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lundi, 02 juin 2008

Breton en Pléiade, suite et fin...

 

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Le poète et animateur du Surréalisme, André Breton sort en Pléiade. Ce tome IV, soit le dernier opus de son œuvre complète, contient tout ce qui concerne ses écrits sur l'art, s'y ajoute des inédits... Une livraison complétée par l'incontournable pour la quinzaine littéraire de la Pléiade d'un album, au ton très conventionnel et momifiant cependant. Breton figure aujourd'hui parmi les sages sanctifiés, lui qui fondait avec Tzara venu de Zurich le Dadaïsme parisien, et qui l'a "cassé" en 1922. Le contact d'une discidence surréaliste, dont Georges Bataille fait figure de proue, a relativisé la subversion de Breton, qui pariait depuis le 1er Manifeste sur le merveilleux pour changer le monde, alors que Bataille restant plus matérialiste si l'on peut dire, valorisait dans sa revue Document sur l'art l'informe contre l'idéalisme forcené de Breton, jusqu'à l'aspect scatologique d'un Surréalisme moins institutionnel. Mais cet aspect n'est pas encore perçu car n'est sortit sur Bataille dans la Pléiade que le premier tome.

Fort de son succès littéraire et confidentiel Les Champs magnétiques écrit avec Philippe Soupault, Breton sera un des premiers à considérer en 1921 un Marcel Duchamp qui avait abandonné l'art, au sens classique du terme pour se consacrer aux échecs, à relever l'importance du grand tableau cubiste de Picasso, Les demoiselles d'Avignon. La vitesse de la pensée était désormais expérimentée en littérature, ce qui était contemporain de l'impact que la psychanalyse faisait naître : l'inconscient était pris en compte par l'esthétique dans une démarche de compréhension du monde. Ce que Freud n'a d'ailleurs jamais bien compris lorsqu'il rencontra Breton. La psychanalyse n'était pas d'un usage esthétique ou social.

Breton a prolongé la sensibilité au XXème siècle. Je regrette toujours que son Atelier mythique, ce centre de gravité incomparable, situé au 42 rue Fontaine, n'ait pu être sauvé d'un abandon, à mon avis concerté de l'Etat. Breton incarne trop la culture de gauche. Raffarin n'a pas attendu Sarkozy pour "liquider 68". Même en devenant un musée, l'Atelier conservé in situ n'aurait pas été littéralement vidé de son contenu "magique". La plupart des pièces du lieu ont été vendues, éparpillées au Golf Drouot dans des collections privées en 2003, quand une autre partie fût "congelée" au Centre Pompidou quelques années avant. Même si Breton n'avait pas considéré son lieu convertissable en musée, ce qu'il aurait sans doute condamné même, il n'aurait certainement pas apprécié de voir l'Atelier souillé par des touristes curieux -- ce qui restait dans l'occultisme (contre un exotérisme du mouvement) revendiqué du Surréalisme à grand renfort de manifestes depuis les années 30 -- on peut se demander s'il avait prévu que l'Etat liquiderait ce qu'il signifiait, pour laisser aux historiens de la dernière heure le soin de replâtrer les mûrs politiquement incorrects des arts plastiques et politiques. Tout l'enjeu du Surréalisme et des mouvements avant-gardistes a été d'articuler l'art au projet politique. Et le ministère de la culture crée par De Gaulle et André Malraux est bien l'aboutissement idéalisé de la chose.

Merci encore au Ministère de la Culture de 2003 pour avoir liquidé la fonction du projet politique culturel, merci à l'équipée sauvage du gouvernement Raffarin, pour avoir laissé se disséminer l'œuvre d'une vie, qui tenait d'un seul tenant. Ce n'est pas le DVD multimédia consacré à l'Atelier ou les reproductions luxueuses du Surréalisme et la peinture, en remplacement de ce lieu parisien, encore une fois, incontournable pour les 70 millions de touristes qui passent dans la capitale, qui feront revivre ce moment. Je ne doute pas une seconde que les quelques représentants décorés de notre belle culture, les Johnny et autres poètes de la langue française, regrettent à leur tour celui qui a inspiré tant et tant de talentueux créateurs de mode.

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(André Breton dans son Atelier,...) 
 

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On arrête pas d'encenser le goût de Jacques Chirac pour les "Arts Premiers". Pour mettre les responsables devant leurs propres contradictions, j'ai envoyé ce 9 juin une lettre à la Fondation Jacques Chirac :

"Bonjour,

Pourquoi Mr Chirac, qui était en place en 2003, étant passionné des Arts Primitifs (je préfère le terme aux Arts dits "premiers", même si le mot "art" est fort discutable, c'est une notion très récente...), a "laissé" la collection d'André Breton se dilapider dans les collections privées, au Golf Drouot.
Ne pourrait-on pas recréer à partir de ce fond formidable l'Atelier d'André Breton?

Je vous laisse l'article de mon blog plus documenté...

http://inquietanteetrangete.20minutes-blogs.fr/archive/2008/06/02/breton-en-pleiade-suite-et-fin.html

Cordialement
 
Indfrisable". 

 

Je vous tiendrai au courant de la réponse, s'il y a une.

 

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Commentaires

bonjour,

je recherche un article qu'André BRETON aurait écrit à la fin de sa vie, dans lequel il est question de télépathie. Vous qui connaissez bien son oeuvre, pouvez vous m'aider s'il vous plait?

contact: mwarcollier@hotmail.com

Merci.

Écrit par : warcollier | dimanche, 05 juillet 2009

Les commentaires sont fermés.

 
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