Avertir le modérateur

samedi, 31 mai 2008

Troc à Asnières

Lorsqu'un un journaliste de Rue89 demande des comptes à l'ancien Maire sortant UMP d'Asnières, Mr Manuel Aeschlimann, de l'usage privé qu'il pouvait faire de l'argent public, celui-ci nie et en même temps trouve normal que des cadeaux soient faits à l'organisateur du Salon du Livre 2008, le journaliste Jérôme Béglé de Paris Match. Lorsque Mr Aeschlimann doit se justifier devant la caméra de cet état des lieux que le nouveau Maire expose à la mairie devant ses administrés, il surenchérit dans l'attaque mais aussi utilise une stratégie de diversion communément partagée dans la politique, qui consiste à mélanger les faits avec une fiction possible, à mélanger les faits admis avec une situation non vérifiée, mais moralement justifiée.

Le fait : -- Mr Manuel Aeschlimann : "ce cadeau a été un don offert à ce journaliste (le fait s'arrête ici...) ... qui, au lieu de se faire payer 10000 euros"...etc....(la fiction commence ici)

La fiction : dans l'argumentation, le cadeau aurait évité un honoraire de 10000 euros, honoraire qui n'est pas prouvé dans les faits, fort justement démentit par le journaliste en question, refusant par principe de "toucher de l'argent d'une collectivité locale".

D'autre part, ce cadeau n'a pas à se justifier comme des honoraires. Normalement, le cadeau vient en plus d'une autre chose, auquel cas nous en reviendrions au troc, et à un usage régressif des échanges dans la vie politique. Pour une des villes la plus endettée de France, c'est peut-être ce qui guette à terme Asnières. Si le cadeau du stylo Suisse est defendu de la part du Maire sortant d'Asnières d'une façon aussi forte, c'est qu'il se sent acculé au bout de son improvisation. La stratégie de l'honneur se ramasse.


_______________________________

1898838744.jpgSi nous revenons au troc à Asnières, ce n 'est pas toutefois pour retrouver l'honneur ancestral qui fonde le comportement du guerrier ou du chevalier. Boris Groys fait le pari que les citoyens en société occidentale ont abandonné la stratégie primitive liée à l'honneur, pour une stratégie postmoderne de l'humiliation. Stratégie qui, quand elle incite plus largement à notre perdition sur les plateaux de télévision où maines prouesses en matières de Guinness des records sont exerçées, peut rapporter par contre au personnel politique un surcroit d'existence dans les médias. Nous revenons, c'est indéniable, grâce à la presse libre en ligne et à Rue89, à une forme d'exercice symbolique de la justice populaire, comme au temps des caricatures-fresques réparatrices, où lorsque des rois s'étaient corrompus, on les représentait dans des postures infamantes, pendus par les pieds, sur les murs des places publiques des villes de la Rennaissance. Ce registre possible de l'infamie a toujours cours, mais les représentants jouent le rôle des représentés, ne font qu'un avec leur caricature. A vous de considérer si cela est une fable, ou une vérité dernière.

788208155.jpgA consulter aussi le catalogue de la belle exposition de Jean-Yves Jouannais sur L'infamie – autres victoires, Jean-Yves Jouannais, château de la Louvière, Montluçon.

Attention, document rare!













_______________________________

(Photos : Jacques Lizène, Petit Maître & artiste idiot, Robert Filliou)

jeudi, 29 mai 2008

Bébés à vendre sur Ebay...

Lorsque les valeurs familiales sont touchées = scandale...

 

Les mots d’ordre du cannibalisme et du merchandising sont voisins, dans la mesure où ils inversent la formule matérialiste sur l'essence de l'homme qui dit que l’homme est ce qu’il mange. L'essence marxiste de l'homme fondé sur un communisme est depuis des décennies battue en brèche par l'individualisme familial. Ainsi, l’activité perverse de l’anthropophage décomplexé assisté d'un homo-numericus avide de transgression bio-tech on line consistait d'après d'autres faits divers antérieurs dérivés de petites annonces rien moins qu’à manger ce qu’il est. Mais on peut ainsi substituer d'autres verbes d’action si l'essence de l'homme dans la représentation que la société se donne d'elle-même change. Si l'essence de l'homme consiste pour cette société à travailler pour exister, le déplacement peut se décliner d'une autre manière, et l'annonce de bébé à vendre sur le net en serait alors le symptôme logique : si on passe de ce terme L’homme est ce qu’il vend à L’homme vend ce qu’il est, alors : Bébé à vendre... etc…
L’enjeu n’est pas tant de punir celui qui n’a pas censuré à temps cette annonce (on imagine mal contrôler des milliers d’annonces/ heure) mais de comprendre pourquoi la nature de tels paris sont possibles parmi nos échanges et propositions utilitaires.

On peut deviner le malaise auquel la société de consommation nous a préparé depuis longtemps, considérant les prouesses de la téléréalité, vouée aux pires exactions répugnantes en matière d‘ingestion par exemple, ou de déviances de toutes sortes, de Kol'Hanta à Fort Boyard. Mais c'est pour le fun!, comme le disent les enfants, "
c'est pour jouer!". La croyance en l’inversion est une forme transgressive puissante de l’expérience technologique. De plus en plus la technologie a le potentiel suffisant pour s'affronter à la nature et s'en abstraire. Les invertis sont en demeure de dé-liaisons trans-genre, trans-sexe, trans-technologiques, flux transitoires de tous ordres, qui font confiance aux vertus des avancées de la technologie génétique, numérique, digitale, biotech, etc... Si les passages d'un terme à l'autre fascinent, c'est parce que l'identité aujourd'hui est sans arrêt  remise en question. Les passages de l'homme à l'animal, du convenable à l'abject, de l'éthique à l'ignoble fournissent à l'homme moderne l'accès à son caractère polyvalent, en dehors de toute considération humanistes, considérations battues en brêche après les ravages du progrès technologique appliqué à la destruction méthodique de catégories humaines.

Le paradoxe éthique principal étant celui du retour à l'humanité, comme le montre le débat sur le traîtement des incurrables en matière de crime sexuel. Ce paradoxe ne consiste plus à se demander comment un homme peut  tomber dans l'abjection mais comment ce dernier peut-il en somme revenir de "barbare" à "humain"? Peut-on ré-éduquer un homme qui a perdu son humanité? Peut-on faire revenir un homme à sa nature humaine? Seulement, en dépit des risques d'un essentialisme illusoire, l'essence de l'enfant ne réside-t-elle pas entre son innocence et sa cruauté naturelle? Il reste à savoir maintenant si l'homme est quelque part innocent, voire infantile.

Les faits : « Un couple de Vancouver au Canada a mis en vente son bébé de 7 jours pour 10.000 dollars sur internet, a indiqué la police canadienne, quelques jours après une affaire similaire en Allemagne. »... ou un couple a cherché à vendre son bébé sur Ebay (cf : Vingt Minutes ).


Si le marchandising du corps fascine, au-delà des raisons utilitaristes ou sociales, c'est aussi parce que nous sommes fascinés par la limite minimale que pose tout ordre social, c'est-à-dire les interdits de l'inceste et du cannibalisme, traduisant un ordre minimal nécessaire pour la persistance de toute société, selon l'ethnologie. C'est aujourd'hui l'extériorité de cet ordre que quelques familles expérimentent. En restons-nous à la fascination pour la victime sacrifiée, profanant par là même le culte familial sacré, où la victime se voit rabaissée au rang du "profane" et de la marchandise, ou bien faisons-nous à l'inverse le constat désenchanté que, si plus rien n'a de valeur et que tout peut potentiellement augmenter en valeur, alors il faut en créer, en "bricoler" de nouvelles?

La question n'est plus avec qui (avec quoi?) avoir un enfant?  -- interdit de l'inceste --, ou quoi manger? -- interdit du cannibalisme --, mais quoi vendre (interdit du merchandising)? D'une marchandise qui aurait perdue son aura, son caractère fétiche. L'ordre familial est touché en plein coeur du monde civilisé qu'il serait censé étalonner. De la même façon que le merchandising du corps de l'autre ou de son propre corps, le cannibalisme représente cet ordre sacré transgressé de façon "profane". Pourquoi passer son temps à chasser un quelconque gibier alors que nous le produisons nous-même. Pourquoi ne pas manger ce que nous sommes : du gibier. Si cette question "primitive" se pose aujourd'hui, quand la violence est l'objet d'un culte généralisé, enculturisée à l'extrême, abordée autant dans l'actualité que dans la fiction, c'est surtout le signe que notre société aurait perdu toute signification des valeurs symboliques affectées aux choses, aux objets qui les portent.

Ainsi, au sujet de l'affaire de Vancouver où un couple certainement désespéré a mis en vente son bébé de 7 jours, quelle suite de questions innocentes aurait-il bien pu se poser pour en arriver là? Dans un monde où tout est profane, qu'est-ce qui peut aujourd'hui acquérir une quelconque valeur symbolique? ainsi, poussé par le désespoir et la dépendance : "alors que nous sommes en manque de stupéfiant, alors que notre bébé n'a jamais eu de signification symbolique, parce que plus rien n'a de valeur en ce monde, qui voudra bien lui en donner une en l'achetant?"


On marchandise les corps depuis bien longtemps dans nos sociétés postindustrielles. en voie de développement ou émergents. Une certaine hypocrisie consiste à se scandaliser lorsqu'un bébé subit à son tour, chez nous le même sort, quand il n'est pas jeté dans le vide-ordure. Certes, nous n'avons pas son consentement, mais quand même! Ne faut-il pas considérer cet acte comme une peformance dont les effets secondaires seront utiles pour la famille incriminée, et surtout pour l'enfant qui sera nous l'espérons placé dans une institution?

Cette annonce alimente la surenchère de récriminations contre internet alors qu'il s'agit plutôt de l'usage qu'on en fait. Internet n'est pas indemne des transgressions prévisibles où se connectent aussi à la modernité technologique des comportements déviants, irresponsables, que sais-je... les problèmes liés à la dépendance. Ceci dit, le progrès et avec lui ses appareils libérateurs produisent parfois ses contre effets : anonymat, vitesse, banalité de propos funestes, blagues salaces. Ceci dit, acheter une voiture pour son luxe technologique est aussi un contre effet du paradoxe progressiste, car chacun doit penser au drame possible quand il fait l'acquisition d'une voiture pour sa propre famille, airbag compris.

Une fois de plus, le progrès contribuerait à se corrompre avec la luxure, le cannibalisme, la vente illégale du vivant. Si le body art (Chris Burden) ou le cinéma d’horreur s’inspirent aussi bien de faits divers que de nos peurs et nos fantasmes, le fait divers ordinaire aujourd’hui pourrait s’inspirer pourquoi pas de l’offre muséale. L'offre de service au cannibalisme apparue par petites annonces en Allemagne il y a quelques années montrait cette perversion technologique, de même que celle qui consistait pour certains musées à exposer des corps réels, des cadavres en tant qu‘oeuvre. Même si le papier, l'imprimé, les musées sont de vieux supports de communication, les usages qu’on peut en faire se distinguent toujours du caractère « avancé » du média ou du prestige auquel il relève. Même les usages dégénérés sont possibles, cela fait le charme quelque part et l’exotisme de notre modernité, surprise dans son côté primitif.

Aujourd'hui personne n'empêchera que ces dérapages se produisent par le net, même ses législateurs dont certains auront un plaisir inavouable à s‘en divertir.

Ce qui scandalise vraiment notre puritanisme bon ton est le bébé comme l'objet de la transaction, et d'une certaine manière, ce qui reste du ressort dramatique, c'est que seul le bébé intéresse. On passe pour l'exploitation banalisée des adultes, adulte qui semble s'habituer plus au nombre qu'à la singularité...

Certes, en dehors du fait que tout est merchandisé, que reste-t-il aujourd’hui des organes de nos corps qui ne soit pas « merchandisable », quand un rapport de force économique et une nécessité à vivre de son labeur se présente ? Ou quand le sacré religieux ou technique opte pour la merchandisation du corps du Christ en statuettes colorées ou de notre Marianne en génuflexion swelte : aussi bien au Vatican qu'à proximité de notre Assemblée Nationale, des thee-shirts et une camelote touristique ventile nos valeurs sacrées en marchandises culturelles. L'utile se substitue à l'éthique, le nécessaire se pose sur la morale.

Notre consentement apparemment résiste à cet état de fait. Mais lorsque tout ce qui fait objet, de l’ordre du vivant (après l’animal, l’esclave puis de l'homme infâme au citoyen ordinaire) ou de l’inerte, est désormais échangeable, entre pays pauvres et pays émergeants, voire riches, toutes les clameurs éthiques semblent ignorées, au seul motif du gain.

Avec mon consentement, je peux néanmoins acheter un animal qui n’a pas la volonté de choisir son maître ou de le lui dire de manière assurée; je consens sans négociation. Je peux aussi acheter le rein d‘une victime d‘un tremblement de terre qui, si elle est toujours en vie, manifestera sa joie contre une rétribution. Je pourrais bientôt m’offrir le corps mortifère d’une œuvre muséale consacrée, etc….    . 

A partir du moment où les échanges corporels (échange du corps vivant ou mort, animal ou humain) deviennent médiatisables par la technique et échangeables économiquement, l’échange technologique reprend sa dimension salutaire et sacrée. Si bien que ce tout ce qui devient sacré n’est pas tant le contenu mais le média, le médium, la transubstanciation technologique montée en valeur absolue. Si les valeurs sacrées de la religion se sont vues réduites au soupçon occidental et se sont laissées rattraper dès le dix-neuvième siècle de la première révolution industrielle, au salut par la technique, le ré-enchantement industriel laïque adoptait le progrès comme valeur émancipatoire. Le « ré-enchantement du monde » décrit par Max Weber préfigurait la vente à tout bout de champ des corps vivants ne pouvant consentir positivement ou négativement selon leur bon-vouloir. 

Le bébé mis en vente sur le net se distingue néanmoins de l’annonce anthropophagique parue dans le presse allemande, car les deux protagonistes qui ont négocié leur cannibalisme et leurs forfaitures agissaient selon leurs consentements mutuels. La technologie et le mauvais usage qu'on en fait est d’avantage au cœur du scandale, car on peut admettre que c'est le progrès technologique qui fait la parade magique de l'obscénité humaine. 




 

 

mercredi, 28 mai 2008

Le rock se trouvait ainsi circonscrit à de plus sages limites.

On dit que les Stones ont abandonné leur mythe à partir du drame d’Altamont en 1969 (selon François Bégaudeau : "Un démocrate : Mick Jagger, 1960-1969", les Stones seraient "morts" à partir de ce concert). Ce que Jean-Luc Godard a pointé malicieusement dans One + one. C’était le jour où un noir se faisait poignarder par un Hell’s Angel fatigué. Depuis ce jour, les services de sécurité dans le monde du rock se sont bureaucratisés, et les Stones, plutôt que de planifier une expression scénique vers l’horizon ouvert des pelouses urbaines (type Hyde parc),  sont revenus à l’architecture fermée du stadium. Le rock se trouvait ainsi circonscrit à de plus sages limites, à des stades mieux structurés et à une séparation presque définitive de la scène et de la salle. La convivialité du club dont on n'ose pas dire le nom laissait parfois surgir un forcené cherchant à toucher la main de Keith mais qui en retour recevait sa guitare en pleine face. Depuis, seul Charlie Watts a gardé son incongruité, il présente les signes d’une adolescence assumée, puisque qu’il est le premier parmi ses congénères à s’habiller comme un homme de son âge.

Le film Shine a light de Martin Scorcese voudrait faire un retour nostalgique aux Stones et à leur essence, et peut-être à la fibre première du réalisateur. Je n’ai pas encore vu le film mais la bande-annonce résume suffisamment l’ambiance. Elle montre que le concert a eu lieu dans un théâtre prestigieux, le « Beacon Theatre », à New York, pendant l'automne 2006. Nostalgie posthume ?

Le dilemme et la prouesse technique du dispositif semble tenir selon le réalisateur au fait que Mick Jagger a bénéficié d’un éclairage d’une grande qualité, qui surtout ne l’aurait pas cramé. Héroïsme postmoderne que de faire ses classes sous les projecteurs néfastes de la célébrité. 

Mais malgré tout, le lieu intimiste chez les Stones fait figure de pâle rhétorique, aussi bien que d’une forme mythique refoulée, car à chaque tournée mondiale, on case un « Olympia » ou une petite salle pour revenir sur ce qui a été peut-être définitivement perdu avec eux : leur spontanéité avec le public. Sont restés depuis cette dispatition les côtés laborieux et luxu(r)eux d'une mise en scène fatiguée, faces d’une même pièce, celle de la sauvagerie propre au voyage communautaire et à l’Amérique. L’incarnation d’une génération entière à une road story, que certains fans suivaient au jour le jour, pour les plus fortunés.

Il n’empêche que cette sauvagerie électrique de masse a permit aux Stones d’aborder un aspect de la mondialisation et de sa technologie, à l’instar des fêtes foraines où jadis le cinéma a été exploité comme une curiosité technologique. Scorcese revient au rapport des Stones en tant que phénomène technologique à celui du cinéma, menacé depuis des décennies par la télévision, télévision menacée elle-même par les assauts d’une exploitation commerciale du net.

mardi, 27 mai 2008

« Soit tu te lèves tôt le matin, soit tu manifestes et tu casses les abris-bus"... 

...Nicolas Sarkozy, 27 mai 2006, sur RTL, 8hOO.

On peut aussi "casser" la fonction présidentielle en restant toujours en campagne.

En exergue de l'émission, un éditorial de l'animateur politique Jean-michel Aphatie présente les conditions d'élaboration de l'interview. Heureusement Mr Aphatie nous donne sa vision du journalisme pour justifier sa neutralité à l'antenne :

"Certains commentaires jugent nulle la prestation des journalistes face au président. Journalistes couchés, soumis, achetés, peut-être, par des pendules ou des breloques. Chacun a son jugement, aucun commentaire particulier ne s’impose. Mais si je mentionne malgré tout ces réactions,  c’est juste pour saisir l’occasion de parler un peu du journalisme.

Celui qui exerce ce métier n’est ni justicier, ni porte-parole d’un camp contre un autre. La réserve et le recul sont des outils qui permettent l’exercice de la fonction. Il faut retraduire, telle que la conscience professionnelle le suggère, les faits et sentiments dominants de l’actualité au moment où se déroule l’interview. Parfois, les circonstances offrent des points de friction qui donneront une teinte heurtée, voire agressive, au dialogue. D’autres fois, la dominante sera différente, par exemple à la pédagogie, comme ce matin. C’est pourquoi, dans le journalisme comme dans tant d’autres activités, demain est toujours un autre jour."

_____________________________________________________________________

Cette leçon de déontologie exemplaire lui permet à coup sûr de conserver son poste pour quatre ans. Après il devra changer de discours pour continuer. Normal. Neutralité obligée!

lundi, 26 mai 2008

Serge Dassault a le spleen

Vu sur le JT de France 2 (26 mai 2008) :

Serge Dassault a le spleen. Ce grand marchand d’arme français, mais aussi Maire de Corbeil-Essonne, membre du groupe chasse et pêche, du groupe d'études de l'énergie, du groupe d'études sur la gestion des déchets, du groupe d'études sur l'industrie du BTP, Membre des groupes France-Amérique du Sud, France-Arabie saoudite-Pays du Golfe, France-Asie du Sud-Est , France-Canada, France-République populaire de Chine, France-Etats-Unis, France-Grèce, France-Libye, France-Russie…

trouve harassant le fait de recevoir les administrés de sa commune, de devoir écouter inlassablement ses chômeurs, toute la complainte sociale, etc… et se satisfait par ailleurs modestement de vendre au salon européen de l'aviation d'affaire à Genève son artillerie de mort. La comparaison est répugnante pour le JT du 20h.

Le discours de la domination s’exprime ici dans son plus grand charisme. Il est la violence ordinaire et symbolique de nos journées tristes, l'euphémisation du grand Furieux incarné par Odin.

Quel lien y a-t-il entre mépriser ouvertement la fonction républicaine de Maire et le fait de vendre son arsenal militaire? Seulement le cynisme qui se traduit manifestement sans complexe à l’écran. Il exprime la jouissance sadique qu’a le Capital à faire partager son obscénité et son impudeur devant les caméras du service public…de ses administrés. Dassault a vraiment "un don pour chier de la musique pourrie"..

Encore une petite dédicace pour la commune de Corbeil-Essonne?....
...
de la part de GANGSTER RAPPER N°1!

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu