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lundi, 25 décembre 2006

Ce n’est pas que les snuffs movies m’enrichissent...

Ce n’est pas que les snuffs movies m’enrichissent mais ça m’intéresse comme forme de dysfonctionnement social de la production des images en général. Le snuff movie je ne sais pas ce que c’est concrètement, je n’en ai jamais vu, mais il paraît que c’est surtout un mythe du cinéma expérimental qui apparaît pendant les années 60/70 pendant la période de durcissement politique, qui rassure les bonnes consciences morales. Un puritanisme cinématographique peut-être à la source d’un dépassement des limites. C’est une forme de transgression des règles : si on interdit les vrais baisers au cinéma (le code Haynes je crois pour le cinéma Hollywoodien), on peut être presque certain qu’en contrepartie le marché du film pornographique s’intensifie dans un créneau parallèle. C’est presque pareil peut-être pour le snuff movie, mais je crois d’après un article là-dessus que j’ai lu que c’est une réaction à la guerre de Corée. Comme le film « gore » je crois, apparu en grande pompe et succès dès 1968 (« La nuit des morts vivants" de Romero). La manipulation des images et la propagande de guerre était si forte qu’une provocation cinématographique détournée dans une ficiton de fin du monde telle que « La nuit des morts vivants", au regard de cette situation sclérosée provoquait et répondait à sa façon à cette sorte de puritanisme de guerre. Aujourd’hui, ironie du sort, même dans un film catastrophe qui ne prend pas en compte le terrorisme, disons pour un film de type catastrophe climatique (un film américain dont j'ai oublié le titre, mais sorti en 2005), les corps des victimes n’apparaissent pas à l’écran alors que l’écran devrait être en réalité jonché de centaines de morts. Ce puritanisme cinématographique rejoint le puritanisme médiatique qui censure les morts du « 11 septembre » à l’écran. Je ne sais pas si tu te rapelles de ce problème… Le snuff movie a intéressé Davidn Cronenberg, il a fait dans les années 80 Vidéodrome. Comme tu dis, le snuff movie sort du genre de la fiction et change, devient en quelque un document sur la vraie mort de quelqu’un en direct. Où l’acteur met en jeu sa propre vie et meurt comme Molière, sur scène. Mais je ne sais pas si c’était accidentel pour Molière ou organisé de sa part. Pour le snuff movie toutefois, tout le staff, le personnel est complice, comme les consommateurs d’ailleurs, tout le monde qui fabrique et achète ces produits licencieux est complice du drame. Même la victime à la limite, sauf si elle n’est pas au courant est qu’elle est naïvement le jouet de l’entreprise. Le snuff movie pose davantage un problème éthique qu'un souci esthétique ou de genre cinématographique, c'est le sel de l'histoire, et c'est pour cette raison que ça m'interesse....

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