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vendredi, 27 juin 2008

La mainmise d'internet pour les intérêts électoraux de l'Etat

 
 
«Les chaînes de télé font fermer les «gros comptes» de Dailymotion». Cela confirme le rôle d’un Etat conservateur, qui a pour fonction de conserver coûte que coûte son pouvoir pour se faire réélire. Etat qui utilise toujours un outil en voie d’extinction, la télévision publique, mais qui panique à l’idée de perdre le contrôle de l’opinion publique. Certes, cette télévision du pouvoir est concurrencée aujourd’hui par internet, il est donc urgent de mettre au pas les diffuseurs de télévision dite « pirate » sur le net, en l’occurrence Daily motion, afin de maintenir la mainmise du pouvoir sur le réseau internet. Le rapport Copé n’est que cela, une menace déguisée à l’intention des diffuseurs du web, en vue de recadrer leur rôle qui est désormais de servir les intérêts de l’Etat souverain. Mettre aussi au pas les internautes qui ne trouvent d’ailleurs aucun intérêt à regarder la télévision. L'alternative de l'Etat consiste à rabattre les internautes sur leur boîtier télévisuel sans passer par le réseau. Mais la dissuasion de la fiscalisation du net par la redevance publique ne va pas les en éloigner. Ces derniers chercheront quelque part à rentabiliser cette redevance injuste en consommant encore plus de programmes pirates, non pas par esprit de transgression, mais par souci de justice. En plus d'une convergence des médias qui contredit une situation qui va de plus en plus se centraliser à partir d'une unité placée dans la maison. La télévision.2 concurrence le net.2. Nous sommes en train de tomber dans l'ère post-télévisuelle.

Je ne crois pas que ce soit une régression type "ORTF" comme l'affirmait dans son édito du 26 juin le directeur de Libération Laurent Joffrin, mais une involution de la télévision. Employons les grands mots... Gilles Deleuze distingue dans Mille Plateaux, la régression de l'involution, forme dégradée de l'évolution d'un système dans son devenir, qui s'applique toutefois aux minorités, et non aux grands systèmes dominants. Il cherchait à répondre à la question de l'involution : comment une femme peut devenir une femme? Comment un enfant peut-il devenir un enfant? Et aujourd'hui, comment un téléspectateur peut-il devenir un téléspectateur?... Cette question a à mon sens une importance capitale, pour re-définir une démarche citoyenne.

Il aborde sa relation d'interdépendance comme un citoyen qui n'a pas oublié de l'être, et trouve des résistances, des parades pour s'informer, trouver la bonne information. Alain Finkielkraut lors de son dernier Répliques, a manifestement marqué son mépris dans un "chapeau" polémique, contre la forme du Blog : "France Culture n'est pas un blog". Sous prétexte que sur un blog on dit forcément n'importe quoi, il confond comme de tradition le médium avec le contenu. Critique éternelle des conservateurs mis en danger...
 
Pourquoi un professionnel de la communication philosophique, qui n'a pas crée un seul concept valable, dont le travail n'est pas du tout discuté dans la communauté des philosophes, s'acharne-il à dénoncer les blogs, fait-il le gardien de la bien-pensance? C'est ce mérpris et cette intolérance qui sont scandaleux.

Paris, 2008, Interludes & Le jardin éphémère

 
 
Voici quelques interludes qui pourraient faciliter les transitions désormais nécessaires à la télévision du service public. A chaque censure, on pourrait d'ors et déjà donner quelques images d'un Paris diversifié, mélangé, métissé, en voie certaine de sa privatisation annoncée. D'une capitale à l'image de sa télévision publique. En prévoyant bien entendu que pendant les périodes estivales, on substituerait aux images de la capitale des images de province, de nos campagnes et de nos sites merveilleux. Il fait bon vivre en France ! Et le CSA veille au grain, nous protège.
 
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Sa place du Châtelet 
 
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Son bloc électrique
 
 
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Sa végétation
 
 
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Ses camping car
 
 
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  Sa végétation.
 
 
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Le jardin éphémère, "parcours pédagogique".
 
 
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258349947.jpgSur le parvis devant l'Hôtel de ville de Paris, une exposition sur le jardin naturel bio documente et passe en revue les multitudes de plantes "naturelles" du "jardin bio". Ambiance "Paris plage", arrosoir géant, etc... le bon goût est aussi éphémère que ce modèle de jardin en vogue. Certaines parties du jardin servent de zones de repos et de bronzage, des allonges sont élégamment présentées, et facilitent le plaisir du farniente. A certains endroits, des planches que les enfant en bas âge éviteront se terminent en volutes dirigées vers le ciel. Ni le Parc de la Villette, ni le Parc des Buttes Chaumond ne seront détrônés avant longtemps. ils sont aussi dans l'univers urbain des parcs éphémères.

Sur la brochure de présentation, on nous annonce le modèle du jardin éphémère, avec ses 110000 espèces potentiellement viables dans Paris, preuve d'un Paris vert, d'un pari écologique. Tout est très sympathique. Le concept de jardin éphémère n'est pas celui qu'on termine, ou que la main de l'homme "range", voire jette. C'est un éphémère naturel, me semble-t-il. Naturellement éphémère. Mais dans quelques semaines, ces arbres et ces plantes seront déracinées, peut-être jetées. Le respect pédagogique fera place au saccage de ce qu'on a chérit. Le temps de faire passer quel message?

Ephémère s'applique-t-il au parc, aux plantes elles-mêmes, au fait que tout ce qui est urbain est de toute façon éphémère, et doit fatalement disparaître un jour ou l'autre, remplacé par d'autres constructions, voire d'autres jardins. Les espèces sont éphémères, elle disparaissent quand les conditions de vie changent, se transforment. Il semble utopique que Paris se satisfasse de la sauvegarde et de la transmission pédagogique de ces milliers d'espèces.
 
Voici quatre principes dont fait état le jardinier Gilles Clément pour considérer le jardin dans son rapport à la nature :

- le jardin ne recevra ni engrais, ni pesticides, ni assistance d'arrosage;
- il ne sera pas fixé une fois pour toutes et tout changement naturel sera accueilli favorablement;
- il ne sera pas l'objet d'une lutte incessante contre la nature, qui transforme le jardinage en travaux forcés;
- la dynamique naturelle du vivant sera apprivoisée pour la guider vers une "forme de jardin".

Ceci va à l'encontre du jardin éphémère qui meuble le parvis de l'Hôtel de Ville, vaste simulacre d'une nature à dompter, sous un apsect pseudo sauvage. La pédagogie dessert la nature. Le jardin éphémère institutionnel bio rejoint le bio musée, modèle de simulation qui fétichise les usages et les instruments du passé, de la culture, "pétrifie" par une couche de vernis culturel une situation introuvable, et ceci à des fins pédagogique. Et comme chacun sait, faire l'histoire c'est chercher à comprendre ce que les historiens n'ont pas pu trouver.




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Paris, "jardin éphémère".


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Commune de Paris, 1871. Les ruines de l'Hôtel de Ville de Paris, après l'incendie


Ce qui restera éphémère, ce sera toujours nos monuments, notre Hôtel de Ville de Paris, qui a été détruit pendant la Commune de Paris en 1871 du reste, puis reconstruit, et toujours en passe de disparaître. De toute façon, les plantes sauvages repousseront toujours par-dessus toutes traces de culture. Et le projet de la Mairie de Paris est de faire oublier, quelque part, avec cet évènement pédagogique sur le jardin éphémère, que c'est surtout elle qui reste éphémère. Les hommes poltiques qui l'ont habités seront de toute façon si vite oubliés.

Pourquoi certains personnages politiques ne s'oublient pas? Par rapport à ce qu'ils ont réussis à conserver, ou réussis à construire?
 

jeudi, 26 juin 2008

Retour à l'ORTF, F. Bayrou avait-il raison?

La presse en premier lieu s’inquiète du rapport Copé sur la réforme de la télévision publique, officialisé en grande pompe hier, mercredi.
Les réactions proviennent principalement de la presse, qui semble directement concernée.

     « Dans «La République des Pyrénées», Jean-Marcel Bouguereau juge pour sa part que ce projet revient à «dresser en pointillé l'acte de décès  de la télévision publique». «Les inquiétudes ici sont légitimes, à plus forte raison lorsqu'on apprend que le futur patron de la holding sera nommé par l'exécutif, comme au pas très bon vieux temps de l'ORTF», affirme «Le Dauphiné Libéré» sous la plume de Didier Pobel. » (source 20 minutes).

Si le « patron de la holding sera nommé par l’(e pouvoir) exécutif », ça confirme bien l'idée que ce Président veut brider les médias. Cette hypothèse était défendue par le centriste François Bayrou.

Bayrou a fondé en partie son message politique lors de la campagne nationale de 2007 sur cette dénonciation d’une mainmise de Sarkozy sur la presse (et bientôt sur les blogs si nous devons rester lucide). Il a désormais de la matière pour augmenter les arguments de sa prochaine campagne nationale. De même, s'il dénoncera la mainmise du pouvoir sur la télévision publique, il demeurera néanmoins toujours aussi sensible aux sirènes de l'économie de marché... Contradiction idéologique?

Ne restera pertinent donc politiquement tout ce qui peut échapper aux logiques de marchés, car seules ces positions auront la liberté de critiquer cette main mise. Le système de la privatisation des marchés n'engage que ceux qui pactisent avec lui, alors comment peuvent-ils le critiquer efficacement ?

En somme, beaucoup de monde… et presque tous les politiques sympathisent avec ce système, ils en vivent. Mais c'est l'Etat qui en fera les frais, car Sarkozy est dangereux pour l'Etat et son idéal démocratique. Sa politique sécuritaire le concerne en premier lieu, car c'est avec lui l'idée de l'Etat qui s'effondre. La télévision privée et ses dirigeants ont si peur de perdre l'audience que lui vole l'usage que généralise internet qu'ils implorent au pouvoir de redistribuer les cartes, de reprendre l'autorité d'un pouvoir qui contrôlera davantage l'opinion générale lors des prochaines élections, car la télévision est l'instrument principal de conservation du pouvoir, elle ne sert qu'à cela. La Droite au pouvoir sait que c'est principalement avec la télévision que le pouvoir se conserve, elle veut surtout avoir la mainmise sur internet. Les temps de "réponse" qu'a l'opposition à la télévision est d'ailleurs sujet à polémique.

Plus filou que Berlusconi : ce dernier était une force extérieure à l'Etat. Aujourd'hui, Sarkozy aborde sa liquidation programmée, en plus de mai 68, c'est l'Etat qu'il faudra sauver. La réduction des fonctionnaires, les déremboursements sur tous les médicaments pour donner la gestion de la santé aux domaines privés et aux mutuelles, c'est un seul et même système de faillite du rôle de l'Etat, qui a abandonné sa fonction régalienne. "Nation" veut dire naître au sein d'un pays. Nous naîtrons désormais dans un système entrepreneurial. Notre nation sera l'entreprise, et notre seul droit sera de lui servir. Bayrou en restera-t-il à une critique sommaire de l'effet Sarkozy?

mercredi, 25 juin 2008

De la "Gauche caviar "à la "Droite people".


La droite incarnée par Sarkozy que dénonce Libération et d’autres journaux sous le nom de « bling bling » me semble complètement erroné.

Sarkozy n’incarne pas tant la richesse matérielle, même si le personnage est supposé fasciné par le clinquant, mais le goût du peuple, non pas de l’inculte mais de l’aculturel. En témoigne sa photographie officielle d'entrée au pouvoir, commise par un artiste people "paparazzi", avec tout le respect que je dois à ce métier, néanmoins. Il se plaçait à l'opposé de Mitterrand, lecteur revendiqué. Sarkozy ne lit pas, il agit, c'est le message évident de l'image.

Car il est normal, même chez les intellectuels, de remettre en doute la Culture, dans un univers où l'industrie culturelle a tout séparé, a rendu tout "inauthentique". Les cultures populaires offrent néanmoins des alternatives que le blog rend possible, mais il faut s'attendre à ce qu'une chappe de plomb s'abatte sur une libre expression populaire, qui est pour le coup, la culture singulière des personnes et non des personnalités (people). Sarkozy veut sans doute consciemment ou inconsciemment incarner la haine des cultures (populaires et universitaires, et le piège principal réside dans la hiérarchisation discriminante qui encourage à cette haine), n’en déplaise à celle qui chercherait à lui faire reconsidérer cette « matière » parmi des intellectuels choisis sur le volet.

Il est à lui seul la droite people, droite populaire des pseudo personnalités sans culture, des parvenus inavoués, que la gauche des années quatre vingt a fait apparaître et qui se trouvent aujourd'hui décomplexés. Ainsi, la « réponse » de Sarkozy est à l’inverse de l’identité que la gauche sous Mitterrand s’est forgée, s’est construite. Celle que les médias ont appelé la gauche caviar consistait plutôt en une fascination pour le luxe, confronté à l’oubli de ceux auxquels elle était censée représenter.

Le tournant libéral avait été donné depuis les années quatre-vingt, ce qui rend vieillots les débats actuels sur une gauche libérale ou non, étant rangé son aspect révolutionnaire. Si bien que si la Droite people succède après le trou noir du chiraquisme, en définitive à la gauche caviar, les deux caractéristiques se touchent et laissent pointer sur sa bordure Jacques Lang, la pure incarnation de cette limite. D’ailleurs, ce Monsieur le Ministre de la Culture a très vite rejoint une commission pour travailler pour l’équipe actuelle. C’est pourquoi il reste aujourd’hui un personnage très important symboliquement, que je déteste néanmoins.

vendredi, 20 juin 2008

DESIGN TOTAL : espace de jeu menacé

630090863.jpg NOUS SERIONS PASSÉS SELON HAL FOSTER, HISTORIEN ET CRITIQUE D'ART AMÉRICAIN, OU PLUTÔT REVENUS, À UNE SITUATION D'AVANT LA MODERNITÉ EN ART. LE POSTMODERNISME DANS SA VOLONTÉ DÉMOCRATIQUE N'AURAIT PAS SU NOUS PROTÉGER D'UNE MAIN MISE DES MARCHÉS SUR LA SUBJECTIVITÉ ET L'IDENTITÉ.

"Peut-être est-il temps de renouer avec le sens politique de l'autonomie et de sa transgression, avec le sens de la dialectique historique des champs disciplinaires et de leur contestation  - bref, d'essayer à nouveau de "de donner à la culture un espace de jeu".

Cet "espace de jeu" était ce que regrettait un siècle auparavant Adolf Loos, dans son pamphlet contre l'Art nouveau, "Ornement et crime", (1908) où il constatait qu'avec ce "crime" de chercher à tout ornementer, de chercher à décorer toute forme construite, aussi bien industrielle qu'artisanale, "l'espace de jeu" de l'art était impossible. Foster regrette à son tour que le postmodernisme n'ait pas retenu le danger faussement libératoire et démocratique  de l'hybridation à outrance, du mélange des genres et des disciplines, devant sa récupération par les marchés, les industries culturelles ou consuméristes. Le postmodernisme, qui s'est acharné contre "l'autonomie" revendiquée du modernisme -- et dont Greenberg en fût le gardien forcené --, reviendrait à un style Art nouveau. Il participe de cet "Art total" de jadis qui se fait aujourd'hui "Design total". Et le marché post fordiste annonce cette nouvelle ère.

Parmi les trois moments historiques relatés par Foster pour montrer l'importance croissante du design au sein des disciplines, l'ère post-industrielle ou post-fordiste est la dernière forme avançée de la société de consommation. Le moment post-fordiste est celui où on considère que les produits ne sont pas tant conçus de façon sérielle (ce qui donnerait au travail sériel "Warholien" ou minimaliste une forme caduque pour rendre compte de notre temps, en art), mais conçus de façon à donner l'illusion d'adopter chaque désir unique et "authentique" du désir de chaque consommateur, de manière à flatter sa subjectivité. A la différence de laquelle un consommateur n'est plus construit au sens classique du terme, au sens postmoderne, mais "désigné". Ce consommateur désigné croit dessiner sa personnalité en achetant l'éventail élargi de la production, seulement, l'espace de jeu est aussi inexistant que l'espace absent de l'Art nouveau, tant contesté par Adolf Loos. Sans cet espace de jeu, l'art ne pourra s'émanciper de la forme "Spectacle" auquel il s'identifie.

 
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