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jeudi, 07 février 2008

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La rançon de la peur, de Umberto Lenzi. (1974)

Ce film de genre noir, dont le sujet principal est celui d’un kidnapping, apparaît pendant les années de plomb en Italie. Il présente des malfrats prêts à tout, dont l’un, plus téméraire que les autres et psychotique (on peut par ailleurs penser aussi au thème de Reservoir dogs de Quentin Tarantino), les entraîne, grâce à son esprit de conviction doué d’une capacité à politiser son action, teinté de marxisme anti-bourgeois, jusqu’aux issues les plus fatales. Sans morale, la mort est donnée froidement, afin de ne laisser aucun témoin pouvant donner l‘identité des auteurs de ces violences. Là où au début du film les malfrats mettent des masques pour commettre un hold-up, leur conversion au kidnapping les fait paradoxalement assumer leur identité, ils se présentent désormais à visage découvert pour se fondre encore davantage dans la masse. Aussi, autre renversement de situation, si au début du hold-up qui ouvre le bal, aucune action n’est présentée dans la banque, nous voyons les choses de l’extérieur -- contrairement par exemple à « Une après-midi de chien » de Sydney Lumet, sorti un an après aux Etats Unis, dont une large partie de la négociation se joue à l’intérieur des locaux de la banque --, l’intrigue adopte le point de vue « interne » au hold up. Aussi, contrairement aux films de kidnapping habituels, nous n’adoptons pas le point de vue de la police, mais celui de la logistique des malfrats, qui s’élabore tout le long du temps de la négociation. Jusqu’au moment où ce point du vue se renverse, et où nous découvrons la logique amorale de la police. Celle qui conseille au père richissime de la fille enlevée de ne pas envoyer de rançon car il semble improbable que de toute manière elle s‘en sorte vivante. Selon la police, sa fille est définitivement condamnée entre leurs mains. Nous sommes en tant que spectateur à ce moment témoin d’une transgression morale de l’otage et de ses bourreaux, assumée par la police, car le « butin » en l’occurrence semble non pas concerner une personne vivante en danger, mais devient une somme importante d’argent allant dans les poches d’un groupuscule qui pourrait exploiter potentiellement un arsenal plus grand d’armes, d’influences, etc…L’otage passe ainsi en second plan, après la rançon escomptée, véritable «sujet«  du film.

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