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mercredi, 16 avril 2008

Affaire du badge : pourquoi nous n'y voyons tellement plus rien?

46db5d78d20dc550cb3cf5e9c6b66313.jpg   Laconique fable que celle du badge censuré par le CIO. Au niveau ludique de la chose, les JO, c'est déjà tragique avec son service d'ordre militaire en survêt'. Il ne manquait plus à cela que le comique de situation avec l'exhibition du message politique le plus gentil de la planète. L'Histoire nous l'a montré, la farce tragi-comique précède en général l'horreur (cette loi totalitaire a été vécue et approuvée par de grandes marques de l'Histoire). L’encadrement de D. Douillet affecté à la com' frisait déjà le consensus lâche. Doublé d'une mise en scène stratégique soumise et didactique, avec son tableau lumineux relié aux médias à destination du 20 heure... La mise en scène du complot du monde civilisé était trop belle. Ce monde médiatique, devenu transparent à toutes les atrocités et barbaries, ferait se retourner comme un gant Les 3 jours du Condor (Sydney Pollack, 1975), comme une Star Ac' version FBI. La Fausse Bonne Idée du badge convenu devait être expliqué aux enfants dans la course pour incarner avec aplomb la dignité humaine et universelle, c'était déjà pas mal comme mise en scène rassurante et comique…

Mais ironie du sort, le badge dans la société du pestacle est devenu malgré lui un comble en matière de subversion. La formule gentille "Pour un monde meilleur" fait transgression et se fait censurer. C'est dire à quel point nos valeurs sont réduites à peu de chose. Nous devrions avaler notre langue et être complice d’une violation permanence des Droits de l'homme au nom de principes sacrés économiques, en faisant le deal de notre silence? Aux sportifs cette fois de boycotter les Jeux, si le staff connivent est incapable de ne pas se coucher. L’absence de Français là-bas restaurerait quelque chose de manquant. Seront-ils à la hauteur du symbole, même si la sécu, victime de nos mutuelles spéculatives, ne remboursera plus d'ici là nos lunettes? Tout est affaire, semble-t-il, de focale et de conversion, et notre cécité augmentera avec de bonnes raisons. Pourquoi nous n'y voyons tellement plus rien?

Le badge montre que la valeur de "fraternité" apposée à notre fronton républicain est un sparadra devenu gênant au plan International, surtout pour notre équipe aux affaires. Ils ont plus d'obligations envers l'International qu'envers ceux qui les ont élus  en "interne". Au-delà du delà, les affaires reprennent à l'infini, avec et sans morale. En toute logique, la question suivante doit être : n'ont-ils pas honte de cette morale de soumission économique? Même s'il est aujourd'hui bien intégré que les valeurs fraternelles sont désormais reléguées ailleurs pour être remplacées allégoriquement par "business" et "crêve..." (traduction spontanée) "...au bout de deux propositions", il n'y a réellement ni proposition d'embauche, ni proposition d'heures supplémentaires payées (le système vient d'être avéré comme fiasco). Donc ni refus, ni "travaillez plus pour gagner...(etc..),etc... Soumission aussi morale d'un Etat sans fondement, visant le tout privatif, visant sa propre ruine. Les grandes civilisations peuvent décider de leurs propres fins. Si N. Sarkozy avait lu ce dont il se réclame (Edgar Morin, Pour une politique de civilisation), il  ne serait pas passé à côté d'un des critères fondamentaux du texte : la solidarité, l'associatif, etc... résumé en un seul, la fraternité en somme.
                                       

Pour que le badge ne fasse aucune vague il aurait fallu exhiber un "Pour un monde de haine", ou bien faire porter le badge gentil par un dictateur. La stratégie aurait été plus intelligente. Une réponse radicale et ironique aurait eu un meilleur effet. En tout cas le CIO l'aurait à coup sûr acceptée. Mais D. Douillet reste sur ce point d'une naïveté sportive.


Le slogan avait remplacé le proverbe à l'ère de la reproduction mécanisée. Walter Benjamin se tue en 1940 à la frontière espagnole pour échapper à l'envahisseur nazi. Il avait constaté et prédit le slogan comme abatardissement de la personne. Nos postures seguelates et notre ouverture lâche nous rappellent à l'ordre que les affaires restent toujours les affaires, que le sport ne relève que du business. La prochaine mise en scène de la déception chinoise à l'égard de la France et des boycotts promet des avantages narrafifs qui feront diversion, réhaussants notre esprit de corps et de Nation con-fraternelle avec les siens.

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(Stanley Kubrick, Docteur Folamour, 1966, sauf modification...)

 


...encore un effort...

 

 

 

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