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dimanche, 20 mai 2007

Un "ministère de la citoyenneté nationale", à la limite...

"Qui suis-je, qui je hante?"
André Breton, "Nadja"

(citation erronée car de mémoire)

La notion d'identité est à la mode aujourd'hui. Elle est distincte de la politique communautariste américaine théorisée par Taylor qui met en avant la notion de "reconnaissance" culturelle ou éthnique comme principe politique clef pour résoudre les conflits qui se posent à son sujet. La question de l'identité ne semble donc pas tant située dans le domaine public, mais privé, voire intime.
Au sujet de l'identité, la question philosophique centrale se situe à mon avis davantage autour des théories "queers" qui posent à leur manière la réflexion sur l'identité (culturelle ou ethnique), en tant que continuation des théories féministes venues d'outre-Atlantique. Et ils avancent, je simplifie abusivement, qu'une identité ne se fonde pas tant à partir d'un modèle mais se construit.
Pourquoi alors parler d'identité commune, et qui plus est de modèle voire de définition identitaire ? Une identité est toujours individuelle, singulière. La Nation (ce qui donne naissance aussi selon un grand philosophe Italien) par contre peut créer des valeurs abstraites telles que la notion de citoyenneté. Et cette valeur est suffisamment floue pour que chacun s'y reconnaisse. En dehors de toute manœuvre électorale, n'aurait-il peut-être pas mieux valu reconsidérer les termes problématiques du "ministère de l'identité nationale et de l'immigration" en "ministère de la citoyenneté nationale", à la limite... afin de ne pas avoir modifié le modèle de nos principes de libertés?
Aussi, il semble paradoxal que la France serve de modèle à l'identité nationale d'autres peuples...

L'expression "identité nationale" est-elle un bon terme à utiliser pour bien parler de ce dont on parle? Ce mot, tout le monde cherche à le définir alors qu'il n'a pas à être réglé à partir de critères. D'ailleurs, l'"identité nationale" sonne comme le "beau". "Beau naturel" que Kant rattache à un jugement antinomique car tout le monde a le même assentiment sur ce qui est "beau" sans pouvoir clairement donner des critères fixes et définitifs. Ne met-on pas "identité nationale" à la place d'un autre terme? Aussi bien la notion d'"inconscient collectif" mis en avant par Jung est un problème que l'"identité nationale" pose aussi comme problème similaire. Car il est absurde de rattacher l'inconscient à partir d'une forme collective. Et si l'"inconscient collectif" est un non-sens en tant que fondateur d'une collectivité, l"identité nationale" l'est aussi. Car comme l'inconscient qui est une topique (freudienne) située sur un plan individuel, l'identité l'est aussi. Sinon elle perd son caractère singulier quand elle est située au niveau d'une communauté d'individus. Reste à savoir si l"identité nationale" ne fonctionne pas comme une mémoire ou un mythe, dont la fonction est de toujours se répéter et cela quelles que soient les époques, sous des formes apparemment différentes et rafraîchissantes.

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