Avertir le modérateur

vendredi, 05 mai 2006

Partage et mondialisation

Considérons que l'environnement planétaire soit une surface qui ne nous appartient pas, par le fait de ses catastrophes possibles et incroyables, et le travail une angoisse liée à cette dépossession. Nous vivons donc emmurés dans nos sociétés occidentales sur des fondations basées sur l'affection par l'angoisse. La peur est ce sentiment lié à cette angoisse sur laquelle glissent les politiciens les plus faignants idéologiquement.

Compte tenue du fait que le travail n'est pas suffisant pour occuper tous les habitants de cette planète, que le plein emploi occupe toujours la démiurge illusion du "grand soir", prolongeant une formule mythique dépassée pour se lover en ré-enchantement post-moderne -- ré-enchantement du reste lié à l'hyper-activité, la performance dans le travail -- la question principale du travail dans nos sociétés de l'information me semble se résoudre dans l'idée de son partage, que les 35 heures n'ont pas réalisées assez radicalement. La valeur du travail par le "mérite" qu'on a tenté idéologiquement d'imposer en France n'a pas assez pris en compte l'environnement planétaire (annoncé dès l'escalade à l'armement nucléaire avec les essais de Muroroa engagée par Chirac dès 1995), et son rachat naturel (comme celui de la vache folle où la vache s'est en quelque sorte vengée de son hyper-productivité humanisée) se réalisera de toute façon avec une hyper-catastrophe (excusez ce langage prophétique).

Comment le principe du consumérisme doit être relativisé alors que c'est le travail qui fonde nos échanges?
"Comment, au lieu de la subir, utiliser la mondialisation au service de notre combat pour plus de justice sociale ? Comment opposer à la globalisation ultra-libérale une mondialité faite pour les hommes et les femmes?"

Il faudrait mettre en avant le fait que la mondialisation est une production de l'esprit, une représentation du monde qui tend à devenir de plus en plus réel. Qu'elle n'est pas une fatalité...

"Mondialité faite pour les hommes et les femmes"? Je serai tenté de répondre que la représentation humaine de la mondialisation (quelle nuance fait-on entre mondialisation et mondialité?) ne doit pas être pensée pour les hommes et les femmes mais d'abord pour l'environnement. Que le principe de globalisation c'est avant tout la terre et que nous devons nous adapter à sa complexité, si nous le sommes autant qu'elle, selon l'assurance que nous avons avec la technologique qui nous le garantit depuis 4 siècles.

Pour atteindre une représentation non partielle du monde qui n'oublie pas le mécanisme de pauvreté inhérent au système -- sauf que les économistes et les actionnaires parlent du chômage comme d'un "réservoir" de plus-value... Comme on peut le deviner la pauvreté n'est pas une denrée oubliée -- il devrait être important d'insuffler la valeur du respect -- qui ne signifie plus rien actuellement -- avec celle du partage. Il faudrait peut-être distinguer plusieurs formes de respects liés au partage, les partages environnementaux et humains. Le deuxième partage (la solidarité est gravement menacée par la volonté sarkozienne, qui pourrait à terme faire du RMI ou du SMIC des objets nostalgiques) est impossible sans la constitution du premier respect du partage environnemental. Car ces respects aux partages sont combinés. Comment partager les fruits de la mondialisation avec l'environnement et avec ses semblables?

Privilégier l'environnement pourrait assouplir notre narcissisme sans cesse stimulé historiquement après les révolutions industrielles du 19 ème siècle par un consumérisme de bien puis de services, d'accès au savoir immatériel, etc.... Car le prima que nous avons pour habitude de donner au confort humain nous donne une arrogance idiote par rapport à ce qui nous contient. Une justice environnementale (ouverture aux choix de carburants moins polluants, fin de la conversion au tout nucléaire favorisée par Chirac) pourrait d'abord être mise en place pour être juste envers notre planète, première forme de respect fondamental. Vaste chantier...

medium_bush.jpgEn découlerait un respect humain presque empirique. Comment ne pas souiller notre conscience si nous souillons d'emblée notre territoire. Je ne parle pas des hyper-catastrophes du type Tchernobyl relevant du trop spectaculaire, mais de micro-catastrophes telles que celle de rester par exemple immature avec sa conscience, celles qui paraîssent moins manifestes (les exemples croulent). Un projet de maturité (le principe de l'éducation) est central pour aboutir aux respects environnemental et humain. En somme, répondre à cette question c'est se demander comment devenir adulte avec une technologie utilisée comme un jeu? C'est aussi remettre en selle le principe de réalité invoqué par Freud, car si le jeu est très sérieux même pour les enfants, pour l'adulte, il n'est qu'une forme ludique de la vie. C'est regrettable.

Le jeu du social est sérieux, ce que n'ont pas intégré nombre d'acteurs sociaux. Et l'économie n'est pas une science suffisamment mature pour s'imposer au reste du mondial. Sortir de l'état d'illusion ambiant actuel c'est critiquer l'économie mondialisée dans son assurance, alors que tout tend à montrer que là où elle semble assurer notre bien être seulement humain, elle augmente une paupérisation aussi bien humaine qu'environnementale.

Commentaires

tu sais bien, Michel, qu'un chtit narbre, une chtite chenille ou même une grosse baleine n'ont aucun poid économique face à l'Avidité des grands Avares (alitération en av, fort non?)...sauf si la chtite chenille détient les clefs du rajeunissement de la gueule ou la guérison anti-cancéreuse du groin, alors là...ça n'est plus une chenille : elle se transforme pas en joli papillon mais en brevet en bonne et due forme..les amérindiens doivent bien rire , eux qui ne comprenaient même pas qu'on puisse posséder la terre, alors leur hilarité doit être plus que jaune quand on peut breveter du vivant....Ce qui montre à quel point l'économie (que nous avons mis en place depuis l'aube des temps donc politiquement décidée) a pris le pas sur l'Humain et le Social. on brevete le vivant alors que dans l'absolu il n'appartient à personne donc à tout le monde...ton texte est particulièrement d'actualité au vu de l'ours et des 16 000 espèces menacées. a croire que notre unique but sur la terre c'est de détruire..lorsqu'on aura tout détruit on se détruira nous même. le processus a déjà commencé au nom du billet vert...
la destruction de billancourt et des usines Renault (que tu évoque dans tes photos plus bas) est d'ailleurs symptomatique et hautement symbollique. Qu'un grand patron comme Pinault s'approprie les anciennes usines (fasse disparaitre le symbole des vies passées là, de l'esclavagisme moderne dont ce lieu est chargé affectivement de la part des ouvriers), qu'on fasse comme en Russie soviétique (disparaitre l'objet de la honte, trotsky à coté de lénine ou vice-versa) et qu'on projete de bâtir un monument à la gloire du Futile, acquis grâce (en partie) au travail de milliers d'ouvriers...je n'ai rien contre le futile, j'aime l'art mais qu'on puisse faire disparaitre un lieu aussi chargé pour le remplacer par un musée d'art comtemporain qu'un généreux mécène et grand patron daigne nous abreuver...
finalement le musée ne se fera pas et c'est bien sûr des bureaux et autres cages à cravateux qui fleuriront...l'occasion était trop belle..tant pis pour les anciens ouvriers de Renault qui restent, ils finiront bien eux aussi par disparaitre, ne restera plus que des photos jaunies, des bouts de pellicules rayés et surannés, bref des reliques d'un temps soit-disant révolu et qu'on pourra contester à la moindre occasion comme les révisionnistes (même light) recréent l'histoire à leur guise : nous avons quand même apporter la civilisation à ces pauvres Noirs qui sans nous....quelle arnaque, quelle poudre de perlimpimpim!!! en faisant le gentil on fait disparaitre la trace de nos méfaits..l'histoire de l'Humanité est truffée de ces cacas que nous laissons...mais dont nous avons honte et que nous essayons d'effacer jusqu'au souvenir si possible.
comme tu dis Michel la décission est humaine et politique. humaine parce qu'elle concerne chacun d'entre nous sans exception et politique parce qu'elle sera notre futur à Tous...
mieux vaut l'écologie choisie que l'écologie fasciste...
sinon nous irons tous au musée voir le dernier arbre ou le dernier ouvrier recrées virtuellement en 3D..
allez j'emprunte à Dédé Breton (un homme pour qui tu as de l'admiration je crois)
et je dis avec lui : "plutôt la vie...

Écrit par : la belleblonde | samedi, 06 mai 2006

désolé pour les fautes mais il était tôt ce samedi matin et j'ai fait très vite alors j'ai relevé queques erreurs en me relisant..de l'indulgence de l'amour...je ne suis pas une machine..
je ne suis pas un numéro...je suis un être humain!

Écrit par : la belleblonde | samedi, 06 mai 2006

Les commentaires sont fermés.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu