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vendredi, 20 juin 2008

DESIGN TOTAL : espace de jeu menacé

630090863.jpg NOUS SERIONS PASSÉS SELON HAL FOSTER, HISTORIEN ET CRITIQUE D'ART AMÉRICAIN, OU PLUTÔT REVENUS, À UNE SITUATION D'AVANT LA MODERNITÉ EN ART. LE POSTMODERNISME DANS SA VOLONTÉ DÉMOCRATIQUE N'AURAIT PAS SU NOUS PROTÉGER D'UNE MAIN MISE DES MARCHÉS SUR LA SUBJECTIVITÉ ET L'IDENTITÉ.

"Peut-être est-il temps de renouer avec le sens politique de l'autonomie et de sa transgression, avec le sens de la dialectique historique des champs disciplinaires et de leur contestation  - bref, d'essayer à nouveau de "de donner à la culture un espace de jeu".

Cet "espace de jeu" était ce que regrettait un siècle auparavant Adolf Loos, dans son pamphlet contre l'Art nouveau, "Ornement et crime", (1908) où il constatait qu'avec ce "crime" de chercher à tout ornementer, de chercher à décorer toute forme construite, aussi bien industrielle qu'artisanale, "l'espace de jeu" de l'art était impossible. Foster regrette à son tour que le postmodernisme n'ait pas retenu le danger faussement libératoire et démocratique  de l'hybridation à outrance, du mélange des genres et des disciplines, devant sa récupération par les marchés, les industries culturelles ou consuméristes. Le postmodernisme, qui s'est acharné contre "l'autonomie" revendiquée du modernisme -- et dont Greenberg en fût le gardien forcené --, reviendrait à un style Art nouveau. Il participe de cet "Art total" de jadis qui se fait aujourd'hui "Design total". Et le marché post fordiste annonce cette nouvelle ère.

Parmi les trois moments historiques relatés par Foster pour montrer l'importance croissante du design au sein des disciplines, l'ère post-industrielle ou post-fordiste est la dernière forme avançée de la société de consommation. Le moment post-fordiste est celui où on considère que les produits ne sont pas tant conçus de façon sérielle (ce qui donnerait au travail sériel "Warholien" ou minimaliste une forme caduque pour rendre compte de notre temps, en art), mais conçus de façon à donner l'illusion d'adopter chaque désir unique et "authentique" du désir de chaque consommateur, de manière à flatter sa subjectivité. A la différence de laquelle un consommateur n'est plus construit au sens classique du terme, au sens postmoderne, mais "désigné". Ce consommateur désigné croit dessiner sa personnalité en achetant l'éventail élargi de la production, seulement, l'espace de jeu est aussi inexistant que l'espace absent de l'Art nouveau, tant contesté par Adolf Loos. Sans cet espace de jeu, l'art ne pourra s'émanciper de la forme "Spectacle" auquel il s'identifie.

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