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jeudi, 19 juin 2008

Introduction du blog "La France qui glande"... propos tenus de ...

"La france qui glande" est une nouvelle marque de fabrique... 
 
Voir aussi le blog...

http://jysecheresse.20minutes-blogs.fr/archive/2008/06/17/la-france-qui-glande.html
Notament la fin, je cite : "Il serait peut-être temps de retirer cette publicité de journaux gratuits particulièrement appréciés par nos jeunes. Il en va de l’avenir du pays." J'espère que c'est ironique, mais je ne le pense pas...


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Ces termes sont les propos d'un responsable politique qui, à partir d'une campagne de publicité Mir couleur, assimile son message à une tendance générale, la "glande". Ce qui est scandaleux est aussi cela, parce que c'est avant tout un homme politique. Pas n'importe qui, et pourtant, cette métaphore vient trop souvent de n'importe qui. RÉCEMMENT ENTENDU AUSSI, "LE GOUVERNEMENT ACTUEL A PROPOSÉ UN PLAN ANTI-GLANDOUILLE" à destination des jeunes des quartiers. Le terme est désormais ordinaire, il est surtout utilisé dans les milieux réac'. Le mépris social s'exprime dans une forme encore plus minimale que le slogan, il doit imprimer dans les cerveaux forcenés une sensation de plaisir, une satisfaction malsaine de vengeance. On imagine nos frustrés la cible principale de ces termes. 

Car nous vivons, cela nous le savions déjà, dans un pays qui n'a rien trouvé d'autre, en matière de barbarie douce, que de s'acharner sur les plus faibles. Etant socialement acquis que ce sont ces populations qui peuvent le moins répondre, et donc débattre le moins dans un pays se réclamant non seulement d'une démocratie mais surtout d'un modèle "démocratique". Combien d'émissions sur le thème ardant du chômage, traité sous une forme qui soit ni simpliste ni caricaturale? Aucune. C'est indéniable, la télévision publique d'état, sur ce point ne fait pas son travail. Nous faisons confiance à Arte pour sortir la tête haute de cette détresse sociale, du point de vue de son information.

Notre société fonctionne sur un fantasme : celui qui dit qu'un chômeur est quelqu'un qui ne fait rien, qui glande... Ce rien faire, cette honte de l'homme civilisé, soumit dans une mobilisation générale de l'économie restreinte, quoi qu'on en dise, à celle infinie de la production et du travail, façonne notre idée que nous avons de la vie hors du travail. Elle serait pour Georges Bataille fête et orgie, mais il reste interdit d'occuper la rue par petit groupe, car l'ordre social est sans cesse soumit à Vigipirate. Les "vrais gens" trouvent normal de se faire fouiller à l'entrée d'un LIDL, dès l'entrée dans le magasin, en se faisant bien évidemment re-fouiller à la sortie. C'est dans cette "ambiance" étrange, de cette misère de la correction, du respect de l'autre dont il est question. Le fantasme de la chose qui glande va loin dans l'imaginaire social, car il renvoit au passé colonisateur qui faisait que nos grands parents, même s'ils étaient de grands travailleurs, laissaient faire les tâches difficiles par les populations immigrées. Aujourd'hui, la tâche ingrate, la besogne, c'est la personne au chômage, et non le "chômeur", qui se la tape. Celle de se faire insulter sans aucune considération. Dans ce "sacrifice" permanent, la personne au chômage est prise en otage entre ceux qui souffrent au travail et ceux qui en tirent des bénéfices somptueux. Je suis persuadé qu'en des jours meilleurs, nous attribuerons à nos "héros" silencieux leurs médailles, car ils sont les sacrifiés, ceux qui au présent passent pour la cause de notre situation. Et les propos de ceux qui se moquent de la souffrance et de l'humiliation, ceux qui les auront commit les taieront. Car il est bien évident que lorsque cette souffrance sera comptée en nombre de morts, lorsque les médias laisseront apparaître ces chiffres, nous verront combien notre société avancée était barbare, avec ses mots. La stigmatisation des fainéants ou des glandeurs a commencé avec les propos d'un certain Ministre de l'Intérieur, des petites phrases "bien placées" incitant à la haine : la métaphore du génocide par le Karsher était employée de façon décomplexée, contre une jeunesse délinquance et inactive, dont l'activité déviante n'était que la conséquence d'une politique d'abandon des populations suburbaines par les politiques eux-mêmes. Mais rares sont les hommes politiques qui l'admettent. N'est-ce pas Edgar Pizani, ancien Ministre de l'Agriculture de De Gaulle, qui affirme qu'il n'y a plus aujourd'hui d'homme politique digne de ce nom?

Depuis cette "bombe" symbolique et à retardement, il est très courant dans la presse que de voir les chômeurs désignés du doigts, comme ils l'étaient du reste pendant la campagne de Sarkozy en 2007 dont le slogan ô combien problématique, "travailler plus pour gagner plus", a fait miroiter au plus défavorisés une sortie digne dans la réalisation de son être social. Cette phénoménologie du travail considère implicitement que celui qui n'a pas d'activité rémunérée n'a pas à avoir d'existence sociale. D'ailleurs à la télévision, combien de talk-show euphémisent à la va-vite le terme de "chômeur" par "fainéant"? Si bien que chaque travailleur reste acquis à la cause, peut s'identitifer à ce qu'il n'est pas, et donc se laisser happer par une idéologie bête et méchante. L'analyse le cède à la caricature.

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(Glané sur un blog de l'Alternative libérale, où un extrait vidéo a cette façon ordinaire d'assimiler le travail(leur) à son "Autre". Quand tous les Français qui "profitent" de leurs vacances légitimes sont assimilés à des fainéants, donc à des chômeurs...)
 
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Nous sommes dans une société malade, certes, malade de sa bêtise ordinaire. Certains trouvent comme prétexte de comparer une pub pour Mir couleur à la déliquescence de la jeunesse (http://jysecheresse.20minutes-blogs.fr/archive/2008/06/17/la-france-qui-glande.html).
Avec de tels propos si ordinaires, presque transparents, nous avons la détermination et la langue dure. Au nom d'un idéal familial fantôme désigné encore et encore, malgré sa déliquescence, la famille. Aujourd'hui on utilise des termes au Karsher, des termes qui font violence parce qu'ils entraînent la véritable violence entre les hommes, beaucoup plus fort et plus trash. Le résultat piteux de la France en Coupe d'Europe ces jours-ci montre que les relations entre les couches sociales ne circulent plus, car même ses joueurs trop bien payés (plus désœuvrés que des chômeurs peut-être) n'arrivent plus à se structurer comme équipe soudées, solide. La situation de l'entreprise en France est comme l'équipe de France. Idem : le monde Social français est fait de la même manière, la détestation qui circule entre les rôles et les fonctions (si tant est que le "chômeur" ait sa propre fontion dans le système néo-libéral, en tant que "variable d'ajustement régulée" ou d'ajustement des coûts de production). Si la droite Chiraquienne avait parlée de "fracture sociale" pour promouvoir sa politique de campagne, celle des « vrais gens » ou de "la France d'en bas" n'avait pas ratée le coche. Le pack était fixée sur une idée minimale du social.

Seulement avec l'idéologie sarkozienne, on balaye de façon décomplexée ce social, et avec lui le rôle régalien de l'Etat pour l'affaiblir encore plus. Car la politique de Sarkozy est de cette nature : affaiblir l’Etat. Avec l’appui idéologique de Pierre Raffarin en somme, car ce sont ses idées qui vont si loin et il reste, me semble-t-il, mais ce serait à approfondir, un véritable homme d’influence.

Le mot d’ordre du plein emploi, proche du terrible stratège anti-délinquance de la politique « zéro » (quelque chose) a quelque chose d’outre-atlantique. Ce « je ne sais quoi » de la  politique zéro chômeur dit « du retour au plein emploi », rengaine de la croissance sans cesse visée pour ce qu’elle est, une illusion d’économiste désœuvré qui n’arrive pas à penser l’utopie salvatrice mais qui peut toutefois en vivre, à bon compte. Autre forme de glandouille, aussi concurrentielle que ce « plan anti-glandouille », dont la formulation reste une honte pour un gouvernement digne de ce nom.
   
 

 
 

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