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dimanche, 07 décembre 2008

Et en cadeau! un gode chauffant Philips

A propos de l'intervention d'Elisabeth Weissman, auteure de La nouvelle guerre du sexe

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L'offrande sensible (à propos du self-sex).

Ce que dit en tout cas Elisabeth Weissman sur la récupération des outils sexuels par le marketing et leurs "offres cadeaux", de leur banalisation en somme, et très intéressant. Recevoir en "offre cadeaux" un splendide gode en plus de sa caisse de pinard, ou en "coffret fête des mères", fait que le gode n'est plus connoté "glauque" -- ce qui faisait peut-être l'intérêt du sexe et de son folklore -- mais un objet aujourd’hui devenu "tendance". Les godes sont vendus en supermarché à proximité des préservatifs, au rayon "beauté". Il y en a de toutes les couleurs, de toutes les formes. Le plastique ou le métal, le parfumé à la banane, ou même le "chauffant", chez Philips. Ce réalisme douteux est assorti à la haute fidélité et à la transparence technologique qui doit être adoptée à tous les sens de la perception : toucher, visuel, écoute, goût. Plus rien n'échappe à l'offrande sensible.

drohojowska-philp11-14-12.jpg(Paul MacCarthy, Tomato head, 1994)

Totalement banalisée dans une consommation désexualisée, la ventilation du gode et de la jouissance sous toutes ses formes, trouve sa place dans la panoplie consumériste qui a tout canalisé, tout sectorisé. Ce n'est pas tant du fait que le néolibéralisme sans néo-conservatisme (sans belle morale) a saturé l'espace de la vie intime, mais qu'il absorbe les significations premières ou ammorales par des transgressions très pratiques, de manières à anticiper sur un mélange des genres inédit. Ainsi, la vie intime et les quelques orifices qui nous constituent sont médiatisés par toute une gamme de produits et d'instruments, lors d'une fête triviale symbolisant l'occasion consumériste, la fête des mères. De telle manière qu'il devient presque tabou de s'en passer en restant à une sexualité monotone et simple. Cette forme archaïque revient à "régresser" au sein du système, faisant oublier qu'il est avant tout un système régressif. On peut imaginer le temps où les pouvoirs publics alimenteront les pensionnats de ces instruments pour sensibiliser l'enfance à l'auto-éducation sexuelle. Car si la masturbation est toujours considérée comme un signe de misère sexuelle, dans notre vie post-moderne, il faut à tout prix la doter d'instruments qui rattachent sa part maudite à un fonctionnalisme pour le moins justifié. Désormais, on peut se masturber avec le marketing et l'occasion de la fête des mères. L'outil est totalement "décompléxé". Il peut tout autant devenir un signe de distinction sociale, décorer notre intérieur, coexister avec les souvenirs de vacances qu'on "exhibe" dans la salle à manger, avec les poupées, les "Pléiades", et les autres accessoires culturels. Le gode occupe sa vie d'objet profane dans la mesure où il a perdu son caractère "magique", totémique. Disparition du sacré manifestement très bien orchestré, comme est tout à faire trivial le fait de constater d'après une étude sérieuse, que la production des spermatozoïdes baisse chez les hommes.

Le gode montre une femme émancipée, et semble s’apparenter à une manipulation concertée de l’opinion publique, comme le faisait du reste Edward Bernays, l'inventeur des "relations publiques" pour l'industrie, quand il utilisait l'opinion féminine et la partie émancipée des femmes américaines progressistes, pour leur faire adopter le désir de fumer, comme par rébellion. Ce mec là a vendu ses services à Lucky strike, et a rendu à cette entreprise un fier service ; il aura permit d'augmenter la consommation de clope, en  faisant adhérer la partie des femmes au USA qui n'avait pas encore accès aux cigarettes. Il a organiser un changement radical de la perception sociale de la cigarette. On peut affirmer que ce qui se passe aujourd'hui avec les godes en cadeaux, et leurs usages banalisés, participe de cette émancipation sexuelle et sociale, qui passe symboliquement par la récupération du phallus détenu par les hommes. Le rituel d'appropriation du pouvoir se rejoue à toutes les époques. Les femmes montrent, quand elles assument cette faculté émancipatrice qui consiste à consommer du gode comme n'importe quel objet culturel, une propension à oublier que la consommation et le marketing sont des formes phallocratiques du pouvoir.

 

Commentaires

Superbe article, je vous remercie pour votre aide et notez dans un premier temps que je partage moi aussi pleinement cette opinion. Hum, votre travail est sincèrement excellent, je viens de découvrir votre site et l'ai entièrement parcouru ! NB : Ca fait du bien de vous lire !

Écrit par : cigarette electronique prix | mardi, 27 avril 2010

Merci pour vos encouragements...
Comment avez-vous trouvé mon site, est-il répertorié autre part que sur 20 minutes?

Cordialement
Indfrisable

Écrit par : indfrisable | jeudi, 29 avril 2010

I am sure, you have a large readers' base by now!Been reading through your blog page for the while now so I thought I would as a final point drop a comment.

Écrit par : Jordan Spizike | mercredi, 06 juillet 2011

Les commentaires sont fermés.

 
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