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mardi, 15 août 2006

"Maintenant nous avons pris un petit arbre parce que l'âme de l'enfant est petite"

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Aby Warburg du 23 Avril au 3 Mai 1896 assiste pendant son voyage en Arizona dans la région des Pueblos à Oraibi, à un rituel paîen servant principalement à convoquer la pluie et nourrir tout un village hopi. Le rituel du serpent est au fondement de cette société dont la prééminance symbolique accorde au langage visible la possibilité à partir de laquelle la volonté humaine entretient avec les éléments de la nature la régularité de sa subsistance. Mais Warburg manque le rituel proprement dit du serpent pour un autre rituel, le humiskatcina, dance dont la fonction est de susciter la croissance du maïs. Le point de concentration de l'espace de ce rituel est un petit temple "auquel on a accroché une plume". Warburg est frappé de la si petite taille d'un arbre pour un temple aussi petit. Le vieux chef lui répondit qu'"autrefois nous avions un grand arbre, maintenant nous avons pris un petit, parce que l'âme de l'enfant est petite".

(Cf. Warburg, Aby, Le rituel du serpent, Art & anthropologie, Editions Macula, Paris, 2003)
Photographies empruntées : 1/H.R. Voth (les poupées katcinas dans la kiwa -- lieu secret des préparations -- sont photographiées au ras du sol), 2/William Eggleston (a posé l'appareil sur le sol), 3/ ?, vers 1910 (le rituel du serpent : les serpents seront jetés sur une peinture, au contact de leur représentations, puis transformés en éclair pour faire pleuvoir), 4/William Eggleston.

vendredi, 11 août 2006

Attentats et Répercutions

On a beau nous rabacher jour après jour que nous sommes dans une "guerre" avec tout ce terrorisme, mais finalement, ceci représente très peu de choses si on comptabilise le nombre d'accidents stupides qui se produisent du fait de marchandises avariées, dangereuses, de vices cachés. Je crois qu'il y a 100000 accidents domestiques par an en france. Je vois mal Georges Bush fomenter une guerre contre les fours micro-ondes ou les antennes paraboliques.

Ces artefacts font la production intime de l'occident dont l’aveuglement pervers du progrès réside en la fabrication de versions dangereuses de denrées et produits dont nous ne connaissons pas encore les effets sur le long terme (...les OGM, les ondes et antennes des téléphones portables). En fait, le nombre de morts dû au terrorisme oriental n'est pas si dramatique que cela quantitativement, ce qui est angoissant et insupportable pour notre occident progressiste réside en ce que les victimes d’attentats d’une part échapppent à notre technologie, technologie rivale que nous jalousons de ne pas avoir produite nous-même, sans l’avouer, et d’autre part, insupportable que ces morts soient des occidentaux qui échappent au sacrifice que l’occident aurait pu offrir à l’Orient. Ces morts occidentaux ne sont pas le fruit d’un sacrifice que nous aurions pu "échanger" symboliquement contre des kamikazes qui se sacrifient selon l'échange symbolique archaîque de la loi du don et du contre-don, du “potlache”. Par contre ne peut-on pas substituer à cette absence d'échange le sacrifice des victimes éclairées des portables, des pollutions atomiques, de la dépendance aux drogues, et ce, d’avantage que les images et représentations des humilations occidentales tel que le prétend Boris Groys, avec l’influence de l’art contemprain, pour rééquilibrer au niveau symbolique cette impuissance, point faible de la posture altière adoptée médiatiquement par les représentants du "terrorisme international", mais insuffisante? (Cf. Groys, Boris, “Les corps d’Abou Grhaib”, in, “Jean Baudrillard”, Editions de l’Herne, Paris, 2004). Le sacrifice technologique de la santé des citoyens demeure l'échange réel dans le shéma sacrificiel post-moderne.

Certes, les médias nous apprennent tous les jours que nous devons avoir peur de l'attentat imminent, mais la dramatisation autour de la voiture, les méfaits de la cigarette est largement sous estimée quoiqu’on en dise, malgré les campagnes alarmistes. Un réseau "dormant" ne fait peut-être pas autant de morts que le réseau complice d’une mauvaise gestion de santé publique qu'on laisse pourrir pour retarder au maximum les dépenses nécessaires : en Chine avec le sida, la grippe du poulet, en France avec l'amiante... La préoccupation de l'occident est peut-être de faire oublier sa propre dangerosité en détournant les foules vers un danger spectaculaire et soudain en provenance du Proche-Orient, berceau des "barbares" qui ont manqués leur chance avec le colonialisme progressiste. La survenue imprévue de l'évènement terroriste est ce qui apparamment s'oppose au quotidien programmé de notre culture, bercée par les prévisions, les sondages, le rythme des fêtes consuméristes. Or, la programmation occidentale (la simulation) ne s'oppose pas au terrorisme : ces mafias sont des occidentaux intégrés, qui ont digéré la culture informatique, la chimie expérimentale de guerre en poussant au maximum les prouesses explosives. Le protectionnisme national de l’occident alimente l’esprit sécuritaire qui voudrait contrôler son propre malheur.

jeudi, 10 août 2006

Dépasser la fiction par la fiction

Bourdieu parle d'une situation de positions adoptées, non choisies, et ce quelle que soient la nature des agents pris dans cette inertie. Il voit les choses dans un ensemble, ce dont l'individu n'a pas toujours conscience. Pour dépasser cette emprise, il faudrait certes prendre conscience de cette reproduction systématisée que tout concourt à faire passer pour du choix spontané. Mais ce que j'apprécie plus localement chez Bourdieu (son œuvre me dépasse à un moment) c'est la faculté d'observation qui trahit le mécanisme et le dévoilement où s’inscrit son processus. J'adore le voir à partir d'un pan de bibliothèque deviner les facteurs déterminants qu'on ne connaissait pas, et on peut chacun à loisir trouver des exemples qui nous rapprochent de ces déterminants. Je les vois sous la forme positive d'une instruction sur nous-même., C’est assez difficile de le reconnaître parfois, mais si c’est fait dans la solitude de la lecture, et que personne ne nous voit dans l'échec. Déjà un déterminant social qui apparaît inconsciemment...
Vous semblez dire que la limite de ce système serait de tout justifier, parce que ce serait "inscrit" en quelque sorte, et en cela, nous deviendrions des “victimes” du système, en prenant le vocabulaire actuel passe partout choisit par Sarkozy (victime/délinquant) ? Avec tout le dispositif sécuritaire en place, n’aurions-nous pas la malchance de tomber d’avantage dans la délinquance, et de passer de victime innocente à victime complice? La vraie victime, la principale pourrait bien être le langage, et son interprétation. Durant cette période pré-éléctorale, les politiques vont devoir poser des diagnostics partiels parce que dotés de slogans résiduels, et je vous parie qu'ils resteront dans un dispositif fictionnel, parce qu'ils sont pratiquement tous formés dans des écoles (Ena, etc....) les éloignant au maximum de la réalité quotidienne. Sans contre discours, la voie de cette meute d’énarque sera unique, et constituera un seul et vrai slogan (slogan qui avait selon Walter Benjamin remplacé le proverbe avec la modernité, lien endeuillé de la transmission orale de l'expérience pour lui). Il n’y aura pour ainsi dire pas de débat, parce que le dévoilement de la lourdeur pétrolière n’arrange personne dans cette sinistrose de la réalité, ni les conséquences d’une paupérisation croissante qui enrichit nombre de nantis ne sera débattu. Si bien que la séparation classique à laquelle nous croierons, la rupture droite / gauche traditionnelle se révélera sous l'emprise d'une sempiternelle fiction formée d'Enarques / d' autres élites, sous la forme d'une contradiction beaucoup plus incidieuse, beaucoup moins perceptible. Ce que nous manquerons, comme Bush l'a fait avec sa vision complètement fictionnée qu'il donne du proche Orient, sous la férule du mythe installé du "Choc des civilisations", vision fantasmée d'un intellectuel outre-Atlantique, sera la réalité. Car comme l'avait si bien formulé Jean Baudrillard pendant les années 90, le meurtre de la réalité est devenu perfectible, et ce grâce aux nouvelles technologies basées justement sur la fabrique quotidienne de la fiction. Plus de trace de son crime. Comment partir de quelque chose pour poser un diagnostic qui ne soit pas aussi court? Ni Sarko, ni Hollande n'y pourrons rien, ils profiterons du meurtre parfait, et s'y "fangeront" comme des animaux régressifs.
La fabrique quotidienne de la fiction remplacera le quotidien révélable, regard absent. Mais je ne desespère pas combattre cette fiction par une autre fiction (celle-ci peut-être) car ne combat-on pas le mal par son identique?

Note : J’ai abandonné un travail que je n’arrivai pas à contrôler, autour de l’infantilisme inconscient (de la mondialisation en marche?) qui se profilait pendant les années 90 en occident. Aujourd hui en 2006, au démarrage d'une campagne qui va encore se révéler grotesque, certains produits culturels malgré tout pris dans cet infantilisme prennent conscience de ces effets et lui retournent sa propre critique. Il s’agit des séries tv américaines qui prennent comme all over des tranches de vie de la famille américiane. Même le réalisatieur de la série “revendique” comme un gamin les angoisses conscientes de cet infantilisme social. Hitckock avait par contre ce côté adulte du ludique. J’aimerai reçevoir encore plus consciemment cet infantilisme de la fiction.

samedi, 05 août 2006

Frontalités

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mercredi, 02 août 2006

Stoneland

Au concert des Stones qui a eu à Paris au Stade de France, un agent de la sécurité m'a proposé une place de concert gratuite. J'ai dû soit lui faire pitié, ou alors cherchait-il à contrer le marché noir autour du stade. De toute façon aucune spéculation ne semblait avoir lieu, les places étaient proposées au tarif initial. Mais à l'intérieur du stade rien n'était joué, j'ai eu l'obligation de laisser mon appareil moyen format au vestiaire. Depuis le point où j'étais situé, c'est-à-dire au fond du stade, un son piteux et décevant m'a incité vingt minutes après le premier morceau à vouloir quitter le concert, doublement vaincu par l'angoisse d'avoir laissé à la consigne mon appareil photo. Etait-il complètement en sécurité? J'ai donc choisi de retourner au vestiaire pour le récupérer afin à pouvoir au mieux circuler plus librement dans tout le stade qui semblait en interne apparamment complètement sécurisé et divisé en zones.

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Au vestiaire, j'ai dû m'aperçevoir avec étonnement que les agents de la sécurité avaient été "rangés", qu'il n'y avait plus personne autour du périmètre extérieur de l'enceinte, et que tout acte délictueux pouvait à partir de là s'envisager. Que la question de la sécurité qui a très certainement un coût est une mesure plus dissuasive qu'effective, et qu'à partir de l'entrée dans le stade, on suppose que les attentions du public ou des potentiels terroristes sont portées vers la scène où l'évènement agit comme une possession. Ainsi, la sécurité autour du stade s'évanouissait brutalement. Au plan sécuritaire, ce concert des Stones a été très instructif bien que je me sois ennuyé à plusieurs moments du concert : des morceaux incontournables qu'un des leaders du groupe prétend modulable à l'infini, masque plutôt l'obligation de jouer le sempiternel hit afin de ne pas décevoir un public incommodant. C'est une loi de la réception, de l'"horizon d'attente". Mais les Stones n'en sont plus là depuis bien longtemps, et il me paraîssent malgré la logique financière indéniable de l'évènement, prendre un plaisir intense à jouer et à reconnaître un public de presque troisième âge. Jouer est pour eux une sorte de sacrifice, c'est sympa pour nous, qui les devinons satisfaits de perdre leur temps avec nous.

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Leur côté disneyland attractif pour adulte attardé, avec sa succession équilibrée d'attractions sur toute la longueur du concert vient aussi trahir un complexe musical qui est un invariant chez les Stones : les vidéos de synthèse, la langue gonflable géante, la scène mobile qui avance jusqu'au milieu de la pelouse, les petits lampions fluorescents donnés au public avant l'entrée amenuisent le côté supposé rebelle d'un groupe qui se prétend depuis 40 années l'incarnation d'une jeunesse désœuvrée de l'ére post-industrielle. La contre partie ironique fait que mon côté rebelle s'est traduit par l'impératif de ne surtout pas participer financièrement à un évènement comme celui des Stones, réactivité rockn'roll, quoique cherchant à entrer par effraction négociée - la proposition perverse du vigile - pour m'incliner à partager au commencement un espace avec des "gogos" qui avaient laissé quatre vingt euros pour encaisser un son pitoyable. Pourquoi n'avaient-ils pas eu l'idée de changer d'emplacement?

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Mais le comble du système se trouvait architecturalement réalisé dans la partie vip des privilégiés qui avaient laissé 350 euros pour finir tout près des Stones mais derrière eux et au-dessus, dans une rampe "poulailler" typique de la scène théâtrale classique. Le pire est qu'ils n'avaient même pas accès aux écrans qui montraient le concert. Ils avaient payé 350 euros des places qui leur rendaient impossible la vision des Stones, même en se trouvant tout près de la scène... Que l'on soit situé près ou trop loin des Stones, on ne les voyait pas, encore moins si l'on avait pas sous les yeux les écrans. C'est un paradoxe abouti de la société de consommation qui les rend encore plus auréolés de présence-abscence, d'"aura" pour ainsi dire.
 
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14:50 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : hir

 
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