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samedi, 09 juin 2007

Surchauffes

Samedi 9 juin,

il a fait une chaleur bien lourde à Paris, mais un beau soleil par contre. Car qui dit chaleur aujourd'hui ne dit pas forcément soleil, avec la nuée de pollution en cloche au-dessus de la cuvette où se situe Paris et sa région. « Chaleur » peut aussi vouloir dire pollution, centrale thermique mal réglée, champignon atomique instantané. Et dire qu'il y a quelques années "chaleur" voulait dire "vacances", "st Tropez", "crème à bronzer"...

La "Chaleur" pouvait aussi symboliser cette "huile de coude" désagréable et quotidienne qu'avant l'apparition des congés payés octroyés par le Front Populaire les termes d'"usine", de "four de fonte", de "bête humaine" signifiaient... Dans l'imaginaire collectif, les mots changent de sens du fait de notre angoisse plus ou moins collective... Rassurez-vous. Et la chaleur ne fait plus rêver aujourd'hui, elle est devenue davantage une source de désagrément que de plaisir...

De chaleur réellement positive, il ne reste plus que la chaleur affective de deux corps qui se chauffent, d 'une chaleur qui montait à la tête de Sade, il ne reste plus que cette chaleur humaine pour rattraper le crédit négatif causé par une pollution "produite" quotidiennement. La pollution n'est-elle pas une production comme une autre qui entraîne son revers de bonne ou mauvaise conscience de marchés porteurs?

Les cycles caniculaires actuels sont l'envers de la libération sexuelle des années 60. Enrayer la pollution semble avoir été un désir permanent du mouvement des années "peace & love" de la fin des années 60, où l'émergence des centrales nucléaires et du programme énergétique sous De Gaulle a fait concurrence à la chaleur de corps humains hyper sexués. Fusion délibérée des corps qui dans l'étreinte libidinale imposée par la société de consommation systématisée a lutté aussi contre et pour faire échec à la mauvaise chaleur de l'atome. La mode des crèmes à bronzer et écrans totaux aurait cherché en tant que mythe à enrayer par ses indices solaires le noyau de l’atome et aurait exhibé dans la surenchère l’étreinte et l’amour libre pour contrer le programme en surchauffe des centrales atomiques.

Commentaires

quelles nostalgies dans tout ce que je viens de lire, quelles vérités , mais je me demande parfois à quoi bon décrire et disséquer toutes ces formes diverses de chaleur , parfois bénéfiques et parfois dangereuses. alors poster un commentaire sur la chaleur serait pour moi une offense à l'impalpable à l'inomable sensation qui survient quand des individus cherchent à communiquer? Ne ressentez vous pas une forme dechaleur lorsqu'une lueur de compréhenseion s'installe dans une conversation et tous ces petits instants magiques où l'on est bien , simplement bien , pas forcément parce que dehors , il fait beau, mais simplement parce que ce jour-là, à cet instant, on se sent bien, d'où viennent ces moments si sublimes, d'où viennent ces instants qu'on ne peut mesurer dans le temps ni rationaliser, qui nous apportent une sensation tellement diffuse dans notre corps lorsque l'on se sent en harmonie avec soi-même et à cet instant avec ceux qui nous entourent; la chaleur serait-elle aussi un espace tellement intime et tellement authentique qu'elle se communiquerait aux autres d'une manière si naturelle et parfois si incompréhensible? à l'ame romantique et si nostalgique d'un poète dans un train, regardant d'un air triste et pensif le paysage qui défile, j'aurais envie de répondre, on recherche parfois bien loin, ce que l'on n'a pas au fond de soi .

Écrit par : annick Quénet | mercredi, 27 juin 2007

Comment parler d'une sensation imperceptible avec des mots, et traduire une impression de façon claire et sincère, sans se mentir ni exagérer? Tu sembles parler d'un sentiment érotique, d'un trouble qui se passe dans cette situation. Mais "ce que l'on a pas au fond de soi" n'est pas vraiment déprimant pour moi, car c'est fondateur d'un manque qui existe quand même même si on tente de le justifier avec de la signification. Mais c'est aussi un sentiment océanique qu'on ressent et qui rassure quand on s'aperçoit que cette sensation de gêne et de silence inquiétant est universellement partageable, même si elle semble négative au premier abord, se dévoilant comme un déplaisir, mais aussi un plaisir communément ressentit.

Écrit par : indfrisable | jeudi, 28 juin 2007

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