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jeudi, 26 juin 2008

Retour à l'ORTF, F. Bayrou avait-il raison?

La presse en premier lieu s’inquiète du rapport Copé sur la réforme de la télévision publique, officialisé en grande pompe hier, mercredi.
Les réactions proviennent principalement de la presse, qui semble directement concernée.

     « Dans «La République des Pyrénées», Jean-Marcel Bouguereau juge pour sa part que ce projet revient à «dresser en pointillé l'acte de décès  de la télévision publique». «Les inquiétudes ici sont légitimes, à plus forte raison lorsqu'on apprend que le futur patron de la holding sera nommé par l'exécutif, comme au pas très bon vieux temps de l'ORTF», affirme «Le Dauphiné Libéré» sous la plume de Didier Pobel. » (source 20 minutes).

Si le « patron de la holding sera nommé par l’(e pouvoir) exécutif », ça confirme bien l'idée que ce Président veut brider les médias. Cette hypothèse était défendue par le centriste François Bayrou.

Bayrou a fondé en partie son message politique lors de la campagne nationale de 2007 sur cette dénonciation d’une mainmise de Sarkozy sur la presse (et bientôt sur les blogs si nous devons rester lucide). Il a désormais de la matière pour augmenter les arguments de sa prochaine campagne nationale. De même, s'il dénoncera la mainmise du pouvoir sur la télévision publique, il demeurera néanmoins toujours aussi sensible aux sirènes de l'économie de marché... Contradiction idéologique?

Ne restera pertinent donc politiquement tout ce qui peut échapper aux logiques de marchés, car seules ces positions auront la liberté de critiquer cette main mise. Le système de la privatisation des marchés n'engage que ceux qui pactisent avec lui, alors comment peuvent-ils le critiquer efficacement ?

En somme, beaucoup de monde… et presque tous les politiques sympathisent avec ce système, ils en vivent. Mais c'est l'Etat qui en fera les frais, car Sarkozy est dangereux pour l'Etat et son idéal démocratique. Sa politique sécuritaire le concerne en premier lieu, car c'est avec lui l'idée de l'Etat qui s'effondre. La télévision privée et ses dirigeants ont si peur de perdre l'audience que lui vole l'usage que généralise internet qu'ils implorent au pouvoir de redistribuer les cartes, de reprendre l'autorité d'un pouvoir qui contrôlera davantage l'opinion générale lors des prochaines élections, car la télévision est l'instrument principal de conservation du pouvoir, elle ne sert qu'à cela. La Droite au pouvoir sait que c'est principalement avec la télévision que le pouvoir se conserve, elle veut surtout avoir la mainmise sur internet. Les temps de "réponse" qu'a l'opposition à la télévision est d'ailleurs sujet à polémique.

Plus filou que Berlusconi : ce dernier était une force extérieure à l'Etat. Aujourd'hui, Sarkozy aborde sa liquidation programmée, en plus de mai 68, c'est l'Etat qu'il faudra sauver. La réduction des fonctionnaires, les déremboursements sur tous les médicaments pour donner la gestion de la santé aux domaines privés et aux mutuelles, c'est un seul et même système de faillite du rôle de l'Etat, qui a abandonné sa fonction régalienne. "Nation" veut dire naître au sein d'un pays. Nous naîtrons désormais dans un système entrepreneurial. Notre nation sera l'entreprise, et notre seul droit sera de lui servir. Bayrou en restera-t-il à une critique sommaire de l'effet Sarkozy?

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