Avertir le modérateur

lundi, 29 janvier 2007

métissage de styles

medium_batiment.jpg

Un tabac dans une église

 Sur la Canebière à Marseille on peut s'étonner de remarquer qu'au sein de  cet édifice historique religieux  est installé un tabac.
 
Comment cette compromission a pu être possible?medium_marseille_tabac_.jpg

jeudi, 18 janvier 2007

« L’inventeur de l’année » sur M6

Billet d’humeur sur l’émission « L’inventeur de l’année »

Quand inventera-t-on une télévision commerciale respectueuse de son auditoire ?

Si j’osais, j’irais présenter de ce pas un projet inventif et salutaire. Celui d’une télévision commerciale respectueuse de ses intervenants et de ses téléspectateurs. Est-ce que quelques responsables y pensent ?

Sur M6, chaîne de la télé-réalité au quotidien, qui la première a reproduit avec Loft Story venue d’outre-atlantique, l’offre se décline en largeur. Ici on ventile des émissions toujours plus différentes dans leurs énoncés mais tellement similaires dans leur principe.

« L’inventeur de l’année » serait la nouvelle mouture d’une télé réalité à l’écoute de la créativité d’une population à demi oubliée jusqu’à maintenant par le petit écran : celle des inventeurs, ces personnages excentriques qui nous rappellent certaines figures de notre enfance (Professeur Tournesol, Einstein). A l’instar de la fête foraine dont Georges Bataille avait remarqué la fascination sur le public d’une séduction du dégoût et de la difformité, la monstruosité des créatures présentées séduisait autant que la beauté de nos stars standardisées. L’Inventeur rejoindrait le temple sacré de l’excentricité rationnelle, détrônant le doux dingue caché d’une représentation collective mais récupérable cependant en parts de marché. A l’heure du nationalisme économique à tout crin, l’idée qu’un concours Lépine à la télévision ait son intérêt n’est pas dénuée de sens, cette créativité française doit certainement montrer une face cachée de nos « forces vives ». Cependant je ferai quelques observations pratiques car une telle émission aurait pu être conçue différemment.

Le dispositif est simple. Candidats et jury se font face pour une présentation du « projet » et de sa sanction. Le modèle du concours vise surtout à montrer et amplifier les réactions et déceptions des candidats soumis à l’autorité plus ou moins savante des spécialistes du jury. Ce dispositif classique est à la base des jurys télévisuels maintenant classiques de la télé réalité. On voit une personne se faire démolir dans sa fragilité de façon très rapide et brutale, pour un plaisir évident de voyeurisme et de moquerie.

En remarque préalable, je crois que critiquer une émission de ce type n’est pas seulement enfoncer une porte ouverte. J’y vois une attitude très répandue par les grands médias commerciaux liée à l’idée d’humilier une personne faible pour maintenir un rapport de force stable. Dans d’autres parties du globe l’honneur est le fondement social d’une stabilité de civilisation. Beaucoup d’auteurs ont signalé que dans l’occident c’était l’humiliation qui instaurerait le rapport social commun, en l’occurrence c’est ce que l’on constate dans les média télé. La force des images, l’expression physique des émotions sont un terreau idéal pour que la télévision s’empare de cette émotion pour l’exploiter. Le critère principal de ce genre d’émission est basé sur le malin plaisir de son public à voir des gens se faire jeter comme un maillon faible et d’assister comme aux jeux du cirque à une mise à mort psychologique avec, il ne faut pas l’oublier des retombées dramatiques pour ces personnes qui ont parfois misé jusqu’à leur chemise pour proposer un travail de recherche qui a pu prendre beaucoup d’années de leur vie et tout leur espoir.

D’un point de vue technique, je déplore une présentation sonore beaucoup trop bruyante, à la limite de la cacophonie qui couvre les réflexions du jury et le discours du candidat. De plus, est-il vraiment nécessaire d’employer systématiquement un fond sonore dramatique évoquant un suspens infernal? Il va pourtant de soi que la plupart des candidats ont déjà dépensé des sommes considérables pour réaliser leur projet, nous sommes les témoins d’un enjeu de fait. Un fond sonore lourd et bruyant ne fait qu’en rajouter inutilement, à moins que le but de l’opération soit en fait de générer pour l’esprit du spectateur un passivité mentale trop distraite. Cette passivité est renforcée par des séquences trop rapides des projets présentés, d’où une impression de préparation brouillonne de l’émission dans sa conception. Ces méthodes de séquences courtes à l’emporte-pièce nuisent à l’intérêt serein et réel du spectateur intelligent qui en attendait plus d’information sur le processus de fabrication des inventions présentées.

Les explications du jury tombent comme le son du glas et condamnent froidement sans explications suffisantes des personnes qui ont généralement tant investi, de manière expéditive et méprisante.

Pourquoi avoir de l’intérêt pour des projets sans grande envergure? La plupart des candidats n’auraient pas du être sélectionnés tant la pauvreté de leur invention étaient de toute évidence vouée à l’échec. Il en ressort comme une humiliation publique, on voit partir des candidats les larmes aux yeux à qui on a fait miroiter une récompense improbable. Il en reste que le spectateur qui n’en a rien appris de plus n’aura eu en fait qu’à compatir sur une grande déception sur le plan humain. Cela devient malheureusement une fois de plus un acte de pur voyeurisme face à des personnes qui venues en toute bonne foi, victimes de promesses dorées pour faire de l’audimat. Leur détresse légitime révèle plus généralement le manque de respect ludique typique des « médias de masse ». L’instrumentalisation du rêve de réussir est la clé de l’entreprise M6.

Le spectateur s’irrite de ne voir durant les trois quarts de l’émission que des projets de petite envergure se rapprochant plus du bricolage que de l’invention du siècle.

Déçu par la banalité générale des projets présentés, je m’attendais à une émission d’un autre niveau. Quand inventera-t-on une télévision commerciale respectueuse de son auditoire, peut-être un nouveau concept de concours pour M6 ?

La séduction de voir un visage se liquéfier et se déformer sous le couperet de l’avis du jury qui l’a évincé est fidèle à la fascination devant l'horreur de la fête foraine banale et populaire que Georges Bataille voyait pendant les années 30 avant que la télévision du 21ème siècle n’en soit réduite à la basse besogne que la fête foraine avait en son temps pour distraire les masses.

vendredi, 12 janvier 2007

Peut-on voir Motörhead à la télévision?

Un bon groupe sur Taratata, l'émission de Nagui : Motörhead. On se demande comment le crade, le rock peuvent s'immisser à la télévision. Or rien ne passe, ni l'énergie ni la vision du groupe. On ne voit pas le groupe, déconnecté de ses mouvements de son énergie. Les caméras mobiles ajoutent au mouvement propre du groupe, parasitent toute la scène, dommage. La régie pense naïvement qu'il s'agit de redoubler l'énergie Motörhead par une énergie stromboscopique et tremblante de mouvements de caméras, alors que cet effet d'agitation médiatique annule la force du groupe. C'était prévisible, c'est toujours de la télévision... Au fait arrête de gueuler Nagui, tu nous casses les oreilles...

jeudi, 04 janvier 2007

Drive in

medium_Macdomarseille.jpg
medium_Macdomarseille2.jpg


On ne le voit pas bien à l'image mais le château est entouré d'un petite route pittoresque qui permet quand on la suit d'arriver directement au "péage", à la caisse sans sortir de sa voiture. Quand il y a foule au péage, rares sont les enfants qui se risquent "au château" -- expression devenu maintenant familière pour beaucoup (1)-- à respirer les gazs d'échappement.

Le repas de famille signifie la communion, la réunion et la conversation, le moment propice qui réunit parents et enfants. C'est un peu le connecteur USB de la famille. Ainsi, dans une situation d'éclatement de la famille -- souvent recomposée -- on ne peut que se réjouir d'un endroit mythique pouvant contenir cette croyance qu'un ailleurs, perdu dans l'anonymat de l'ordinaire et du simple d'une famille sans nom, permet de se réunir et de faire plaisir rapidement, permet de revivre cette réunion idéalisée mal en point. Afin que parent et enfant soient satisfaits, Mac Do a su créer peut-être à partir des parcs d'attraction des îlots mythiques urbains réinscrivant les différences d'âge -- parents et enfants -- dans un lieu cumulant deux mondes paralèlles, séparés. Une poly-ambiance juxtapose deux formes mythiques faites pour une vieille Europe en mal de rêverie: le drive in américain et le château merveilleux. Le premier mythe transmet aux parents de façon imaginée la liberté du consommateur américain moyen qui a gardé son autonomie dans un intérieur familier, son living. Sans même poser le pieds en dehors de son véhicule, tout vient à lui, il ne différencie pas la ville de l'autoroute et dynamise son illusion d'ennui s'il y a lieu : les lardons savent être lourds, c'est bien pourquoi Mac Do a prévu des zones de jeux pour enfants quand la situaiton devient insupportable. Lui revient en mémoire l'image même de celui qui dévorait son fast food devant un film sur grand écran. Aujourd'hui, le complément est l'identification à cette figure nostalgique du cinéma hollywoodien qui autrefois faisait peut-être comme lors d'une mise en abîme visuelle les même gestes que lui mais plus idéalisés, affalé devant le spectacle gigantesque sur un écran en plein air, plus beau que lui, assis dans sa voiture customisée à l'allure plus rebelle, et bien entendu accompagné -- du fait de la perception distraite occasionnée par la situation, c'est dans les drive in qu'est possible historiquement la diffusion de films d'horreur de série B ou des films de type "gore", dont l'histoire ne demande pas au spectateur une concentration exceptionnelle. L'identification peut très bien s'émousser quand on s'aperçoit qu'on est seul face à son Cheese...Le drive in est un peu la naissance d'un proto home cinéma réactualisé chez Mac Do, mais il n'y a pas de film, sauf celui de regarder son enfant manger et de se satisfaire d'un bonheur simple et "comme ça". Aller au Mac Do devient une fiction simple comme un film "gore". Le second mythe, celui du château enchanté est inspiré des parcs d'attraction disneyland.

Les visions nostaliques d'une amérique cool et merveilleuse conviennent à la fois aux enfants et aux adultes, si bien que si la relation entre adulte et enfant est restreinte, où chacun est limité à son monde propre, l'un et l'autre trouvent leur compte dans ce qu'ils reconnaissent de proche sans se soucier de l'autre. Les deux désirs rencontrent les deux mythes superposés, compléments indispensables au repas rapide et onéreux que ce dernier constituerait à lui tout seul. Récréation courte avant que chacun ne reparte écouter sa radio, sa chaîne de télévision, son film définis pour sa catégorisation en âge. Il ressort que depuis les années quatre vingt le processus de libéralisation des ondes a entraîné une séparation entre les âges et les générations enclines à ingérer une nourriture adaptée spécifique. Cette transformation va de paire avec l'apparition des communautarismes. Comme l'affirme Christopher Lash, les cafés font partie des derniers espaces où une relation inter-générationelle est toujours conservée, alors que les principaux médias de masse n'en finissent pas de parcelliser, restreindre un champ de compréhension et de la diversité du monde en un champ pauvre et martelant.

Aussi, ne peut-on pas se demander si ces deux mythes sont vraiment complémentaires? On pourrait même avancer que cette zone en apparence infantile, à haute fonction régressive, n'arrive pas à instaurer l'infantilisme qui comme le dit Baudrillard du parc d'attraction, n'est là que pour cacher en somme que toute la société américaine est infantile. Mac Do n'a ici qu'une fonction de masque.

(1)*Il fallait évidement un "château" à la Star Académie, inspiration toute importée de Disneyland en écho aux ressources ré-enchanteresses des contes de fées et au fait devenir une star. La fiction du conte rejoint la réalité de la réussite sociale.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu