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lundi, 22 octobre 2007

Le terrorisme comme médiation culturelle.

Aujourd’hui, à l’ère de la massification des nouvelles technologies, une certaine confusion « terroriste » remet en cause la valeur des principales sphères publiques, privée, intime. Ces confusions éthique, psychologique, politique entre les sphères publique, privée, intime rendent possible à l’heure des nouvelles technologies une dédramatisation générale qui pourrait faire passer le meurtre avec le jeu vidéo pour une activité ludique (c’est la critique principale qu’on fait au jeu vidéo en général, où on lui fait porter le chapeau de la violence qu’il générerait sur la jeunesse). Dédramatisation produite par une banalisation en acte du traitement du phénomène presque exponentiel du terrorisme, qui devient un terme à discuter tant il se dissémine et se recouvre de plusieurs façons de faire. Dissémination terroriste non seulement barbare mais aussi ludique, technologique, dans la mesure où la banalisation de la culture en général comme produit à consommer dégrade la manière de la diffuser, de faire connaître cette culture par le flux au lieu de la transmission ésotérique d’entant. La communication passe avant le contenu comme l’avait anticipé McLuhan, où le message étant le médium même, utilise le passage de nos « prolongements » technologiques, de nos prothèses techniques dernier cri pour nous submerger de vide, nous rendant l’appréhension du monde presque impossible. Le constat est toujours double et ambiguë. La médiation se fait violence, le terrorisme se fait ludique, le tragi-comique devient planétaire. Avec le voile du must technologique, nous tournons tous à nos dépends le dernier Gendarme à St Tropez.

On parle d’une crise entre la sphère publique et la sphère privée, mais la nouveauté de la « rupture » de l’actualité médiatique semble mettre en crise la sphère de l’intime même, sans rapport évident avec celles qui correspondent traditionnellement au « privé » ou au « public ». L’intime serait donc remis en cause par la sphère médiatique qui est partout et inscrite dans toutes les sphères. Qui n’a pas encore sa télé, son Ipod, son livre illustré dans les toilettes, son réseau en sortie directe, si je puis dire ? L'industrie culturelle alimente un flux de connections infinies, et va se lover jusque dans nos interstices les plus reculées. L'artiste vidéaste Pipilotti Rist avait usée de la sorte avec sa caméra anale, belle parabole de notre culture technologique qui a fait de la culture un déchet divertissant. Seulement son assimilation est devenue réversible. De sorte que ce qui arrive prêt à consommer est déjà en soi un déchet, qui n'a pas eu sa gestation, sa durée de vie propre. De la façon dont elle est produite, diffusée, reçue, la culture de masse produit un interminable avortement en direct. Ses produits, des avortons, aussi bien que leur producteurs, des enfants néoténiques dont le rêve est de régresser avec ce qu'ils n'ont pas, seront de toute façon inadaptés à toute ouverture transversale ou autre. Avec L'Ipod, un logiciel qui à la fois le "bride" contre toute ouverture, Itunes n'offre que des fragments et non des œuvres en tant que telles. Les ventes se font par morceaux et non par albums. De quoi dénaturer un "concept album" cher au Floyd ou à tout ce qui se proposait de rehausser à tort ou à raison l'idée même d'œuvre musicale au sein de la société de consommation. Le courant progressif des seventies est une chose impossible à exploiter par Itunes, du point de vue de la diffusion.

Dans quelle mesure la notion récente de "médiation culturelle", doublée par la fonction d'interactivité ne rendent pas impossible en définitive toute expérience artistique, toute "surpréhension" comme le prétend Bernard Stiegler, que chacun d'entre nous peut avoir comme incapacité et potentialité à la découvrir. Il n'empêche que la convivialité technologique offerte par l'interactivité autour d'une proposition artistique ne garantit en rien d'une expérience artistique vécue. Plutôt l'ennui. Et la forme hérétique actuelle n'est-elle pas d'abord de mettre en doute la réalité – éventuellement technologique, économique, la réalité du sexe par le genre, etc... - plutôt que d'imaginer la vision d'un monde parallèle ou métaphysique de façon pragmatique - le terrorisme religieux ? L'interactivité, la médiation culturelle, le terrorisme comme médiation culturelle et politique ne sont que des mythes mais ces traits ré-enchanteurs persistent comme réalité possible parce qu'ils sont présentés par des "tuteurs" qui commettent un hold up magistral sur la réalité. L'homme et son artefact technologique est devenu un homme à son image et non plus à l'image de dieu. Cet intermédiaire technologique, médiateur et messager permet comme fatalité la liaison entre terrorisme et ludisme, consommation et consumation.

Cette pseudo réalité des médias apportant sur un plateau la réalité -- même intime -- est la condition en acte du verdict post-moderne dit de « précession du simulacre », où la vie ne peut plus être envisagée sans le recourt à l’imaginaire de ce qui est apporté par les médias. Un flic est dans l’imaginaire collectif quelqu’un en action qui tire et use de son arme parce que nous l’avons vu et revu au cinéma en faire usage. Mais on ne pense pas spontanément au fait qu’il distribue surtout des pv sur les parking de nos supermarchés endeuillés. A l'instar de ce flic comme imagerie d'Epinal, une pièce intime devient davantage un espace webcam en direct qu'un espace d'intimité classique (cf : http://webcam.inusable.com/rub_insolites_wc.html). Et la sphère de l'intime est autant que les autres sous la tutelle de cette condition.

Le lien plutôt problématique la sphère publique, privée et intime n'est-il pas tant celui entre public/privé que celui qui s’élabore entre l’intime et le public? Peut-on aussi trivialement se faire "enculturer" par du déchet, et ceci même au sein de la sphère de l'intime? Si le premier lien public/privé est bafoué depuis longtemps, il suffit de voir combien le monde économique surfe entre les deux termes public et privé, en remettant en cause la valeur de chacun par l'infraction au délit d'initié par exemple, le second couple paraît nouveau dans la relation inédite intime/public. A part la pornographie en salle obscure qui a marqué depuis longtemps l'espace public, son obscénité n'est pas inédite ou seulement spécifique. Aujourd'hui, avec l'industrie pornographique vidéo qui a envahi nos espaces privés, ce qui semble nouveau est par exemple la familiarité intime avec laquelle notre couple Cecilia et Sarkozy usent et abusent, dans la mesure où les médias en général profitent du gain de productivité qui en ressort. Ils témoignent avec leur propos et leurs comportements de l’autorisation médiatique générée… non pas d'une vie privée propre mais d’un "intime dans le privé", et créent entre le privé et l'intime sans le savoir une nouvelle catégorie « d'intime médiatique », sphère paradoxale, avec la connivence des médias. Même si ordinairement l'intime correspond à sa vie seule, sans l'autre : le cabinet de toilettes, les WC, etc…, il s’ouvre au nombre, à la masse qui quoi qu’on en dise, se régénère de plus en plus. Le public tend à disparaître. A disparaître.

jeudi, 18 octobre 2007

mérite/victime

Cette fois Sarkozy ne pourra pas se faire passer pour la victime car alors nous le serions tous quelque part de ce point de vue. Et la "justice faite à la victime" en sera d'autant plus amoindrie, là où à partir du cas privé sarkozy, la notion d'instrumentalisation victimale sera diluée dans un infra ordinaire : se faire (se laisser) quitter, avoir une humiliation avec sa hiérarchie, quoi d'autre?... Que dire des "victimes d'attentats", seront-elles les mêmes "victimes" parce qu'elle en auront le nom?
Quand chacun est victime, il n'y a plus de notion de victime qui tienne.

Encore existe-t-il assez de place pour le mérite. A défaut de se faire instrumentaliser en victime, on peut aussi se faire instrumentaliser au mérite. Voir l'affaire récente où la victime d'un passage à tabac à la pioche et un coma de deux jours pour avoir secouru une vieille dame s'est vue remettre par Sarkozy une médaille du mérite, et qui quelques mois après souffre de s'être fait instrumentalisé par Sarkozy, apprenant que les faits dont ont parlé les médias était plus ordinaires qu'héroïques.
Mais cependant il reste plus recevable aussi de s'instrumentaliser comme victime que de s'instrumentaliser au mérite. C'est ce que fait Sarkozy avec beaucoup de pudeur innocente.
On peut énumérer les situations ou la victime à force de mythifier son malheur dans le cas d'une victimisation est démythifiée en retour par les médias, un juste retour des choses (à lire d'ailleurs ce texte drolatique dans Le monde d'hier à ce sujet... où l'auteur cite un proverbe chinois du genre quand on crache en l'air ça nous retombe toujours dessus...).

On a alors plusieurs possibilités tordues liées à l'apparition spectaculaire ou au silence, et globalement une sorte de message inconscient collectif à déchiffrer si l'on veut, un peu comme le morse, fait de traits et de "ruptures", message discontinu comme nous avec la progéniture sacrée que nous adorons contre les autres :
--Sarkozy victime de l'échec contre l'Angleterre : silence et disparition médiatique.
__ Les infirmières bulgares : apparition magique et libération.
--victime du départ de Cécilia hors du nid familial : silence et disparition. Nous imaginons tous son malheur et avons pitié de lui … mais sachant qu'il instrumentalise tout ça, nous nous en moquons, et prenons un plaisir à partager son malheur. Retour critique, crachat pris sous la loi de la pesanteur.

Sarkozy ne serait-il qu'un simple homme?

mardi, 09 octobre 2007

Fadela Amara dit non à l'ADN, jugeant «dégueulasse d'instrumentaliser l'immigration»

On voit poindre avec l'affaire de l'ADN les limites de l'ouverture, divisant et faisant disparaître le pseudo consensus d'état délibérément mis en place pour brouiller un peu plus les cartes. Pendant les années 80 la vision du monde qui expulsait les classes sociales a fait place dans les années 90 à l'émergence des droits des femmes/hommes. On a eu à tort ou à raison les discours sur l'inégalité entre les sexes et les genres, des féminismes se sont disputés la bonne lecture des choses, pour pouvoir s'y reconnaître et bien avoir un domaine possible de contestation. Mais aujourd'hui la place minorée des femmes dans la société est relativisé par celles qui arrivant aux postes clefs du pouvoir se comportent du reste de la même façon que les hommes. A partir de là, sur un plan symbolique ou mythique la femme ne peut plus revendiquer un quelconque droit. Il reste alors la minorité "immigration" -- qui arrive certes au pouvoir avec R. Dati mais le leur est trop visible pour être faux : immigration d'élite impossible à conçevoir sauf avec la choisie, la préférée...-- . Cette minorité "immigration" d'où seulement peut à mon avis provenir toute contestation réelle est celle qu'on attaque aujourd'hui de plein front avec l'affaire de l'ADN. C'est la nouvelle division actuelle qui met en concurrence les peuples, les nations entre une division essentialiste encore plus affirmée avec la technologie ADN. La division devient moi/ autre, ici/lointain, et peut commencer politiquement à poser son programme de discrimination patente. C'est comme ça que le monde politique au 21 ème voit les choses, après les évènements historiques catastrophiques du siècle dernier, où l'innomable a pu être présenté...
Mais Fadela Amara est une femme, et sa contestation sera de toute façon lettre morte. Autant rester et profiter de son réseau. Tant mieux pour elle.

Qu'en est-il du cool à l'ère froide des technologies virtuelles?

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Marschall Mac Luhan note dans une préface à son cultissime "Pour comprendre les médias" que nous serions passé d'une perception des choses chaudes c'est-à-dire "hot" à une perception froide, "cool" des choses ou des évènements que nous traversons, et ce particulièrement semble-t-il dans nos sociétés occidentales noyées dans les technologies numériques ou virtuelles. Le "cool" marquerait un goût et une attitude pour le désintéressement et "une louable largeur d'esprit", mais pour lui, l'automation est "froide" impliquant de la part des internautes si nous actualisions cette pensée, une interation spontannée, irréfléchie, etc...

Sur un forum en ligne, la disparition fait œuvre de présence, de pseudo présence. Dialogues "cool", si froids qu'ils font littéralement disparaître la personne dernière le clavier. C'est un dialogue sans personne, un monologue avec une conversation écrite à l'avance, un non sens... Posez une question et instantanément une réponse surgit, reprenant à la lettre les quelques mots clefs qui faisaient la question, mais le sens de la relation s'est perdue. On préfère alors faire les questions et les réponses tout seul, on voit mieux l'intérêt d'une conversation ludique en solitaire que de supposer que derrière une question c'est l'automation qui réagit, sans conscience de rien... impression inquiétante. On garde en écho le silence de la technologie de "2001 l'odyssée de l'espace" et l'espace vide où elle joue pleinement son rôle de liquidation, de négation du vivant.

Sensation froide, et quoi qu'on en dise, en faux en direct, où même "l'en temps réel" qui faisait la marque de fabrique des nouvelles technologies de communication disparaît à son tour. Un différé fatal remplace les objets en présence, car nous sommes devenus à partir de là des objets. sans existence, réfrigérés, en congelation simulée...

dimanche, 07 octobre 2007

Disparition de Cecilia en urgence

On peut s'interroger sur notre capacité à pepoliser une affaire publique qui n'est plus de l'ordre d'un pur privé (les infirmières lybiennes). Mais un bloger est-il un journaliste?
Il est légitime à mon avis de considérer la disparition soudaine de cette personne hautement placée car elle aura de toute façon un impact sur les états mentaux de notre leadeur (et en phonétique?). Et sans sa promise on peut esquisser un réchauffement de la planète de deux ou trois degrés. On peut déjà parier tous ensemble là-dessus pour faire avancer le débat, non?

 
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