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lundi, 07 juillet 2008

Vidéo "off" sur France 3. Bloc haute tension

 
 
1316874832.pngCette vidéo fait parler d'elle : déjà 1 000 000 de visionnages de la vidéo "off" d'une intervention officielle sur France3 du Président de la République, télévision publique en pleine déconfiture. Leçon de provocation magistrale.

Nous avons difficilement en image le moment où on ne dit pas « bonjour » à Monsieur le Président. Le technicien semble ignorer un Président courtois, c'est une personne peut-être directement visée par les prochaines réformes dans l'audiovisuel public. Le comité d'acceuil en colère n'a pas fait preuve non plus de beaucoup de courtoisie. C'est une profession en colère. Sarkozy aura été une nouvelle fois piégé par le "off", traquant les effets de sa spontanéité, de sa nervosité maladive. Il voudrait que tout le monde l'aime, mais on ne gouverne pas comme un leader de la Star Académie. Quelle sera la provocation du lendemain? Elle est déjà écrite, elle est notre spectacle, et le pire est que nous faisons peut-être semblant, chaque jour de nous en émouvoir. Nous sommes quelque part les personnages conçus pour ce Storytelling. Programmés pour nous émouvoir à tort ou à raison.
 
Reste à imaginer si Sarkozy ne recherche pas ces moments de dérapage pour émouvoir, plus que pour scandaliser, car il donne jour après jour une "image" pitoyable de l'Etat. L'Etat n'est pas une image mais la puissance, un effet de dissuasion toujours occulte pour faire la dissuasion. En face, une démocratie d'émotion (qui n'est même plus d'opinion) surjoue ses excès d'humeur, accro à son fix quotidien de scandale. Storytelling de la dernière heure, cette dramaturgie de l'impuissance politique fait chaque jour son épisode chaud en rebondissement. Le tempo du scénario impose à chaque jour un nouvel épisode, pour nous faire oublier quoi? Et jusqu'à quand?

En ces temps difficiles, Sarkozy cherche à endosser le rôle de la victime. Le pouvoir transfuse dans les médias et quotidiennement la parodie de sa puissance. Si Chirac se voulait intouchable, Sarkozy agonise chaque jour un peu plus et atteint ce toucher compassionnel du joueur de catch. Tout le monde fait semblant de s'émouvoir, joue le jeu. C'est le Buster Kiton de la politique, son corps rebondit comme une marionnette. Si on regarde bien la vidéo, son front a sur son côté droit les marques de bleus. Aussi, il y a peu, sa femme se plaignait dans Libération de "survivre" malgré tout. Seuls contre tous, les Sarkozy doivent assumer les polémiques au sein de leur propre camp, doivent même s'émouvoir du silence d'un technicien peu disert. Il sait que de toute part il ne laisse pas indifférent. Les mots qu'ils utilise sont souvent forts, sans nuance, on se souvient du "karcher". Il est pas étonnant que lors de telles tensions, lorsque des catégories sont littéralement montrées du doigt, un effet "retour" ait lieu. Le terrain de la manipulation de l'opinion reste une stratégie bien rôdée, ce qui est déjà un scandale politique, bien plus qu'un trait exotique de sa psychologie incertaine. Nous serions alors au niveau de la communication politique dans une mise en scène contrôlée du scandale, une mise en spectacle d'une hystérie politique, ce qui constitue en soi la poursuite en pilotage automatique du Storytelling que veut nous faire suivre l'équipe en place. Il se fonde sur un enchaînement contrôlé des scandales, mis en scène, assez proche me semble-t-il de performances conçues dans l'art contemporain. Il incarne à mon avis l'hystérie politique dans sa volonté de garder, de conserver le contrôle des outils du contrôle de l'opinion. sarkozy est en ce sens un véritable performer, bien qu'il ne soit pas un arstiste issu de l'art contemporain. En revanche, l'art contemporain et sa maîtrise de la mise en scène du scandale comme genre nous apprend beaucoup du fonctionnement en politique de notre personnel politique.

Certes, l’ambiance est tendue dans les locaux de France 3, mais Sarkozy vient tout sourire communiquer deux messages : un message officiel sur la "feuille de route" de sa direction européenne et un message officieux destiné non seulement au personnel de France 3 mais aussi à toute la profession journalistique : « ça va changer, là ! », ça va changer, désormais...

Une menace déguisée dirigée contre la chaîne mais aussi contre un corporatisme journalistique de manifestants éventuels qui revendiqueraient l’indépendance du métier à l’égard du pouvoir.
 
On doit aussi mettre en rapport cette mise au pas avec l'intervention policière contre une fête organisée à la Goutte d'or le 27 juin dernier, et contre laquelle une provocation de "présence policière" aurait conduit à une sévère dispersion au gaz d'enfants, de femmes et d'hommes qui venaient passer une bonne soirée. Ce n'était pas une rave mais une fête légale. La méthode est subtile, il suffit de faire acte de présence, de provoquer par surcroît de présence,  ostensiblement. Le régime qu'impose l'Etat à différents niveaux est donc de nature provocante, autoritariste, interventionniste. Qu'on se le dise une fois pour toute!

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