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mardi, 29 janvier 2008

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Défaitisme doré (partie II). 

               Mr Sarkozy a employé les termes de « raid » concernant non pas le détournement d’avion, mais le détournement financier de la Société générale. Son directeur général Bouton, a employé dès l’annonce de la catastrophe les mots forts « d’acte terroriste ». La porte d’accès à la cabine d’équipage n’était pas blindée. N’importe qui, habillée en hôtesse pouvait s’y infiltrer pour travestir les comptes. Ces métaphores guerrières font transparaître que l’Etat français mène une véritable guerre économique depuis que la notion de « nationalisme économique » a fait campagne. Comme si l’Etat français s’était positionné en prédateur depuis 2004, en posture d’attaque. Alors que La France n’est qu’un petit pays au regard des autres puissances, dont les fortes démographies font la différence. Même si nous avons l’arsenal atomique, nous ne sommes pas si nombreux à 64 millions. De plus, nous sommes un petit territoire, ce qui est une cible facile pour effacer rapidement les principales villes et notre surface insignifiante de la planète. Quelques salves de bactériologique et notre population serait vite éradiquée… la civilisation France serait anéantie. Michel Sardou ne serait plus là pour se lamenter de son absence. De toute façon, aucune chanson ne s’appesantit sur le fait qu’en ce moment elle est tous les jours vendue un peu plus. La nostalgie « France » ne manquera pas à d’autres. Sardou est l’un des seuls parmi les artistes français à avoir symbolisé l’avant-proue nationale de « l’intérieur », « l’extérieur » étant relégué à Mireille Mathieu. Si la décolonisation nous a enclin dans notre petit territoire,  il nous reste néanmoins deux types de puissances pour affirmer notre dissuasion et notre supériorité technologique : la puissance symbolique du modèle démocratique historique dont nous sommes les descendants directs depuis la Révolution française et sa Constitution, et notre force de frappe nucléaire réelle. Mais le « pays des Droits de l’homme » ne dissuade plus, n’inquiète plus, il ferait même presque sourire quand son représentant N°1 fait une tournée de séductions contre-démocratiques, cotoie des dictateurs et leur fait honneur. On peut voir la vérité d’une démocratie à l’état de ses prisons, paraphrasait Michel Foucault, mais aussi pourrait-on ajouter, à la duplicité des pays démocrates qui acceptent l’atterrissage de charters français, fruits d’une politique élaborée par Charles Pasqua. Politique de l'immigration que la gauche sous Jospin n'a pas remis en question. A cause de cela, nous compensons ce déficit de démocratie expéditive(dans la forme et la manière) par le luxe d’une sorte de dissuasion symbolique, du moins son image. Prolongé par son arsenal médiatique, son chef des armées ne se prive pas d'arborer le luxe technologique de la puissance de feu. Un peu comme le tragicomique défilé du 14 juillet, incarnant la vitrine du catalogue militaire pour la vente à l’exportation. En rien ce rituel n’a été changé, seule l’interview pendant la garden-party a été supprimée. Même, pourquoi avons-nous toujours cet inquiétant goût du luxe?

 

Il est à croire que deux moments antérieurs à l’annonce des thèmes de la campagne présidentielle donnaient le ton du standing auquel nous prétendions devant l’International. Véritable mobilisation guerrière après la mobilisation consumériste des années soixante dix.

 

2004 : la notion de « nationalisme économique » est divulguée pour favoriser le renseignement économique et notre protection contre d’autres entreprises concurrentes.

 

2005 : le « non » à la Constitution européenne, dans une certaine mesure.

 

2007 : débattu en campagne, un oui à « l’identité nationale » retrouvée…

 

 Mais ce ne sont ni le faste d’une hausse du pouvoir d’achat, ni le décorum de campagne du « travailler plus pour gagner plus » qui ne cachent que le village global n’est pas aussi convivial que cela, que les florilèges du feuilleton populiste suivi par bon nombre de titres nationaux ne font pas oublier les crashs qui s’enfilent comme des dominos. Le village global fait apparaître que, par le fait d’une crise inquiétante des ressources naturelles presque épuisées, et d’une récession en passe de devenir mondiale, nous verrons bientôt fatalement à l’avenir notre pouvoir d’achat s’amenuiser, et nous travaillerons en définitive « moins pour gagner moins ». Indépendamment du volontarisme d’état qui, fuyant aujourd’hui devant ses promesses, renverse la vapeur vers un contexte et une causalité extérieure à notre déclin. La fable renversée ne pourra plus ré-enchanter grand monde, même le troisième âge deviendra de gauche. Le radieux storytelling d’un toon tout droit sorti du château princesse ne fournit plus que les déchets de ce qui reste de l’orgie des valeurs. Il nous clame son impuissance à  changer les choses en déclarant habillement la rupture, mais cherche à siffler la fin d’une récréation permanente…

 

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