Avertir le modérateur

mardi, 20 novembre 2007

...

 Gauche équitable ?

             Le conflit sur les régimes spéciaux fait entrevoir un amalgame que font la plupart des hommes politiques sur la question. Aussi bien L.Jospin que J-P Chevènement, ou L.Madelin font état d‘un impensé idéologique, employant le terme d’« égalité » sans se méfier de leurs compromission sur la question. Mais c’est avec F.Bayrou que nous pouvons déceler, de par la position qu’il tient au centre de l’échiquier politique, le point névralgique où l’amalgame entre égalité et équité se ressource et se légitime par ailleurs, c’est-à-dire dans la presque totalité de la classe politique. Initiateur du Modem, F.Bayrou emploie les concepts d’équité et d’égalité non pas tant dans un style où on pourrait y déceler la marque d’un « ni/ni », que dans celui d’un « et/et », amalgamant les deux termes sans faire la moindre distinction préalable. Il fait défiler les termes d’« équité » et d’« égalité » imprudemment lors d’une récente interview sur RTL, comme un ou(bien)/ou(bien), alors qu’il ne s’agit pas des mêmes concepts. Par contres, les philosophes antiques qui ont inauguré la science politique, avaient déjà distingué ces deux termes. L’équité n’est pas une sous catégorie de l’égalité mais une autre politique de la justice, du partage ou de la garantie des personnes face à la vieillesse et la diminution physique.


La notion d’équité c’est-à-dire de justice équitable renvoie à Aristote, ainsi qu’à Rawls. Pour Aristote, la loi humaine étant par essence limitée, il faut que l’homme y remédie en corrigeant l’incomplétude d’une justice provenant d’un ordre naturel considéré comme général. L’équitable n’est pas le juste selon la loi mais un correctif de la justice légale. La loi étant un énoncé trop général pour s’appliquer avec certitude à chaque cas particulier. La loi naturelle pour Aristote est naturellement irrégulière de par son caractère de généralité, ne pouvant par essence prendre en compte toutes les catégories et les cas particuliers de la société des hommes. Pour Aristote, il est dans la nature des choses que la loi soit imparfaite. La loi générale n’est pas suffisante pour s’appliquer équitablement à tous, il faut la traduire de manière équitable, et l’adapter aux différents champs sociaux, professionnels, privés, etc… pour maintenir valide un sentiment de justice sociale.

Chez Rawls, plus pragmatique, il faut faire appel à la notion d’équité en science politique pour régler les disparités entre les membres d’une même société. Ces disparités sociales incitent ainsi à se concentrer davantage vers les particularismes plutôt qu’à une supra généralité indéfendable aujourd’hui, étant donné la crise et la multiplicité des valeurs qui se valent et s’équivalent même si elles sont contradictoires moralement. Une justice équitable pour Rawls selon J.F. Lefèvre Farcy est « une justice souple qui adapte la loi aux situations données. Elle est ainsi plus juste qu’une justice égalitaire s’imposant par l’application générale de la Loi. ».

Même la généralité de l’universel posé à priori, au nom de l’égalité des droits, aura entraîné les aventures les plus barbares, concurrençant en définitive un terrorisme qui lui a répondu un matin de septembre 2001. Compte tenu de la remise en question de la valeur de l’universel, aucune autre valeur ne peut être supérieure à lui et à son échec. Il demeure aujourd’hui en crise, vidé de son contenu par l’occident, indigne de la barbarie causée par les politiques des colonisations, et plus immédiatement avec le caractère illégal et anti droits de l’homme d’une guerre en Irak à vertu universaliste, qui embourbe les Etats-Unis et mine ses fondamentaux démocratiques (Abou Grahib, la torture légalisée pour certains prisonniers). Égalitarisme ou équité ?

Pourquoi les débats autour de la mondialisation parlent à tout crin de « commerce équitable » comme d’une tendance médiatique dernier cri, sans parler ces jours-ci en France de « retraite équitable », réduisant la problématique du débat au seul principe d’égalité, c’est-à-dire une durée de travail égal pour tous (40 anuités), minimisant les conditions de travail propre à chaque catégorie ? Seul l’économisme prime avant la politique sociale. Serait-ce toujours un ordre des choses naturel et invariable ?

Il faut admettre que la question de l’égalité ou de l’équité n’est en définitive qu’un débat à caractère politique, un prolongement de synthèse de la campagne électorale. Comme si la droite en France voulait se convaincre assurément d’avoir remporté les présidentielles de mai 2007 pour amplifier une suite de réformes décomplexée. Et qu’à défaut de faire une confusion entre les termes, on ne parle pas du caractère fondamental d’un règlement juste du régime des retraites en France dans le contexte de la mondialisation. Défendre l’un ou l’autre des concepts c’est dire en somme de quel côté on se situe politiquement.

Soit on se place du côté du particulier, c’est-à-dire du côté d’Aristote et de l’équité, ou bien on reste sur le versant général, confit dans l’idéologie pure et lointaine. Soit on cherche à résoudre l’incomplétude de la loi, c’est à dire la durée équitable et non égale du temps de travail nécessaire par rapport à d’autres catégories socio professionnelles plus avantagées, en fonction du risque de chacun devant l’usure du corps au travail. Ceci afin de faire en sorte que ceux qui sont le moins avantagés rééquilibrent le fait de réduire sa fin de vie après un vie de travail laborieux. Pourquoi ceux qui auront su capitaliser au fur et à mesure de leur activité professionnelle un train de vie confortable les préparant à une longue retraite en seraient lésés, ou jaloux ? Pour identifier davantage une posture de gauche dans ce paysage politique confus, il s’agirait à mon avis de parler au nom de l’équité et de défendre strictement ce point de vue. Je ne sais pas le PS distingue globalement les termes, mais la lecture au nom de l’équité serait un cheval de bataille, un angle d’attaque efficace pour un échange idéologique clair sur la question des retraites.

Soit on se place du côté de l’égalité et du général (de la loi naturelle de la reproduction sociale par exemple) en déclarant injuste l’avantage acquis que constitue un régime de retraite conçu en définitive particulièrement, relativement aux conditions spécifiques qui fragilisent le corps au travail. Au nom de l’égalité, on nie ainsi les conditions et le contexte propre du travail pénible. On ignore les conditions de pénibilité qui s’inscrivent sur le corps. On reste du côté d’un général archaïque pour alimenter une spéculation plus dangereuse à court terme, et ce au nom de l’égalitarisme. Avec pour effet principal l’instrumentalisation et la diabolisation de l’événement « grève » pour défendre la victimisation des usagers par exemple. Pour la droite il s’agit de parler au nom de l’égalité. En effet, pour F.Fillon c’est plutôt en terme « d’égalité » qu’il résume les conflits actuels sur les régimes spéciaux des retraites. Selon lui, au nom de l’égalité générale, les régimes spéciaux ne doivent être l’avantage d’une minorité, qui rendrait jaloux une majorité d’actifs ne bénéficiant pas des bonus ajoutés aux activités professionnelles d’une partie spécifique du monde du travail. Tout comme les effets spéciaux au cinéma, les régimes spéciaux des retraites gagneraient en préciosité, seraient devenus superflus, en l’espèce des « régimes spécieux ».

Pour trouver un équilibre, chaque catégorie socio professionnelle serait placée devant un ordre général naturel à réévaluer vers le haut et non vers le bas. Une juste mesure devant l’événement de la mondialisation serait à redéfinir, à réactualiser. Au regard d’un étalon de souffrance négocié, on adapterait un régime de retraite particulier, en restant fidèle à Aristote, fidèle au respect et donc à la reconnaissance de chaque corps de métiers et fonctions, selon un rapport de pénibilité sur le corps réévalué à une généralité simplissime : le drame d’une sortie de vie trop précoce après la période d’activité professionnelle, du fait de l’effet dangereux que constitue le travail, en dehors de toute considération démographique. L’activité professionnelle, reconnue en fin de compte dangereuse, serait légitimée, au regard de la reconnaissance d’état qui aura pris acte que la résistance physique et morale devant les effets indésirables du travail et de la mondialisation sont limités.

jeudi, 15 novembre 2007

Plage

bcf7f24cfd7228e0986d761a1a5f3d72.jpg



935bb8cddb37b3b8c06347bbdc136ace.jpg



b3499cd424c34fb46f8ad47de944203d.jpg



14d970aecad3b6e97b9272c9948208a3.jpg



9a4c665f5fd568c541d090aa978d4f5a.jpg

mercredi, 14 novembre 2007

Paris, 2007

0c98eb5c39ca7e8f07afd7ee050ee039.jpg

Pescara, Italie, 2007

4bb6911ee1db77c0aeb5ae345533b978.jpg



6d16f7b27e16fa8fcf68d47d3458285f.jpg



2bed0ae277d8550ad82296c36b305117.jpg



5c18a6a73973405e290c5971566623fa.jpg



7a37a5a9319708a0eccaa7322cf041d7.jpg

mercredi, 07 novembre 2007

Palmier électronique

medium_merroberta21.jpg

La photographie témoigne d'une absence, voire de l'absence en général. C'est un art, sinon une technique de la disparition. D'autre part à l'inverse, si le monde n'existe que par l'image, il disparaît derrière elle et sa prolifération engrangée par nos stations de plus en plus cheap -- tout comme l'image, l'ordinateur portable est l'un des objets qui prolifére, son prix à l'unité a baissé plus que de moitié par rapport à tout autre produit de consommation courante. Jour après jour, la réalité s'efface toujours plus derrière la scène étoilée du réseau internet. Que ce que j'ai photographié ne soit plus là au moment où je suis ici, que je ne sois plus là à ce moment photographique avait déjà avec la photographie argentique quelque chose de tragique. Avec sa digitalisation, l'acte photographique disparaît encore mieux, presque totalement. Avec les typologies photographiques montées comme genre, pourquoi rajouter un arbuste aux arbustes? Pourquoi classer, remplir par mots-clés nos grilles de lectures? Comme toutes ces images qui passent par google, ici dans cet ailleurs sans nom, dans cet espace mes images, nos images restent muettes, même accompagnées de leurs légendes. Elles n'ont pour ainsi dire jamais connu la vie mininale de l'image naissante, du film analogique, ce moment d'interstice où l'absence suit la disparition et précède son apparition. Fatalement cette double absence reste inscrite nulle part, c'est-à-dire en cet ici. Il ressort de cet ailleurs une saveur light. L'écran de l'ordinateur est notre addiction, notre surface d'abréaction où nous jouissons de disparaître de la sorte. Le digital révèle que l'enjeu de l'actualité est un infantilisme recherché pour ce qu'il est : un meilleur moment de régression. C'est à l'instar de la petite mort sexuelle que notre propre mort est préfigurée en image. Une secousse digitale avant l'heure fatale. A chaque cliché correspond ce qui fait de nous le serial killer de la petite mort, réanimé par l'image qui nous regarde en retour.

medium_merroberta19.jpg

medium_merroberta18.jpg

medium_merroberta22.jpg

medium_merroberta23.jpg

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu