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samedi, 22 avril 2006

Note à Intermédia, La Psychomania des Médias

--Les termes de "communication"et d''"information" ont été l''enjeu de polémiques interminables entre diverses écoles linguistiques, pour les distinguer. Et si notre société de l''information" a gagné en puissance, en intensité, elle a gagné en confusion et en communication creuse par l''image(rie). Il faudrait donc s''attendre à voir aujourd''hui votre propre concurrence augmenter avec la pratique du blog improvisé, par le tout venant, ce qui devrait annoncer une crise du journalisme, majeure. Si le journalisme descend dans la rue comme la photographie de mode l'a fait avec William Klein, il devient un produit facilement maîtrisable techniquement par les multitudes, et concurrence la valeur des contenus, en qualité, la compétence même du journalisme officiel. Le monde politique subit la même métamorphose mais dans le sens inverse, en appauvrissant la pensée politique. Ainsi, là où l''image a prit le pas sur la pensée politique dont est normalement porteur l''agent politique, plus rien ne peut le déterminer dans son argumentation logique. Je reste ici fidèle à la pensée politique de Habermas, qui conçoit la démocratie comme une situation à critères, dont le premier et le plus important est que la "communication" soit sincère.

-- Permettez moi de rajouter en renvoi la pensée de Lyotard, dans le débat qui l'opposait à Habermas, suite à la parution de _La Condition Postmoderne_, pensée qui à la fois considère la démocratie comme une des grandes narrations, et qui démontre la fin de la confiance des "multitudes" en ces grandes narrations.

-- Merci de votre réponse. Au mieux, elle permet de raccrocher les wagons, de voir d'où l'on vient, et au besoin, de redéfinir les conditions d'un débat qui ne soit pas faussé par des déterminations trop personnelles. Ces métarécits dont parle Lyortard, porteurs de tout l'idéal moderne, sont entrés en crise selon lui il me semble avec la révolution technologique informatique (l'opérationnalité du code, de l'information minimale) et rend impossible le consensus démocratique espéré par Habermas, compte tenue de la somme incommensurable des différends qui sépare des hétérogénéités de langages. Mais Habermas pose un critère de sincérité qui me paraît quand même fondé, et qui concerne le langage que l'homme politique doit adopter face à ses responsabilités et sa fonction hautement symbolique (c'est ça qu'ils ont le plus oubliés). Les secouses récentes ne montrent-elles pas que le peuple n'est plus dupe de l'hypocrisie usuelle véhiculée par le langage? La confiance est perdue, pas seulement avec le grand projet qui est un contenu comme un autre, même si c'est un microrécit pour la postmodernité de Lyotard, mais avec le système qui le fait se reproduire sans légitimité. Villepin n'est pas élu, il est un mythe comme Matrix un effort de communication bien senti de la société posmoderne.

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