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vendredi, 04 mai 2007

Mais que font les médias?

De ce débat du second tour, il ne reste que cet oubli partiel et général, ce traitement de bon sens dans l'analyse argumentaire qui manque aux médias, qui ne retiennent que les moments chocs des échanges, les moments les plus sensationnels qu'on repasse en boucle, comme ce "11 septembre" sans cesse recyclé. Le trait formel qu'on a pu lire à propos de l'attitude de la candidate serait proche d'une tactique de "guerilla" -- pourquoi pas "terroriste!" --, aussi bien que le bouclier d'indifférence stratégique adopté par l'autre pour gagner révèle un vide analytique de sens dans son argumentation logique, contrastant avec l'excès de sens toujours stratège déversé par les analystes du lendemain. Ils ne feront pas le moins du monde état du contexte de l'"accrochage", et le cas échéant, de la réponse qu'aurait du faire le principal concerné devant une demande d'explication loyale. Par exemple, au sujet de la "saine" ou "sainte colère" de Ségolène, les analyses ne se fondent non pas sur le motif de la colère, mais sur son effet... Non pas sur les répercutions d'une argumentation qui aurait dû alarmer le moindre journaliste, à savoir que Sarkozy aurait dû répondre à cette colère avec des arguments, au lieu de se voir désigné par la vindicte de l' index accusateur... Toujours le jeu de la victime. D'une réponse qu'il n'a pas faite au regard des arguments avancés par Ségolène au sujet de la politique élaborée pour le handicap par la gauche que la droite a supprimée depuis 2002. Il n'a pu décliner son "argumentation" que sur le ton formel de la candidate, comme le font aussi les journalistes lorsqu'ils ont à faire l'analyse du débat. Les analystes n'amplifient que cette image si "courtoise" que Sarkozy affectionne de porter pour la candidate, avec toute le mépris qu'il a par ailleurs pour ce qu'elle représente : son seul et unique argument : elle est une femme qui ne peut que perdre ses moyens, et qui en tout état de cause n'est pas à la hauteur de la fonction présidentielle. Lui fait diversion en se défilant, en ne répondant pas à la principale contradiction que lui soumettait Ségolène, qui est que son plan pour le handicap a été liquidé par l'équipe gouvernementale auquel il a appartenu durant ces cinq années de pouvoir. La raison de la sainte colère est toujours bien dissimulée... et surtout par ceux dont le devoir est d'éclairer et de clarifier le débat, devoir de la chose publique.

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