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jeudi, 24 juillet 2008

Suite parisienne

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mercredi, 23 juillet 2008

Le discours de Bétancourt, absente des cérémonies du 14 juillet, n'a-t-il pas été remplacé par celui de Kad?

Cérémonies du 14 juillet : jeu des chaises musicales.
 
L'affaire Ingrid Bétancourt est à la lisière du fait politique et du fait divers : Ingrind Bétancourt est une otage politique parce que initialement femme politique. Or, le malaise d'aujourd'hui qui sature la réflexion politique est justement la confrontation systématique du fait politique avec le fait divers, avec les choses de la vie ordinaire, du quotidien. La "rue" prétend que "le monde politique est coupé des réalités du monde!". Et le monde politique ne se lasse pas de fantasmer ce monde ordinaire, voire chaotique. Il fait donc appel à ceux qui sont en prise directe avec cette clameur populaire : les artistes de "Bienvenue chez les Ch'tis22millions d'entrées", Kad et ses Ch'tis, en phase avec la clameur populaire qui commémore une victoire héroïque révolutionnaire 14 juillet, de la prise de la Bastille.
A travers ce mélange des genres, auquel Sarkozy nous a éduqué depuis plusieurs années -- par la soumission d’une presse et des médias  fragilisés de toute part -- la question morale générale devient, après le calvaire de Bétancourt : comment oser se plaindre de la moindre oppression(professionnelle) si on n'a pas connu les conditions de la prise d'otage extrême?
De fait : Sarkozy minimise de façon méprisante et explicite le rôle des syndicats en France devant ses troupes.

Quelque part, avec Ingrid Bétancourt, le monde politique est sorti d'affaire. Il rencontre un peu avec cette aventure une période de soumission héroïque par l'exception qui confirmerait la règle. A l'inverse, lors de jeux sexuels très codés, quand les hommes de pouvoir sont blasés par le pouvoir, ils aiment se faire flageller en secret par les plus faibles. En pratique, l'exercice cynique des régressions masochistes, doublées de mères de substitution oppressives. Carla B. peut-être ? Bétancourt ne jouait pas, au contraire des cyniques.
 
De plus, étant entendu que Bétancourt était déjà une personnalité du monde politique avant son enlèvement, la valeur de l'otage était une manne aussi bien pour l'industrie médiatique humanitaire que pour les Farc évidemment. Par contre, le risque qu’encourt Bétancourt aujourd'hui est de se "pipoliser". Elle le comprend bien et refuse de participer aux cérémonies pour cause de fatigue.
De fait : lors des cérémonies du 14 juillet, il fallait créer, à cause de l'absence de Bétancourt dans les tribunes -- c’est toujours une tradition sarkoziste de communication -- plusieurs évènements transgressifs pour effacer les faits politiques des faits quotidiens. Il fallait mettre sur un même plan, dans une même tribune Hafez el-Assad et le comique talentueux Kad Merad. Certes, la présence du syrien Hafez el-Assad devant le défilé des Casques bleus annonce une transgression politique qui repousse la limite de la condamnation du terrorisme d'état. Mais autrement plus grave est la présence de Kad dans cette même tribune, qui symbolise l'entrée de l'univers people ou des personnalités populaires au sein de l'univers politique. Si bien que l'équipe de l'Elysée veut faire considérer à tort que Kad faisant un discours officiel dans les tribunes est le signe d'une présence symbolique forte, le symbole d'une communion régionale oppressée par un pouvoir centralisé à Paris, présence appelée en renfort après l'annonce de l'absence (décevante) de Bétancourt dans les tribunes. Le mélange des genres est douteux mais se régénère de discours, d'une mobilisation des genres démesurée.
 
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(source du site Le Parisien) 
 
Kad Merad est invité deux jours avant les cérémonies du 14 juillet.
Peut-être parce que Ingrind Bétancourt hésitait deux jours avant... 
 
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(source TF1, c'est vous dire!!) 
 
Il fallait combler l'évènement par une nouvelle histoire croustillante, inviter la transgression Kad pour continuer de garder le rythme, contre celui que pourrait s'approprier un jour les médias. Les storytellers de l'Elysée bûchent chaque jour au feuilletonnesque nivellement des faits qui mélangent ingrédients politique et mise en scène people. Cuisine surfaite et graillon consensuel assuré, même lors des grandes commémorations nationales.
 

C'est pourquoi, en terme d'intensité médiatique, l'absence du discours d'Ingrid Bétancourt a été, d'une certaine manière, remplacé par celui de Kad Merad.

vendredi, 18 juillet 2008

Maison-niche, Moselle

 
 
 
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jeudi, 17 juillet 2008

Détail fenêtre, lumière d'après-midi, juillet, Paris

 
  
 
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samedi, 12 juillet 2008

Frank Gehry est-il un architecte kitch ?


Le travail architectural et "sculptural" de la célèbre icône Frank Gehry fonctionne dans le réseau de la globalisation comme une image de marque, un logotype monumental, qui à l'instar de Nike pour un domaine d’activité donné, augmente le prestige d'une ville et de sa cotation immobilière. L’influence est pour ainsi dire locale et mondiale, car les tour operators misent autour de ces nouveautés culturelles, ainsi que les biennales internationales, qui sont les prétextes au développement organisé d’un tourisme culturel, alternative au tourisme à la papa.

Faire appel à Gehry dans un projet d’urbanisme, c’est inviter en « guest star » une sommité de l’architecture, c’est faire « signer » de son nom un projet d’investissement culturel, social et industriel prometteur.

Paul MacCarthy 
286565324.jpg On peut résumer le travail de l’architecte comme une mise à mal des valeurs traditionnelles de l’architecture modernistes et postmoderniste. Le célèbre musée de GUGGENHEIM BILBAO contredit de par ses courbes et ses sorties incohérentes les principes de l’architecture pure moderne. Elle sont l'emblême de constructions qui auraient pris trop au sérieux les baudruches extravagantes et grotesques (mais critiques) du sculpteur Paul MacCarthy. Ce sont les formes kitch qui s'affirme comme séduction, dans le domaine de l’architecture muséale de pointe. Les courbes font parler d’elles. A-t-on affaire à un gag? Un dernier toon inédit des studios d'animation Disney? Les forme excentriques sont par contre facilement reconnaissables, et l'architecte impose un style direct. Le monument est couvert par le bouche à oreille du grand public et des organismes touristiques. Les formes alambiquées de Gehry marquent l’imaginaire collectif de l’industrie culturelle dans le réseau international des tour operators. Il tire son inspiration des parcs d'attractions pour enfants et systématise à tout les ordres du monde l'infantilisme ludique de l'industrie culturelle. Le masque ludique du monument muséal fait ainsi oublier que tout le reste est envahi d'infantilisme, que le monde des adultes recherche la valeur infantile comme standing culturel, comme on trouvait jadis dans la pierre de taille le goût d'un certain standing et l'affirmation de sa position sociale. Le plastique, les matériaux pauvres, les jouets "designé" et monumentaux rencontrent leur public. Sur ce point l'industrie automobile verse de la même manière entre le standing de prestige et le jouet. 
 
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Frank Gehry, Musée GUGGENHEIM, Bilbao, Espagne.
 
Le projet récent pour la construction d’un complexe culturel dédié à l’image, d’une « Cité de l’image » à Arles, est un investissement de nature privée. 100 millions d’euros à Arles d’ici à 2011 vont être investis par la Fondation Luma. L’influence principale est celle d’une ville lumière, celle de Rome. Gehry fait de la « simulation » un moyen excentrique de communication :"Une sorte de cité de l’image qui doit projeter la cité romaine dans le XXIe siècle." La simulation d’une Rome antique postmoderne, qui garde ses principes n’est pas pour faire oublier la forme de citation culturelle à l’œuvre dans d’autres disciplines et en particulier l'art contemporain, à l’instar de ce que Quantin Tarantino produit pour le cinéma : une suite de citations de la culture cinéphilique et du cinéma populaire.
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Frank Gehry , projets pour la Cité de l’image, pour Arles. 

 
 Plutôt qu'une "petite Rome culturelle", le projet pour Arles sera probablement un vulgaire centre commercial destiné à la stricte consommation culturelle. F. Gehry représente ce type de designer culturel au service des grands groupes. Il fait de ses monuments de véritables logos, très efficaces comme véhicules publicitaires (Bilbao, etc...).

 
 Ce projet de reconstitution à Arles par F. Gehry semble reprendre la notion donnée par R. Venturi de l'architecture "canard", qu'il distingue du "hangar décoré", dans son livre manifeste de l’architecture postmoderne sur Las Vegas (Learning from Las Vegas, 1972). Pour Venturi, le modèle du « hangar décoré » est moins aliénant que le « canard », car si « hangar décoré » conservait ce côté "ordinaire" de l’architecture vernaculaire du symbole et du message distincts, de la marque comme séparée de l’architecture, il considérait avec plus de suspicion les "canards", qui adoptent une forme plus héroïque, plus spectaculaire de la communication publicitaire. Avec l'architecture "canard", il ne faut faire aucun effort pour chercher l'information, tout est « subsumé sous une forme symbolique d’ensemble » où on ne différencie ni l’espace, ni la structure, ni le programme. Le hangar décoré étant ordinaire et moins visible, il procure au consommateur une maîtrise de son choix.
 
 
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462482799.jpgL’édifice Maggies Centre  de Frank Gehry, selon les commentateurs, ressemble certes à un phare, mais nous décelons chez Frank Gehry l’influence directe de l’architecture « canard ». Il y a chez l’architecte une attirance pour le style « canard », définit par Richard Venturi au début des années soixante dix dans son célèbre manifeste pamphlet sur Las Vegas. L’architecture « canard » est un type d’architecture sculpture qui apparaît pendant les années 30 aux Etats-Unis, et qui figure aux abords du « Strip » de Las Vegas. Venturi fonde une critique postmoderne de cette manifestation architecturale et urbaine, qui représente le paradigme de l’architecture urbaine après l’apparition de la piazza romaine. Selon lui, "Las Vegas est au Strip ce que Rome est à la Piazza".

Venturi marque néanmoins sa préférence pour l’architecture plus ordinaire du « hangar décoré » et de l’architecture vernaculaire, des sillots à grain. Ici, la notion d’architecture « canard » est détournée par l’architecte au profit d’une démarche symbolique et sociale : l’ouverture d’un lieu de cure « destiné à l'assistance et à l'accueil des malades et de leur famille ». Il retire à l’architecture « canard » sa fonction qui est de réunir en un seul objet symbolique l’espace, la structure et le programme. Rien n’indique dans la forme de l’ouvrage un quelconque contenu programmatique lié à la médecine, à un l’Institut social contre le cancer. Si l’architecture « canard » fait coïncider en un seul bloc la forme de l’édifice et ce qui est vendu à l’intérieur, l’architecte ne reste fasciné que par le caractère kitsch et spectaculaire del’architecture « canard ». 
 
1744880217.jpgMaggie Cancer Care Centre. Frank O. Gehry
Dundee (Écosse). 2003
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Comment ne pas voir une influence esthétique avec l’architecture « canard » prise comme modèle théorique par Venturi pour définir sa notion ? 
 
 
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  Le Big Duck à Flanders dans l'état de New York, construit en 1931.
 
 
Les similitudes sont flagrantes. Ne serait-ce que par le bec et la porte sous le « bec » qui néanmoins se touchent sur le Maggie Cancer Care Centre.

Gehry s’emploie à rester fasciné par le kitch, il sait que cet aspect spectaculaire porte, (aspect dénoncé avec raison par R.Venturi) pour décrocher un accord fondé sur la publicité inhérente de l’édifice, un feu vert acquis pour l'architecte de la part des instances décisionnaires.

Par contre, à l’inverse, lorsqu’il s’agit pour l’architecte de promouvoir l’officine de Walt Disney, il s’inspire directement du motif culturel de l’architecture muséal « tendance », auxquelles les biennales internationales se rattachent. Walt Disney a perdu son kitch fondateur, pour augmenter sa valeur culturelle. Ce qui fait du parc d'attraction Disney un "canard", où les formes naïves de l'attraction d'ensemble est en adéquation avec le réenchantement prôné à l'intérieur, disparaît au profit cependant d'une architecture institutionnelle-excentrique, rendue possible par l'intervention du nom prestigieux que vaut Gehry dans le marché des édifices luxueux. 
 
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Walt Disney concert hall 2003 111 S Grand Av, W 1st Street,
W 2nd Street, Central City,  Los Angeles, Californie California, Etats-Unis  USA
 
Selon Hal Foster (Design & crime), Gehry remet en question les distinctions de l'architecture "canard" et du "hangar décoré". Son "Fish Sculpture" est en même temps "canard" et "hangar".
 
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Mais Gehry remet aussi en question la distinction entre les formes kitch et les formes dites  sérieuses. Il transfert le peu de sérieux de la pauvreté formelle générale de l’industrie culturelle, honteuse d’elle même, prise dans la manie du design, à la qualité symbolique de l’ouvrage digne de ce nom. En somme, il reste à savoir quelle réelle différence il y a entre le Walt Disney concert hall et le Musée GUGGENHEIM de Bilbao ?

 
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