angélique" des Droits de l'homme (comme l'affirme Bernard Kouchner) que je dénonce. Cet angélisme contredit une situation intérieure en France qui demeure inquiétante.

Écrit par : indfrisable | jeudi, 11 décembre 2008

Les commentaires sont fermés.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu