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lundi, 12 mars 2007

Jean Baudrillard's family

Le monde est radical et pour aborder cette prévision presque irrationnelle Baudrillard a su mettre sa pensée au service de cette radicalité en évitant l’anecdotique et la morale que font les hommes pour oublier. Il est parti du général, du "système des objets", pour revenir sur des phénomènes singuliers (terrorisme, art, évènements majeurs), ceci dit très influencé par Lacan et ce regard ne provenant non pas tant des sujets mais de ce qui nous entoure, du monde "des objets qui nous regardent" désormais avec l’acuité de la surveillance technique. Il a su éviter les fausses symétries (Bien / Mal) qui empêchent de considérer le bien comme une finalité partagée. Aussi bien Bush que Al Quaïda cherchent chacun à partir de leur point de vue une solution pour affirmer un bien universel. Le risque demeure pour nous, « spectateurs » occidentaux que nous sommes, de suivre un positionnement trop rapide vers des solutions morales ou éthiques. De là une trop grande profusion des comités d’éthique pour un résultat souvent décevant mais plutôt une altération grandissante du monde social. N'est-ce pas du ressort de l'interdit que se nourrit la transgression? Le jugement du spectateur en souffre avant même d’avoir pu considérer cet ordre post-moderne de la chevalerie virtuelle, contrainte dans un même rapport qui s’équilibre et la fait se maintenir sans s’anéantir. Chacun des ennemis exerce dans son dessein une même influence qui s’accroît, de ce fait nous sommes amenés à faire des choix à la va-vite. Le rapport plus adéquat n'est-il pas d'avantage la comparaison du mal au mal dans sa relation de symétrie projective ou assymétrie plutôt que la mise en contradiction du bien et du mal considérés en tant que couple manichéen? On ne peut affirmer une valeur immergée dans sa propre valeur globalisée, ce qui revient à poser éternellement et pour toute valeur sa légitimité hors de la valeur qui la détermine comme telle. Comment séduire dans un monde fait de séduction ? Comment devenir amoureux au-delà du catalogue amoureux et sentimental perpétuellement diffusé dans les médias ? Comment aborder la technique de façon non techniciste ? Toujours deux maux pour une même fin positive : séduction véritable ou simulée, amour sincère ou non, technique ou technologie…
Dans son livre sur la simulation, Baudrillard attribuait au parc d'attraction Disney la fonction de masque : l'Amérique produit des mythes infantiles situés dans la réalité pour cacher que toute l'Amérique est un parc d'attraction généralisé et par extension Disneyland Paris. C'est dire si la vérité du parc d'attraction n'est pas un lieu si facilement reconnaissable et critiquable mais plutôt le contexte latent de tout l'environnement occidental...

Il ressort qu'après la prise d'otage des objets sur la volonté humaine, la technique vise à partager l'homme et son dessein singulier pour parvenir à l'amélioration du monde. D'une technique qui par son "regard" nous divise et par sa volonté nous castre, on pourrait prolonger l'envie de concevoir les enseignements de la guerre assymétrique comme une réponse des objets sur l'échec qu'a eu l'homme à détenir seul la vérité sur le monde et sa réalisation. Faire le bien est le kidnapping que la technique et sa volonté ont volé au dessein initial des "Lumières", des universalistes qui sont nos pires adversaires.

La catastrophe qui, si elle était auparavant de l’ordre de la nature, est aujourd'hui non seulement une excitation du climat par l'homme mais aussi sa répercussion technique devient à elle seule catastrophique. Cela suffira-t-il à donner du grain à moudre aux penseurs jusqu'à la prochaine grosse catastrophe, à ceux qui n’auront pas échappé à ce kidnapping de la pensée?

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